Vie d'une pied noir avec un indigène / Passion du livre

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Couverture du livre Vie d'une pied noir avec un indigène

Auteur : Jean Philippe Nottelet

Préface : Anne Guérin-Castell

Date de saisie : 21/02/2017

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Tirésias, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782915293937

GENCOD : 9782915293937

Sorti le : 01/03/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Comme l'a écrit Albert Camus dans Noces - dont l'héroïne de ces pages évoque cette grande figure d'humanité dans un de ses échanges épistolaires avec Paulette Roblès - «Comment faire comprendre pourtant que ces images de la mort ne se séparent jamais de la vie ?»
Mais tel que le dénonce son fils Jean-Philippe : la vie ou la fin de vie ne peut admettre, tolérer, banaliser ni l'injustice et ni l'incurie de quelques médecins passant aux pertes et profits dans la morgue de leur statut, les volontés écrites de la malade Gisèle Nottelet. L'ignominie de sa souffrance nous devient insupportable et ces enfants accourus pour la soutenir, l'aider de leur amour nous brisent encore plus l'âme sur notre vérité d'humanité. Ce livre nous fait découvrir cruellement la fin de parcours de Gisèle mais aussi sa naissance, son enfance, son adolescence au sein d'une famille pauvre dans une Algérie colonialiste. Nous vivons grâce à son journal que son fils nous fait appréhender dans cet ouvrage, sa rencontre, son amour et sa volonté d'unir sa vie avec un Indigène. Cet Indigène fils d'une famille d'élite kabyle catholique dont le grand-père fut un avocat et homme politique incontournable dans les premières années de la tragédie algérienne. Et son époux Salah, Henri, cet Indigène mort d'un crime jamais jugé.
Il faut lire la passionnante histoire de cette Pied-noir, rare européenne à choisir d'épouser un Indigène et qui nous offrira malgré la bêtise cruelle, une histoire d'un romantisme et d'un romanesque à imiter.

L'auteur a consacré quatre ouvrages à sa famille paternelle. Il a rendu hommage à la mémoire de son père assassiné et dont il a dénoncé les auteurs de ce crime inexpiable. Il a défendu l'action politique de son grand-père eu Algérie. Ici, le fils adopte fièrement le patronyme de sa mère dont il décrit la vie de Pied-noir mariée à un Indigène, faite de combats contre le racisme. Médecin, le réquisitoire accablant qu'il prononce contre les conditions de la fin de vie dans un hôpital est sans appel.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

C'est en premier lieu une image, celle qui s'impose à moi quand il est question de Giselle Nottelet, qui tout au long de ma lecture de ce livre est venu se superposer aux images qu'il suscite.

Je la revois, elle se tient sur le seuil de sa classe, je suis dans le couloir à côté de mes parents. J'ai six ans. Cela fait seulement une semaine que je fréquente l'école, malgré le vif désir que j'en avais. En dépit de l'avertissement d'une de mes soeurs plus âgées, qui m'avait appris les bases de la lecture et du calcul, j'avais été inscrite en cours préparatoire. Quelques jours suffirent à l'institutrice pour comprendre que j'y perdrais mon temps et qu'il serait bien que je passe dans la classe au-dessus. La directrice de l'école n'ayant pas réussi à convaincre mes parents, elle tenta un dernier recours en les envoyant vers l'institutrice chargée du cours élémentaire première année.

C'est la raison pour laquelle nous sommes là, dans le couloir, devant cette porte ouverte dont j'espère tant. Les adultes parlementent, je n'écoute pas précisément mais je sens bien que la partie est perdue. Quand, mue par une inspiration subite, l'institutrice avance : «Je la mettrai à côté de ma fille Madeleine». Mes parents acceptèrent alors ce qu'ils refusaient une minute avant. Cette phrase mystérieusement décisive eut pour moi valeur de reconnaissance de l'intense désir d'apprendre qui m'habitait en m'autorisant à accéder au monde de la connaissance auquel j'aspirais. Elle m'accompagna à bien des moments de ma vie, en particulier quand je me suis tardivement lancée, avec beaucoup de naïveté et tous les moments d'exaltation et de découragement que l'on peut imaginer, dans une recherche qui m'a menée jusqu'au plus haut niveau de diplôme dispensé par l'université.

Je la revois... Quand elle prononce cette phrase, j'ai la tête levée vers elle, sa fine silhouette se découpe dans l'embrasure de la porte qui donne sur le couloir un peu sombre où je suis avec mes parents, de sorte qu'éclairés par la lumière venue des larges fenêtres de sa classe, les cheveux clairs qui encadrent son visage sont comme une auréole.

Une image en harmonie avec les écrits retrouvés par Madeleine, qui en même temps qu'ils dessinent le portrait d'une femme intelligente et réservée, éprise de justice et de vérité, pleine d'humour tout en se montrant profondément respectueuse des autres, quels qu'ils soient, forment celui d'un groupe social, les Européens pauvres d'Algérie, rarement décrits avec autant de précision dans leur vie quotidienne difficile et leurs préjugés, que révèlent une conception très méditerranéenne de l'éducation des filles, en particulier en ce qui concerne les études, et le racisme primaire qui les portait à se croire supérieur à n'importe quel «Arabe», quel que soit le niveau d'instruction et les revenus de ce dernier. Deux obstacles dont Giselle Nottelet sut venir à bout avec une obstination tranquille.


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