Dawson île 10 : un camp de concentration sous Pinochet / Passion du livre

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.. Dawson île 10 : un camp de concentration sous Pinochet

Couverture du livre Dawson île 10 : un camp de concentration sous Pinochet

Auteur : Sergio Bitar

Préface : Isabelle Allende | Miguel Littín

Traducteur : Sara Roumette

Date de saisie : 13/03/2017

Genre : Histoire

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Lieu est mémoire

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782915293913

GENCOD : 9782915293913

Sorti le : 09/11/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Dans son avant-propos Isabel Allende plante d'entrée le décor de Dawson île 10, Un camp de concentration sous Pinochet : «Les pages qui suivent illustrent parfaitement l'histoire ensanglantée de notre République, tout comme l'expérience concentrationnaire dont Sergio Bitar fut témoin et victime.» Nous faisons ici et maintenant une plongée dans l'univers répressif de la dictature chilienne, au lendemain du coup d'État du 11 septembre 1973. Ces pages sont écrites dans un style minutieux, à vocation de témoigner, de laisser trace dans l'histoire, et de raconter le quotidien - d'instant en instant - de l'univers concentrationnaire du camp de Dawson île 10. Ce récit révèle avec détermination l'acharnement des militaires à déshumaniser ces anciens responsables politiques de l'Unité populaire, trop connus pour être «disparus», et qui subiront jusqu'à l'épuisement : la violence, le désespoir... C'est une chronique sur les détenus mais aussi sur leurs geôliers dans une description sobre et scrupuleuse.
Comme le constate Miguel Littín dans sa préface : «J'ai compris alors l'essence même du livre de Sergio Bitar : aux expériences de leurs geôliers, les hommes de Dawson firent face avec loyauté et fermeté, à la violence ils opposèrent l'humanisme, à la brutalité, la culture, et cela avec une cohérence telle qu'ils finirent par désarmer leurs oppresseurs.»
Cet ouvrage certes fait acte de mémoire mais aussi est l'outil essentiel de la reconstruction et la transition démocratie du Chili et de contribuer à cicatriser la profonde blessure de son peuple.

Sergio Bitar né le 30 décembre 1940 à Santiago du Chili, ministre dans le gouvernement du président Salvador Allende. A été ministre dans divers gouvernements de l'après Pinochet.





  • La revue de presse Paulo A. Paranagua - Le Monde du 9 mars 2017

Sergio Bitar, ancien ministre des mines du président socialiste Salvador Allende, veut témoigner du sort réservé aux dignitaires de la gauche chilienne après le coup d'Etat du général Augusto Pinochet en 1973. Sa sobriété n'est pas un simple choix de style. Leur peine a été relativement bénigne par rapport aux dirigeants d'origine populaire et d'extrême gauche, systématiquement torturés et sommairement exécutés dans la foulée du putsch, malgré la faible résistance opposée aux militaires...
La force de Sergio Bitar est de rendre palpable l'importance du moindre détail, du plus petit changement de situation, dans un contexte de soumission et d'oppression. Son sens de la nuance ne diminue en rien la dénonciation des hauts gradés qui se sont érigés en «sauveurs de la patrie» contre le danger «marxiste», représenté par une gauche pourtant assez plurielle et brouillonne.



  • Les premières lignes

À propos de Dawson île 10

La grande embarcation grise tanguait comme une coquille de noix perdue au milieu d'une mer soudain furieuse. Nous étions en train de traverser le détroit de Magellan en direction de l'île Dawson, le tout dernier coin de terre ferme du grand sud austral. Par le passé, l'île avait eu la sinistre fonction de servir de prison aux détenus politiques du régime de Pinochet. Aujourd'hui, 30 ans plus tard, les survivants d'un des camps de concentration de cette dictature qui avait dévasté le Chili pendant 17 longues années retournaient sur les lieux où on les avait privés de leur liberté et où ils avaient été victimes d'une sinistre expérience : la tentative de leur ôter leur personnalité, de les priver de leurs noms, d'effacer leurs souvenirs - en d'autres termes de les anéantir psychologiquement dans le but de faire disparaître de leurs esprits un chapitre fondamental de l'histoire démocratique du Chili.

Les gendarmes de la dictature les appelaient «les hiérarques», parce qu'ils avaient été ministres du gouvernement du président Salvador Allende. À cela ils répliquèrent en créant ce qu'ils surnommèrent «l'université de Dawson», en étendant le manteau de leur amitié, en prenant soin les uns des autres, en se témoignant une tendresse profonde, un sentiment dont tout le témoignage de Sergio Bitar est imprégné.

Paradoxalement, les hommes de Dawson semblaient tranquilles pendant la traversée, voire même franchement joyeux pour certains. Accrochés sur le pont, indifférents au tangage du bateau qui, soufflant comme un animal, était ballotté par la mer qui semblait nous conduire inexorablement vers un abîme d'eaux sombres et furieuses, ils se parlaient à grands cris, et essayaient de deviner les côtes à travers le brouillard matinal.

Agrippé à une couchette, je me suis mis à chercher mon carnet de notes dans mon sac : avec frayeur, je me suis rendu compte que je ne l'avais pas pris. En revanche, je mis la main sur mon exemplaire du livre Dawson île 10 de Sergio Bitar, qui était la raison pour laquelle je me retrouvais là à visiter l'île légendaire en compagnie des survivants et de leurs familles. Je dois avouer que le livre de Sergio Bitar m'avait attiré dès le moment où j'avais commencé à le lire, quelques semaines plus tôt. La sobriété de son récit, sa structure classique, et surtout et par-dessus tout, la vérité qu'il transmettait au lecteur à chaque page. On n'y trouvait pas la prétention factice de mettre en scène des faits ou des conduites héroïques - même si de fait, ils étaient inévitablement présents dans les détours de sa narration. Au contraire, l'auteur racontait ses souvenirs avec modestie et une grande humilité. Il mettait en avant ses camarades d'infortune, et posait un regard rempli d'humanité sur leurs geôliers.

Je connaissais personnellement la plupart des personnages du livre, anciens ministres ou collaborateurs du président qui avait sacrifié sa vie pour préserver l'esprit démocratique de son peuple, et j'ai reconnu dans ma lecture leurs traits de caractères : leurs passions, la profondeur de leur engagement démocratique, leur loyauté vis-à-vis de la République et du peuple qu'ils avaient servi et qui était en définitive la raison de leur emprisonnement dans ce lieu que certains avaient surnommé «l'île de la mort».

(...)


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