Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité

Couverture du livre Un racisme imaginaire : islamophobie et culpabilité

Auteur : Pascal Bruckner

Date de saisie : 11/02/2017

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Essai

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782246857570

GENCOD : 9782246857570

Sorti le : 01/02/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Il existe assez de racismes véritables pour que l'on n'en invente pas d'imaginaires.
Depuis trente-cinq ans, le terme d'«islamophobie» anéantit toute parole critique envers l'islam. Il a pour double finalité de bâillonner les Occidentaux et de disqualifier les musulmans réformateurs.
Une grande religion comme l'islam n'est pas réductible à un peuple puisqu'elle a une vocation universelle. Lui épargner l'épreuve de l'examen, entrepris depuis des siècles par le christianisme et le judaïsme, c'est l'enfermer dans ses difficultés actuelles. Et condamner à jamais ses fidèles au rôle de victimes, exonérées de toute responsabilité dans les violences commises en son nom.
Démonter cette imposture, réévaluer ce qu'on appelle le «retour du religieux» et qui est plutôt le retour du fanatisme, célébrer l'extraordinaire liberté que la France donne à ses citoyens, le droit de croire ou de ne pas croire en Dieu : tels sont les objectifs de cet essai.

Pascal Bruckner est l'auteur, notamment, de La tentation de l'innocence [prix Médicis de l'essai, 19951, Les voleurs de beauté (prix Renaudot, 1997), Misère de la prospérité (Prix du meilleur livre d'économie et prix Aujourd'hui, 2002), Le fanatisme de l'Apocalypse (prix Risques, 2011), Un bon fils. Son oeuvre est traduite dans une trentaine de pays.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

Un rajeunissement sémantique

En 1910, un rédacteur français au ministère des Colonies, André Quellien, publie La Politique musulmane dans l'Afrique occidentale française. L'ouvrage destiné aux spécialistes et aux cadres de l'empire est un éloge mesuré de la religion coranique «pratique et indulgente», mieux adaptée aux «indigènes», alors que le christianisme est «trop compliqué, trop abstrait, trop austère pour la mentalité rudimentaire et matérialiste du nègre». Pour l'auteur de ce rapport, il s'agit de souligner que l'islam devrait devenir le meilleur allié du colonialisme français et favoriser la pénétration européenne, à condition de le traiter avec tact : parce que la religion du Prophète «arrache les peuples au fétichisme et à ses pratiques dégradantes», il faut cesser de l'assimiler au fanatisme et la considérer avec une neutralité bienveillante. Annonçant le grand arabisant Louis Massignon, catholique de gauche (1883-1962), spécialiste de la mystique musulmane et partisan du dialogue entre l'Islam et l'Église, André Quellien fustige donc «l'islamophobie» qui sévit dans le personnel colonial mais tout autant «l'islamophilie» propre à l'orientalisme romantique : «Chanter les louanges de l'islam est aussi partial que le décrire injustement.» Il faut le considérer froidement comme un outil de gouvernement. Quellien s'exprime ici en administrateur soucieux de paix sociale : il déplore la tentation de diaboliser une confession qui maintient la paix dans l'Empire, quels que soient les abus, mineurs à ses yeux, auxquels elle se livre, l'esclavage persistant et la polygamie. Puisque l'islam est le meilleur allié du colonialisme, il faut préserver ses fidèles de l'influence néfaste des idées modernes et respecter leurs modes de vie (attitude que l'on retrouve de nos jours à l'extrême gauche et chez les Anglo Saxons).

Un autre fonctionnaire colonial résidant à Dakar, Maurice Delafosse, écrit à la même époque : «Quoi qu'en disent ceux pour qui l'islamophobie est un principe d'administration indigène, la France n'a rien de plus à craindre des musulmans en Afrique occidentale que des non-musulmans [...] L'islamophobie n'a donc pas plus de raison d'être dans l'Afrique occidentale, où l'islamophilie, dans le sens d'une préférence accordée aux musulmans créerait d'autre part un sentiment de méfiance parmi les populations non musulmanes qui se trouvent être les plus nombreuses.»

Islamophobie : le terme existait vraisemblablement dès le XIXe siècle, ce qui explique son emploi spontané par les fonctionnaires de l'Empire. Quant à son antonyme, l'islamophilie, savante ou profane, elle est une constante de l'histoire européenne depuis le XVIIe siècle qui reste massivement fascinée par la civilisation islamique. Mais, après la révolution khomeyniste, le vocable d'islamophobie connaît une mutation et se transforme en arme de guerre. Entre l'expulsion de Kate Millett, féministe américaine, de Téhéran en 1979, parce qu'elle protestait contre l'imposition du voile aux Iraniennes, et l'affaire Rushdie en 1988, qui éclate sous l'impulsion des musulmans britanniques, ce mot dormant a soudain été réveillé pour ressusciter sous une autre forme. (...)


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli