Le pays dont je me souviens / Passion du livre

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.. Le pays dont je me souviens

Couverture du livre Le pays dont je me souviens

Auteur : Anne Révah

Date de saisie : 17/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 17.80 €

ISBN : 9782715244627

GENCOD : 9782715244627

Sorti le : 02/02/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

C'était de l'eau salée, c'était certain, il y avait six montagnes, de cela aussi Myor était sûr, c'était un lac de mer, il ne savait pas comment il en était parti, il lui restait des images, il les avait notées pour ne pas les perdre, et un jour retrouver son chemin. Il avait beaucoup marché, il n'était pas seul, il y avait une fillette avec lui, il était alors un tout jeune homme, il ne savait plus quand tout cela avait eu lieu, il avait les visions du lac, de sa terrasse en hauteur, de son père Getra, du maître de la lumière Lucirus, tout cela il l'avait gardé, mais il ne connaissait pas le chemin pour y retourner...
Lorsque Philippe rencontre Myor, il est intrigué par ce personnage singulier, mi-SDF, mi-sage, qui vit en ermite dans la forêt. Myor raconte qu'il vient d'un énigmatique territoire du lac, un lieu qui le hante, mais qu'il est incapable de situer sur une carte. À quarante-cinq ans, Philippe est à un tournant de sa vie, et n'a rien à perdre : touché par l'histoire de Myor, il lui propose de l'aider à retrouver ce pays rêvé de son enfance. Voilà ce couple insolite parti pour une étrange odyssée...

Anne Révah est l'auteur de quatre romans, dont Quitter Venise et L'enfant sans visage.





  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 23 février 2017

Ce beau roman d'Anne Révah est la chronique d'une discrète et secrète odyssée, où deux hommes se donnent la main pour retrouver un lieu rêvé, celui de l'enfance où les adultes n'ont plus accès...
Ouvert sur le ton laconique d'un roman social aux teintes grisâtres, «le Pays dont je me souviens» se termine dans l'énigmatique clarté des contes et légendes. Dès ses premiers romans, «Manhattan» et «Pôles magnétiques», la pédopsychiatre Anne Révah s'est attachée à des héroïnes qui larguent les amarres et entrent, pour se sauver, se surpasser, se réinventer, dans une troisième dimension. Ce grand voyage, elle ne l'a jamais mené si loin, si haut que dans ce roman tout en mouvement, en délicatesse et en 3D.



  • Les premières lignes

Il avait garé sa voiture près de la gare, remonté l'avenue des Carmes, puis la rue d'Alembert qui longeait le lycée, et juste derrière, à l'angle de la forêt, il avait retrouvé le café presque intact. Sa devanture seule avait été repeinte, une couche mal appliquée de peinture bleue mate recouvrait les fissures sinueuses rebouchées par d'épaisses étendues de plâtre. Philippe n'était pas ému, il avait imaginé que de revenir ici lui procurerait un souffle de nostalgie dans la poitrine, un saisissement, mais il ne percevait rien de tout cela, à peine de l'étonnement que si peu de choses aient pu changer en plus de vingt ans. Bien sûr une forêt ne changeait pas, et le seul lycée du coin ne pouvait pas avoir disparu, mais le café de la lisière aurait pu être transformé en épicerie, où même réhabilité en loft pour jeune couple faisant leur premier achat immobilier. Mais voilà que tout était à sa place et les longues minutes de marche depuis la gare n'avaient montré que des pavillons de banlieue éternels, des jardins propres et sans chaleur.
Philippe aimait beaucoup cette forêt, il y avait grandi et cela scellait pour toujours son lien singulier avec le lieu. Il s'y était caché souvent, il y avait embrassé des jeunes filles, marché seul des heures, emmené ses fils quelques dimanches après-midi pour se perdre entrç les étangs et les sous-bois. Les fenêtres du lycée donnaient sur la cime des arbres, le mur d'enceinte de l'établissement était une frontière poreuse, il suffisait de l'escalader au bout du terrain de foot pour entrer dans la forêt sans se faire surprendre par les surveillants. Philippe avait fait tout cela, et revenir ici ne le bouleversait pas, il était prêt à refaire la visite du propriétaire, rien que pour vérifier qu'il avait une mémoire solide.

Le café qui s'appelait toujours «Au bahut» était ouvert en pleine après-midi, la salle correspondait au souvenir que Philippe en avait gardé, sombre, rectangulaire avec deux flippers calés contre le mur près de l'entrée des toilettes. Le zinc était neuf, et le jeune homme aux oreilles percées qui s'affairait pour préparer les consommations des trois clients était bien plus jeune que Philippe, comme s'il venait à peine de terminer ses années de lycée juste en face.

Il y avait un bruit de radio allumée, on ne distinguait pas ce qui se disait mais c'était un ronronnement. Philippe s'était installé près de la fenêtre, il voyait l'entrée de la forêt, le parking clôturé du lycée. Le soleil était un peu faible, l'ombre des arbres flottait à peine sur le sol.

Il commanda un verre de vin blanc. Le jeune serveur ne proposa pas de carte. Il n'y avait jamais eu de carte ici, d'ailleurs on ne pouvait manger que des assiettes de frites grasses, et des croque-monsieur trop cuits.
(...)


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