Vermeer et les maîtres hollandais / Passion du livre

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.. Vermeer et les maîtres hollandais

Couverture du livre Vermeer et les maîtres hollandais

Auteur : Johann Protais | Éloi Rousseau

Illustrateur : Iconographie de Valérie Perrin

Date de saisie : 07/03/2017

Genre : Art - Peinture

Editeur : Larousse, Paris, France

Prix : 12.90 €

ISBN : 9782035936233

GENCOD : 9782035936233

Sorti le : 08/02/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Si Johannes Vermeer, surnommé le «Sphinx de Delft» par le Français Théophile Thoré-Bürger, est aujourd'hui la figure de proue du Siècle d'or hollandais, il ne fut pas le seul à avoir donné ses lettres de noblesse à la peinture de genre. «Représenter ce qui est» fut le leitmotiv de tout un groupe de peintres des Provinces-Unies au XVIIe siècle : Rembrandt, Gérard Dou, Jan Steen, Gérard Ter Borch, Pieter De Hooch et Gabriel Metsu -, pour ne citer que les plus grands de ce courant artistique à part entière. Avec des portraits, scènes de genre, paysages et natures mortes, c'est la simple réalité du quotidien qui s'invita sur les toiles de ces nouveaux maîtres.

Grâce à des rapprochements entre les chefs-d'oeuvre des différents artistes du Siècle d'or hollandais, cet album vous invite à découvrir à travers plusieurs thématiques (le portrait, le clair-obscur, la lettre, la musique...) à quel point ces peintres s'inspiraient mutuellement. Le style, le sujet, la technique et la composition se répondent d'un maître à l'autre, mais la virtuosité et la profondeur poétique des tableaux de Vermeer dépassent le talent de ses confrères.

Johann Protais réalise ses études d'histoire à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Aujourd'hui professeur agrégé d'histoire et certifié d'histoire des arts, il enseigne ces disciplines au lycée. Auteur d'ouvrages scolaires et de jeunesse, il a également écrit chez Larousse des volumes consacrés à des grands peintres comme Delacroix, Kandinsky ou Vigée Le Brun.

Éloi Rousseau a suivi des études d'histoire et d'histoire de l'art à l'Université Paul-Valéry puis à l'École du Louvre. Professeur dans le secondaire, il est l'auteur d'une vingtaine de livres, monographies, catalogues et ouvrages thématiques sur le thème de l'art, de l'histoire ou de l'aviation chez Larousse, Palette ou encore Silvana éditoriale. Spécialiste d'art moderne, il écrit chaque mois l'abécédaire dans la revue d'art pour la jeunesse Dada.





  • Les premières lignes

LE SIÈCLE DES PEINTRES HOLLANDAIS

Au XVIIe siècle, les Pays-Bas, que l'on appelle encore les Provinces-Unies, connaissent un véritable âge d'or grâce à un essor politique et commercial sans précédent. Le pays s'impose comme une nation de marins, de commerçants et de bourgeois qui constituent autant de commanditaires et de clients pour toute une nouvelle génération d'artistes. Des peintres comme Rembrandt, Jan Steen, Pierer De Hooch, Gérard Ter Borch vont renouveler les codes d'une peinture qui, après l'Italie, trouve une seconde patrie. Originaire de Delft, Johannes Vermeer se distingue comme un des meilleurs représentants de ces «peintres précieux», qui n'ont pas leur pareil pour donner à voir la douceur du visage d une jeune fille, le reflet du verre ou l'épaisseur d'un velours. Il est l'un des plus célèbres d'entre eux, mais certainement aussi le plus mystérieux.

♦ L'âge d'or des Provinces-Unies

Les toiles de Vermeer sont un point de vue remarquable sur la société hollandaise du Siècle d'or, à l'image du Soldat et la Jeune Fille riant. Le sourire de la jeune femme incarne à la perfection une société fière de sa réussite et confiante en son avenir. Vermeer et son modèle appartiennent tous deux aux Provinces-Unies, dont la carte est accrochée au mur. Depuis maintenant dix ans, ceux que l'on considère comme les premiers Néerlandais ont arraché de haute lutte leur indépendance aux Espagnols par le traité de Munster signé en 1648.

Dès 1579, les provinces de religion protestante s'étaient réunies dans l'Union d'Utrecht pour se libérer de l'absolutisme espagnol et de l'implacable Philippe II qui cherchait à conserver la mainmise sur ces territoires appartenant à son père Charles Quint. Si le Sud, essentiellement les Flandres, restait dans l'escarcelle espagnole, les provinces septentrionales se regroupaient autour d'une maison princière brillante et d une intelligence politique, la dynastie Orange. Les sept provinces s'organisaient alors en une vaste confédération autour du stathouder - que l'on peut traduire par «lieutenant» ou «gouverneur général» - Guillaume d'Orange, qui prenait ainsi la tête d'une république attachée à son indépendance chèrement payée, et jalouse de son autonomie. Une république de marins et de marchands.

Cette jeune nation profite à partir du milieu du XVIIe siècle de l'apaisement des relations entre les grandes puissances de l'époque - la France, l'Angleterre et le Saint Empire romain germanique - qui viennent de mettre fin à la guerre de Trente Ans.

Cette période que l'on a surnommée le Siècle d'or n'aura pourtant pas duré cent ans. Cet intervalle prodigieux, commencé en 1648, prend fin en 1672 avec les grandes campagnes militaires de Louis XIV et la reprise des hostilités navales avec l'Angleterre, l'autre rivale. Car les Provinces-Unies sont un territoire dont la puissance repose sur la maîtrise de la mer, comme en témoigne la carte présente dans le Soldat et la Jeune Fille riant (illus. p. 7). Un territoire patiemment gagné sur l'eau depuis des siècles grâce à l'ingéniosité technique de ses populations. Si l'on retourne la carte on peut aisément reconnaître le tracé complexe et sinueux du littoral hollandais, fait d'îles et d'avancées sur la mer nommées «polders», des terres asséchées grâce au système des moulins et des canaux qui feront la fierté des peintres de paysage. L'armada de petits navires évoluant au large rappelle que la richesse des Hollandais est aussi basée sur le commerce. À cette époque, la flotte des Provinces-Unies dépasse celles de l'Angleterre et de la France :

on compte près de vingt mille marins qui se lancent sur les mers du monde et fondent par exemple New Amsterdam, qui sera repris plus tard par les Anglais et deviendra New York. Les Néerlandais sont alors à la tête du deuxième empire colonial du monde, qui s'étend du Brésil aux îles de la Sonde, en Indonésie actuelle. Ils deviennent les maîtres d'un vaste commerce international ayant pour centre les ports de la Hollande, tel Amsterdam, qui s'impose bientôt comme la ville la plus riche du monde. La Compagnie des Indes occidentales et surtout la Compagnie des Indes orientales contrôlent le commerce du bois et celui des épices, comme le poivre. La patrie de Vermeer fait alors l'admiration d'un Richelieu qui s'extasie devant le miracle économique hollandais, celui d'«un peuple qui a réussi à faire plier la nature».

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