Autres regards sur les Essais, Livre III de Montaigne / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Autres regards sur les Essais, Livre III de Montaigne

Couverture du livre Autres regards sur les Essais, Livre III de Montaigne

Auteur : Véronique Ferrer | Violaine Giacomotto-Charra | Alice Vintenon

Date de saisie : 21/02/2017

Genre : Education, Formation

Editeur : Atlande, Neuilly-sur-Seine, France

Collection : Clefs concours. Lettres XVIe siècle

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782350303949

GENCOD : 9782350303949

Sorti le : 06/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Clefs concours

S'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier Agrégation et CAPES, Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche.
Synthèse des travaux les plus récents, Clefs concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs.

Autres regards sur
Tous les titres ont les mêmes objectifs :
- sur des auteurs fondamentaux ou des textes particulièrement exigeants, offrir des perspectives nouvelles ;
- contribuer au renouvellement des études littéraires ;
- proposer une pluralité d'approches ;
- défendre l'esprit de l'agrégation en stimulant la réflexion personnelle.

Véronique Ferrer (Bordeaux-Montaigne), Violaine Giacomotto-Charra, (Bordeaux-Montaigne), Alice Vintenon (Bordeaux-Montaigne).
Alain Legros (CESR), Philippe Desan (Chicago), François Roussel, (Nanterre), Isabelle Pantin (ENS), Marie-Luce Demonet (CESR) Alexandre Tarrête (Paris-Sorbonne), Blandine Perona (Valenciennes), Daniel Ménager (Nanterre), Denis Bjaï, (Orléans), Frank Lestringant, (Paris-Sorbonne).

La collection Clefs concours - Lettres XVIe siècle est dirigée par Marie-Claire Thomine.

Dans la même collection :
Essais de Montaigne, livre III - Essais Livre I - L'Adolescence clémentine - Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné - Christine de Pizan - Le Tartuffe et Le Misanthrope -
Beaumarchais - Le Neveu de Rameau - Les Contemplations - Les Âmes fortes -Inspirations méditerranéennes - Formes de l'action poétique - Silves latines 2016-2017 -
Silves latines 2017-2018 - Silves grecques 2016-2017- Silves grecques 2017-2018 -La dissertation - Réussir le CAPES de Lettres - Réussir l'agrégation externe de Lettres,
Ancien français - Réussir l'agrégation interne de Lettres, Épreuve de didactique -Réussir le CAPES de Lettres, Ancien français - Réussir le CAPES de Lettres, Stylistique -
Desplechin, Trois souvenirs de ma jeunesse - Autres regards sur Trois souvenirs...
Devenir enseignant et répondre aux questions sur les acquis et les besoins des élèves...





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

Publié en 1588 chez Abel L'Angelier à Paris, le troisième livre des Essais se distingue à bien des égards des deux premiers, publiés conjointement en 1580 à Bordeaux chez Simon Millanges. En 1588, le lectorat désormais élargi est devant un objet nouveau, composé de 13 chapitres au long souffle en comparaison des 57 chapitres du premier livre ou encore des 37 chapitres du deuxième. Le livre III est sans conteste un livre à part dans le parcours éditorial et biographique de son auteur, même si ce dernier s'attache à le présenter comme un simple "allongeail" des deux premiers. Composé entre 1585 et 1588, au lendemain de la fin de son double mandat de maire à Bordeaux et de l'échec de sa première négociation entre Henri III et Henri de Navarre [Desan, 2016], il s'élabore dans une période de la vie de Montaigne plutôt calme, qui fait suite à deux expériences capitales : le voyage, à la fois thérapeutique et politique (1580-1581), destiné à soigner sa gravelle et à lancer sa carrière diplomatique [Desan, 2014], puis la mairie de Bordeaux (1581-1585), autant dire deux expériences qui ont fortement marqué la lettre et l'esprit du livre III [Tournon, 2002].

Les déceptions politiques de Montaigne l'ont amené à reconsidérer son projet d'écriture et le statut de son livre dans un rapport d'indépendance envers la société de son temps, dont il dresse un tableau pour le moins décapant. Hésitant entre justification et condamnation - justification de son semi-échec dans les affaires publiques et condamnation de la comédie sanglante de l'histoire -, le livre III est à lire à la fois comme un bilan personnel et une réflexion générale sur le politique, qui n'exclut pas à bien des endroits le ton polémique. Si l'humour souvent teinté d'ironie désamorce la colère de Montaigne, l'inquiétude mêlée de dépit accompagne son écriture nonchalante. Son propos n'est pourtant pas de donner des leçons - ou par détour seulement - encore moins des leçons politiques. Son ambition a changé d'objet : à défaut d'être un brillant acteur de son temps, Montaigne entend bien se montrer comme un auteur incomparable. C'est vers lui-même et son livre -c'est tout un - qu'il se tourne désormais pour tenter d'inventer une poétique du sujet sur la base d'une nouvelle expérience du monde. Le voyage, la maladie, la vieillesse, la folie meurtrière des guerres l'ont rendu sensible aux leçons du corps et des sensations, au changement des humeurs et à la course des ans, à la vanité du monde et à l'incertitude des mots. Il trouve dans le recentrement sur lui-même un ressourcement salutaire pour affronter les angoisses de l'histoire et la crainte de la mort. Les Essais se referment désormais sur les expériences ordinaires d'une existence particulière : "Je m'étudie plus qu'autre sujet : C'est ma métaphysique, c'est ma physique" (III, 13, 414 [88]). L'approche intellectuelle de soi, à travers l'exercice du jugement, s'accompagne d'une approche phénoménologique qui enregistre le déroulement d'une existence. Le livre III donne ainsi toutes ses chances à l'être et à l'auteur dans toute leur complexité et leur diversité constitutives. C'est une autre sagesse que promeut Montaigne en accointance avec son nouveau projet littéraire : celle d'un homme moyen, imparfait et ondoyant, défaillant et nonchalant, qui assume avec sérénité son idiosyncrasie naturelle, mieux, qui tente par tous les moyens de redonner sa dignité à la nature dans le domaine de la pensée comme dans celui de l'écriture. Ne cherche-t-il pas à naturaliser l'art (III, 5, 874) ? Et la pensée, faudrait-il ajouter ?

Sans cesser de faire écho aux livres qui l'ont précédé, le livre III met en scène sa différence en se prenant pour objet de son propre discours. Montaigne se plaît à souligner l'autonomie et la liberté propres de son livre. L'éloge de l'imperfection et de l'ordinaire marche l'amble avec la promotion d'une originalité propre : "L'uniformité et simplesse de mes moeurs produit bien un visage d'aisée interprétation : mais parce que la façon en est un peu nouvelle, et hors d'usage, elle donne trop beau jeu à la médisance." (III, 9, 284) Cette "façon [...] un peu nouvelle, et hors d'usage" désigne aussi bien l'homme que l'auteur, et par extension, le livre lui-même. L'anti-héroïsme de Montaigne et sa défense d'une médiocrité naturelle vont de pair avec la conscience aiguë et l'exhibition récurrente du caractère exceptionnel du penseur écrivain qu'il est.

(...)


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli