Le Bruxelles des révolutionnaires : de 1830 à nos jours / Passion du livre

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.. Le Bruxelles des révolutionnaires : de 1830 à nos jours

Couverture du livre Le Bruxelles des révolutionnaires : de 1830 à nos jours

Auteur : Anne Morelli

Date de saisie : 21/03/2017

Genre : Histoire

Editeur : CFC, Bruxelles, France

Collection : Regards sur la ville

Prix : 40.00 €

ISBN : 978-2-87572-019-1

GENCOD : 9782875720191

Sorti le : 08/12/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Bruxelles est non seulement la capitale décisionnelle de l'Europe où convergent d'innombrables manifestations, mais aussi un lieu où de nombreux révolutionnaires ont résidé (comme Marx) et sont passés (comme Lénine). La ville porte aujourd'hui les traces des cultures subversives qui s'y sont succédées : des communards et des opposants exilés aux anarchistes, des socialistes utopistes du XIXe siècle aux artistes actuels.

Collectif d'auteurs sous la direction de Anne Morelli





  • La revue de presse Françoise Germain Robin - L'Humanité du 2 février 2017

Dirigé par l'historienne Anne Morelli, ce beau livre part sur les traces des révolutionnaires et proscrits de toute l'Europe venus trouver refuge dans la capitale belge...
Voilà un magnifique album de photos doublé d'une mine de renseignements, anecdotes et biographies de héros oubliés, qui présente Bruxelles sous un jour bien éloigné de l'image qu'on en a souvent...
Cette histoire rebelle n'est pas morte puisque, selon Anne Morelli, Bruxelles reste la ville du monde où se produisent le plus grand nombre de manifestations.



  • Les premières lignes

FAUTE D'ÊTRE BELLE LA CAPITALE PEUT ÊTRE RE-BELLE

Bruxelles est actuellement la ville du monde où se déroulent le plus grand nombre de manifestations.

De toute l'Europe les manifestants y convergent : dockers refusant le dumping dans les ports européens, sidérurgistes privés de leur outil de travail, agriculteurs poussés à l'abandon de leurs terres par les multinationales de l'agroalimenfaire, enseignants licenciés à la suite des coupes budgétaires, syndicalistes inquiets des décisions européennes limitant le droit de grève...

Ils viennent manifester à Bruxelles, contre Bruxelles qui, dans le langage journalistique, représente la bureaucratie européenne, les décisions difficiles à comprendre, les économies drastiques, l'arbitraire administratif, qui s'imposent aux gens d'en bas via leurs gouvernements qui disent se plier devant «Bruxelles».

Ces manifestants seraient bien étonnés de découvrir que Bruxelles n'est pas seulement cette capitale décisionnelle de l'Europe mais a été - et est encore dans une certaine mesure - un lieu où sont nés, ont vécu et sont passés de nombreux révolutionnaires, du cru ou étrangers. La ville a été souvent bouillonnante et fiévreuse.

Lors de la Réforme, elle était sillonnée par des prédicateurs rebelles. A la Révolution française, des Bruxellois partisans des sans-culottes ont organisé le sac de Sainte-Gudule et, lors de la Restauration, c'est à Bruxelles que nombre de révolutionnaires français, comme le peintre Jacques-Louis David, trouvent refuge.

La proximité géographique de la capitale belge par rapport à la France et le libéralisme (relatif) en vigueur au XIXe siècle par rapport aux réfugiés politiques expliquent évidemment que, pour les diverses vagues de proscrits français, l'exil à Bruxelles est la première hypothèse qu'ils envisagent s'ils doivent fuir la France.

La révolution de 1830, qui débouche sur l'indépendance de la Belgique, commença par une révolution prolétarienne des faubourgs, et les lieux de cette révolution s'inscrivent encore dans l'espace de Bruxelles. L'observateur attentif peut retrouver ses traces de la place des Martyrs à la place des Barricades, en passant par les rues qui symbolisent les libertés qu'elle voulait conquérir : rue de la Presse, rue de l'Association, rue des Cultes, rue de l'Enseignement...

En 1848, la révolution ayant éclaté à Paris et ayant des répercussions dans les provinces belges, le bourgmestre de Bruxelles craint la contagion qui verrait le petit peuple encercler l'Hôtel de Ville.

Bruxelles est au XIXe siècle le lieu d'asile de nombreux révolutionnaires étrangers. Des socialistes «utopistes» y séjournent plus ou moins longtemps. C'est à Bruxelles qu'on imprime les pamphlets interdits en France par le Second Empire et qui repassent ensuite la frontière sous le manteau.

C'est à Bruxelles que Marx, comme de nombreux proscrits polonais, allemands ou français, se réfugie. C'est dans la capitale belge qu'il écrit le fameux Manifeste du Parti communiste.

C'est au célèbre café Le Cygne, sur la Grand-Place de Bruxelles, que Marx et ses amis fêtent le Nouvel An 1848.

Dans ce même café, le 23 décembre 1884, est lancé le Manifeste républicain, où des Belges remettent en cause le pouvoir du roi Léopold II, «fonctionnaire irresponsable, inféodé aux idées aristocratiques du pays», et plaident pour le suffrage universel et la république belge.

Victor Hugo, comme Marx, n'a trouvé à Bruxelles qu'un refuge provisoire. Lorsque la Belgique refuse d'accorder l'asile aux communards ayant survécu à la répression féroce de la Semaine sanglante, le grand poète français exilé offre de leur ouvrir les portes de sa maison de la place des Barricades. Ce geste sera perçu comme une provocation et lui vaudra, comme pour Marx, d'être expulsé de Belgique. Mais l'un comme l'autre auront joui sur place de sympathies autochtones.

(...)


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