Revoir Paris / Passion du livre

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.. Revoir Paris

Couverture du livre Revoir Paris

Auteur : Claude Eveno

Date de saisie : 28/02/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-267-02985-7

GENCOD : 9782267029857

Sorti le : 19/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Composé de quinze voyages à travers la ville, Revoir Paris entremêle la marche et l'écriture, chaque journée de marche entraînant son écriture et celle-ci entraînant la marche suivante. Alternant descriptions architecturales détaillées et remarques plus subjectives - notamment politiques -, Claude Eveno remet sa vie dans le contexte de la ville qu'il habite, mêlant habilement complexité et proximité.
Les nombreuses références picturales, cinématographiques, littéraires ou encore musicales, qui font l'objet d'un index, ancrent le récit dans une réalité toute personnelle et guident le lecteur, sans aucune prétention, à travers Paris. L'humour qui imprègne le texte, en plus d'atténuer l'intensité du changement, de la disparition, de la destruction, inhérents à l'évolution de toute grande ville aujourd'hui, crée une complicité avec le lecteur.
De cette façon, Revoir Paris peut être aussi considéré comme un guide de la ville. Celui-ci traduit les sensibilités de son auteur et il donne à celui qui le lit l'envie de déambuler dans les rues de Paris. Ainsi, de la place Vendôme aux Halles, du funiculaire de Montmartre à la place des Abbesses, l'auteur dresse, à travers ce livre, le portrait d'une ville et d'une époque, le portrait d'une espèce d'atmosphère qui fut non seulement celle de la vie de Claude Eveno à Paris mais celle de sa génération dans une ville qui leur a offert la révolte, l'art subversif et l'action politique, l'enthousiasme et la perte des illusions.

Né en 1945. Cinéaste, urbaniste, écrivain. Ancien rédacteur des Cahiers du CCI et de la revue Monumental, Claude Eveno a été conseiller de programme à France Culture, puis directeur des études à l'École nationale supérieure de Création Industrielle et professeur à l'École nationale supérieure de la Nature et du Paysage.





  • La revue de presse Thierry Sardier - Le Monde du 2 février 2017

«Je n'aime pas la place Vendôme, je crois même que je la déteste», écrit-il en ouverture de ce carnet de quinze voyages, donnant ainsi à comprendre son titre. Revoir la capitale française, c'est d'abord un exercice de lucidité face aux discours qui célèbrent sa grandeur avec un respect trop prononcé du patrimoine et une admiration béate des grands chantiers. C'est aussi retrouver l'espace parcouru et vécu depuis l'enfance, dans les années 1950, entre la plaine Monceau et Asnières...
Au fil des détours, le récit conduit à des instants de grâce. On est convié par exemple à un voyage de quatre jours dans le seul jardin du Luxembourg. La ville actuelle est alors magnifiée par les références au passé, dans un ensemble très documenté qui met en bonne place Eugène Atget et Jacques Prévert.



  • Les premières lignes

Premier voyage

Place Vendôme - Rue Danielle-Casanova - Place et rue du Marché-Saint-Honoré - Rue Saint-Honoré - Rue Saint-Roch - Rue et place Gaillon - Rue Saint-Augustin - Rue des Filles-Saint-Thomas - Rue des Colonnes - Rue de la Bourse - Place de la Bourse - Rue Feydeau - Rue et passage des Panoramas - Passages Jouffroy et Verdeau - Rue du Faubourg-Montmartre - Rue Montmartre - Les Halles.

Je n'aime pas la place Vendôme, je crois même que je la déteste, malgré quelques scènes de cinéma montrant des acteurs mythiques y organisant de formidables «casses» de bijouteries, Jean Servais dans Du rififi chez les hommes ou les trois complices du Cercle rouge, Delon, Montand et Gian Maria Volonté. Mythiques aussi, les passants célèbres du Ritz, les uns exécrables, ou même haïssables, Cocteau, Morand, Göring, les autres franchement sympathiques, Cole Porter, Scott Fitzgerald, Hemingway, mais qu'on imagine un peu ridicules à écluser du whisky dans le bar le plus snob de Paris, surtout Hemingway jouant au «libérateur» de l'hôtel déjà débarrassé de toute présence allemande, y buvant son brandy mitraillette à l'épaule. S'il y eut un moment très court de libération des lieux, ce fut longtemps avant, en 1871, quand la place était devenue un enclos barricadé et que la colonne napoléonienne exécrée par les communards avait été joyeusement renversée, brisée en mille morceaux étalés de manière très photogénique, comme en témoignent des clichés des premiers temps de la photographie. Mais libérée de quoi ? Sans doute de ce qu'elle représentait et représente toujours, surtout en ce moment où l'on rénove à la fois la colonne et le Ritz, coïncidence hautement symbolique mise en scène de manière insistante sur les grandes bâches qui dissimulent les travaux en y écrivant «La légende continue...», un immense slogan qui domine la place et semble la vouer au seul service du Ritz et de ses alliés bijoutiers du Comité Vendôme, Boucheron, Chaumet ou Van Cleef & Arpels - des noms qui appellent immédiatement au vol à main armée ou à une quelconque saisie populaire des lieux, y compris le ministère de la Justice, mitoyen du Ritz pour nous rappeler probablement qu'il n'existe depuis toujours qu'une justice de classe, malgré la démocratie. Libérée donc d'une essence qui serait celle du pouvoir, pouvoir de l'argent ou de la loi, de l'argent et de la loi. Libération naïve et finalement impossible, tout fut très vite réparé après la Commune car la place Vendôme est une sorte d'Appareil idéologique d'État, un «AIE» spatial auquel n'avait pas pensé Althusser, mais dont on savait pourtant depuis longtemps l'utilité à côté des AIE politique ou juridique, au point d'entretenir une fabrique de décors dont Paris ne manque guère, truffée de places royales ou impériales dont certaines ont changé de caractère, comme la place des Vosges, mais non la place Vendôme, autrefois place Louis-le-Grand, conçue dès l'origine comme un décor avant tout puisqu'on n'y construisit au départ que les façades, faisant du quartier un avatar prématuré de «village Potemkine».

(...)


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