Berlin mis en scènes / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Berlin mis en scènes

Couverture du livre Berlin mis en scènes

Auteur : Camille Larbey

Date de saisie : 20/03/2017

Genre : Cinéma, Télévision

Editeur : Espaces et signes, Paris

Collection : Ciné voyage

Prix : 12.00 €

ISBN : 979-10-94176-05-4

GENCOD : 9791094176054

Sorti le : 24/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Berlin, ville meurtrie, éclatée, emmurée et enfin libérée, est devenue aujourd'hui l'un des lieux privilégiés de l'avant-garde créatrice européenne. Elle a fourni tout au long du 20e siècle un matériau riche, dense et dramatique à de nombreux cinéastes. En témoignent M le Maudit de Fritz Lang, Cabaret de Bob Fosse, Les Ailes du désir de Wim Wenders, ou encore Cours, Lola, cours de Tom Tykwer, Good Bye, Lenin ! de Wolfgang Becker et La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck - sans parler des nombreux films de guerre et d'espionnage.
En parcourant les lieux de tournage de scènes cultes, Camille Larbey nous fait redécouvrir Berlin à travers une soixantaine de films. Ce ciné-guide de Berlin est enrichi de nombreuses cartes et de plusieurs index (films, réalisateurs, lieux).

Camille Larbey est journaliste, critique de cinéma. Il a vécu plusieurs années à Berlin et a consacré ses recherches au «Neue Deutsche Film», le Nouveau cinéma allemand.





  • La revue de presse Alain Spira - Paris-Match, février 2017

Avec de la pellicule pour fil d'Ariane, l'auteur nous guide de façon chronologique, à travers les strates et les soubressauts de l'Histoire qui, du muet à nos jours, ont façonné la capitale allemande jusqu'à en faire le carrefour européen de l'avant-garde...
Guide, mais aussi aide-mémoire, «Berlin mis en scènes» fait défiler les époques au rythme de 24 images par seconde. Des secondes qui peuvent durer une éternité ou un éclair, tant le temps devient relatif dans les salles obscures transpercées par les faisceaux des projecteurs. Et lorsque vous refermerez ce livre, vous serez en 2415. Et Berlin sera toujours Berlin...



  • Les premières lignes

SYMPHONIE BERLINOISE

Les humeurs de la ville

Chef-d'oeuvre du muet, Berlin, symphonie d'une grande ville a été réalisé en 1927 par Walter Ruttmann. Les premières images du film nous montrent d'abord une succession de lignes qui nous paraissent abstraites, puis, la caméra, située dans un train roulant à grande vitesse, nous entraîne progressivement dans le concret de la vie et de la ville : après un paysage en rase campagne, ce sont les maisonnettes des faubourgs, puis la zone industrielle, enfin les barres d'immeubles, jusqu'à l'arrivée en gare d'Anhalt. Gros plan sur l'horloge : il est 5 heures, Berlin s'éveille. Le réalisateur expose alors en cinq actes une journée dans la ville, de l'aube à la nuit : la foule se rendant au travail, l'ouverture des magasins, les usines robotisées tournant à plein régime, la pause de midi, des scènes de rue, des moments de loisir et enfin, le soir venu, l'agitation autour des théâtres et des cabarets. A travers ce tourbillon d'images captées sur le vif, le regard de peintre et d'architecte de Walter Ruttmann saisit la vie qui irrigue la capitale. Il expliquera que «lors du tournage, cette hydre de pierre moderne avait eu plus d'humeurs qu'aucune diva humaine. Cela a duré une année, jusqu'à ce que des milliers de petites - voire infimes - prises eussent pu être tournées pour rendre cinématographiquement la diversité du caractère de la ville.»

Il faut dire que les années 1920 sont marquées par la mise en place du Grand Berlin. Les territoires limitrophes sont rattachés à la capitale, qui double soudainement de population et compte désormais quatre millions d'habitants. A la ville mécanique se mêle alors une cité fourmillante aux rues bondées. Le film nous montre ces passants peinant à traverser le flot ininterrompu des automobiles tandis que des chevaux, soudain anachroniques, tirent péniblement leurs fardeaux. La ville a tourné la page de l'après-guerre et affiche sa joie de vivre : Ruttmann prend manifestement plaisir à filmer les Berlinois à la fête foraine s'amusant sur les montagnes russes et les manèges, donnant le tournis à la caméra. La symphonie se termine avec un plan sur les lignes eiffeliennes de la Tour Radio tout juste inaugurée dans le quartier de Charlottenburg. À son sommet, un faisceau lumineux balaye la nuit, faisant de Berlin un phare des temps modernes. Berlin, symphonie d'une grande ville s'inscrit dans la lignée des films-portraits de la ville, si nombreux dans les années 1920 au point de former un genre à part entière : le Berlinfilm.

C'est un autre portrait de Berlin qu'un groupe de jeunes gens, qui n'ont pas encore trente ans, réalise à la même époque. Tous sont promis à une grande carrière aux États-Unis où ils émigreront bientôt. Le film, Les Hommes le dimanche (1930), est signé par Robert Siodmak et Edgar G. Ulmer, Fred Zinnemann en est l'assistant opérateur, tandis que Billy Wilder en a écrit le scénario d'après un reportage de Curt Siodmak. Ce reportage fictionnel - l'un des derniers films muets - est tourné avec des acteurs amateurs. Il débute avec une suite de sept plans, à la composition photographique admirable, décrivant avec une grande sobriété et beaucoup d'intensité l'éveil de Berlin : une femme marchant seule dans la rue pendant qu'au loin passe un train de marchandises ; deux sans-abri dormant sur le banc d'un parc ; un homme, fumant une cigarette, qui traverse à pas lents une rue ; une femme longeant le fleuve derrière lequel on aperçoit une grue ; un homme attendant le bus absorbé dans la lecture du journal ; un enfant jouant dans le jardin miteux d'une cité-caserne. La séquence, qui s'achève par une contre-plongée sur la cour intérieure d'un immeuble défraîchi, nous montre la cité sortant peu à peu de sa torpeur nocturne.

(...)


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli