Henri Gouraud : photographies d'Afrique et d'Orient : trésors des archives du Quai d'Orsay / Passion du livre

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.. Henri Gouraud : photographies d'Afrique et d'Orient : trésors des archives du Quai d'Orsay

Couverture du livre Henri Gouraud : photographies d'Afrique et d'Orient : trésors des archives du Quai d'Orsay

Auteur : Julie d' Andurain | Françoise Aujogue

Illustrateur : Jean-Philippe Dumas

Date de saisie : 30/03/2017

Genre : Photos

Editeur : Editions Pierre de Taillac, Paris

Prix : 35.00 €

ISBN : 9782364450837

GENCOD : 9782364450837

Sorti le : 13/01/2017

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  • La présentation de l'éditeur

10 000... Tel est le nombre de photographies du fonds Gouraud aux archives du Quai d'Orsay. Pour accumuler un tel nombre de clichés à une époque où la photographie présentait encore de grandes difficultés techniques, il fallait une curiosité rare et une détermination à toute épreuve. Deux qualités qui ne manquaient pas au général Gouraud : tout au long de sa carrière, du Mali au Liban, du Maroc à la Syrie, il ne cessa de faire photographier tout ce qui lui semblait intéressant : militaires français, populations indigènes, autorités locales, fêtes religieuses, vestiges antiques... Il laisse ainsi à la postérité un témoignage photographique unique. Grâce aux 200 clichés les plus étonnants, Henri Gouraud, photographies d'Afrique et d'Orient invite le lecteur à un passionnant voyage photographique, en Afrique et en Orient, il y a un siècle...

Agrégée et docteur en histoire, Julie d''Andurain est membre du centre Roland-Mousnier (UMR 8596 du CNRS), chargée de cours à Paris-Sorbonne et directrice des études d'un pôle de prospective à l'École militaire. Ses travaux de recherche portent sur l'histoire de l'Afrique et du monde arabe au XIXe et au XXe siècles. En 2009, après avoir effectué un premier inventaire du fonds Gouraud déposé au ministère des Affaires étrangères, elle a | soutenu sa thèse en Sorbonne (Le général Gouraud, un colonial dans la Grande Guerre). Depuis, elle a publié La Capture de Samory (Saint-Cloud, Soteca, 2012).

Conservateur en chef du patrimoine au ministère des Affaires étrangères, responsable des fonds photographiques, Jean-Philippe Dumas s'est occupé du choix iconographique du présent volume. Il a déjà publié une sélection de photographies d'Henri Gouraud dans Trésors du Quai d'Orsay : un siècle d'archives photographiques (Flammarion, 2014) en collaboration avec Marc Lambron.

Responsable des papiers d'agents et des archives privées des archives du ministère des Affaires étrangères, Françoise Aujogue a reclassé le fonds Gouraud et réalisé un nouvel inventaire. Pour cet ouvrage, elle a sélectionné les pièces les plus significatives de la correspondance du général Gouraud.





  • La revue de presse Pierre Karila-Cohen - Le Monde du 30 mars 2017

Dans ce livre richement illustré, l'historienne Julie d'Andurain montre comment Gouraud a précocement utilisé la photographie à des fins de propagande. Guerriers vaincus, villageois heureux, fiers officiers : tout participe de cette conquête de l'opinion métropolitaine.



  • Les premières lignes

Préambule

Quand il s'agit d'étudier ou de résumer la carrière du général Henri Gouraud (1867-1946), on est saisi par un vertige, vertige d'abord par l'ampleur de la documentation laissée à la postérité, vertige également par le déroulement d'une carrière menée tambour battant en Afrique comme en Asie durant quelque trente années au tournant du XXe siècle. Le général Gouraud n'est pourtant pas une figure originale dans le monde colonial français de la fin du XIXe siècle. Bon nombre de ses collègues et camarades ont connu des trajectoires similaires. Mais il s'est distingué de certains d'entre eux d'abord par une très brillante carrière professionnelle - en 1912, alors qu'il n'a que 44 ans, il devient le plus jeune général de sa génération -, mais aussi par une attitude que l'on qualifierait aujourd'hui de «patrimoniale» qui l'a poussé non seulement très tôt à conserver ses archives et sa documentation privée, mais encore à l'enrichir très régulièrement par des documents annexes (photographies, menus, lettres privées, signatures autographes, menus objets d'art...). Au terme de sa carrière, il laisse ainsi à la postérité un fonds privé d'une incroyable richesse (plus de 200 cartons d'archives, 10 000 photographies), composé de lettres officielles et privées et de photographies, dont une partie sera présentée dans cet ouvrage.
Naturellement, il revient à l'historien de questionner une telle abondance. Certes, elle est le produit d'un effort cumulatif qui commence très tôt - dès le départ de la maison familiale - et qui ne cesse de prendre de l'ampleur au cours de sa carrière. A l'origine, la séparation d'avec les parents, la mère en particulier, génère une abondante littérature aussitôt précautionneusement archivée dans la maison familiale. Par la suite, c'est le devoir de raconter pour entretenir le lien filial qui justifie l'accumulation de la documentation. Cela ne s'envisage pas d'ailleurs sans réciprocité, à telle enseigne que l'attente des missives personnelles est une constante de la littérature des coloniaux. Fondamentalement, l'écriture coloniale - celle des coloniaux et de leurs familles - a un rapport avec l'exil, fut-il volontaire et choisi. La lettre privée a pour vocation de rompre la solitude et de garder le contact avec la métropole, la photographie n'étant en définitive qu'un prolongement de la missive. Mais c'est bien du voyageur ou de l'explorateur qu'est attendue la nouveauté, l'information qui doit permettre de comprendre les évolutions en cours, et ce, de plus en plus, accompagnée d'une image pour fixer le cadre.
Cela étant posé, la volonté d'Henri Gouraud d'accumuler une telle documentation pose toujours question, car les conditions matérielles pour stocker aisément les documents ou les menus objets sont médiocres. Combien de documents d'archives se sont trouvés irrémédiablement perdus à cause d'une trop grande humidité ou, à l'inverse, d'une trop grande chaleur quand ils n'ont pas sombré dans un marigot alors même que les cantines utilisées par les officiers étaient à peine suffisantes pour contenir les archives des postes. Emporter du matériel photographique et l'entretenir n'est pas chose aisée en Afrique. Un jeune lieutenant ou un capitaine dispose certes d'une petite domesticité - un «boy» en principe -, mais cela ne suffit pas à prendre soin des objets du quotidien. Il faut donc regarder le projet d'accumulation d'Henri Gouraud comme une réelle volonté patrimoniale consistant à conserver et, plus tard, disposant d'un secrétariat, à faire archiver et classer sa documentation privée.
L'historien, le premier, ne peut que s'en réjouir, car tout cela constitue aujourd'hui le matériau brut à partir duquel une biographie très approfondie du général Gouraud peut être écrite. Si celui-ci permet de tracer un parcours particulier, il peut aussi aider à dessiner les contours de tout un groupe, celui des officiers coloniaux, en apportant des précisions et des détails précieux sur leurs pratiques et leur système de pensée. Mais ces archives sont aussi précieuses pour tout un chacun, qui l'amateur de vieilles photographies, qui l'habitant de tel village, afin de renouer avec son propre héritage, de prendre conscience de son histoire. Ce livre de photographies ne cherche en aucune manière à être la chronique photographique et hagiographique d'un officier colonial. Il est simplement le reflet d'une histoire partagée entre les Européens et les populations d'Afrique et d'Asie, le reflet d'une histoire globalisée.


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