Des souvenirs américains / Passion du livre

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.. Des souvenirs américains

Couverture du livre Des souvenirs américains

Auteur : Michael Collins

Traducteur : Aurélie Tronchet

Date de saisie : 07/02/2017

Genre : Policiers

Editeur : Bourgois, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 9782267029826

GENCOD : 9782267029826

Sorti le : 12/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Dans l'Amérique en crise sociale, morale et économique de 2008, Michael Collins tisse avec empathie et virtuosité les liens qui unissent Norman Price, à Chicago, et Nate Feldman, au Canada. Deux familles qui apprendront à se connaître intimement sans jamais n'avoir rien su de leur passé commun.

«Le roman rappelle certaines farces et faux noir des premiers films des frères Coen.»
Mail on Sunday

Michael Collins est né à Limerick en Irlande en 1964. Il a fait ses études en Irlande et aux États-Unis et a obtenu son doctorat à l'Université de l'Illinois à Chicago. Son oeuvre a reçu un accueil enthousiaste de la critique internationale et a été traduite en plusieurs langues. Son premier livre a été salué par le New York Times comme un des meilleurs livres de 1993, sa nouvelle The End of the World a reçu le "Prix de la meilleure nouvelle américaine". Au total, il est l'auteur de sept romans et deux recueils de nouvelles. Il a obtenu de nombreux prix, dont le prix Pushcart récompensant les meilleurs recueils de nouvelles américains, le Kerry Ingredients Irish Novel of the year. Il a aussi figuré sur les dernières sélections du Booker Prize et du IMPACT award. Collins est aussi un sportif de haut niveau. Ila gagné le dernier marathon en Antartique et a battu des records en remportant du même coup la course de l'Himalaya et le marathon de l'Everest.





  • Les premières lignes

Extrait du prologue

Cela faisait une dizaine d'années qu'Helen Price n'avait pas longé le quartier historique de Gold Coast dans la poussée de la circulation du début d'après-midi. Cette fois, cependant, elle roulait dans le sens contraire du flot, elle se dirigeait vers le centre-ville et non vers la banlieue. La direction qu'elle suivait était importante, elle comptait dans la transformation que sa vie avait connue au cours des dernières années, la course à contre-courant de tout élan vers l'avant, une vie remontant le temps vers les vieux souvenirs, vers des îlots de réminiscences qui s'assemblaient dans le présent pour raconter l'histoire de qui elle était ou de qui elle avait autrefois été.
Comment ce vaste et radical changement, cette fuite du temps avaient-ils pu se produire, pour qu'elle se retrouve ainsi au point où la vie paraissait non pas ici ou là-bas mais appartenir au passé ?
Peut-être était-ce là l'essence de la mélancolie de celui qui vieillit ou de celui qui est déjà vieux.
Elle n'avait qu'une heure devant elle avant son rendez-vous chez le médecin. Pourtant, Helen ne put s'empêcher de chercher un sens à l'insistance polie de la secrétaire médicale qui lui avait demandé de changer son rendez-vous du lundi au cabinet du centre-ville du Dr Marchant pour un autre le vendredi en fin d' après-midi, une plage horaire venant prétendument de se libérer suite à une annulation de dernière minute, l'enchaînement des faits acculant Helen dans une réalité où il ne pouvait plus y avoir de bonheur, où la vie s'arrêtait.
Elle envisagea de continuer sur Lake Shore Drive puis, se ravisant, elle changea de file, sortit pour rejoindre le flot de véhicules convergeant dans Michigan Avenue. Elle éprouva presque aussitôt un sentiment de déjà-vu. Elle avait parcouru cette route tant de fois par le passé.
Ce n'était cependant pas tout à fait comme auparavant. Rien ne l'était plus. Si elle pouvait modifier ne serait-ce que légèrement la perspective, si elle pouvait demander ne serait-ce que quelques petites faveurs en ce jour de souvenirs, reprendre possession du passé pour un moment, elle échangerait sa Toyota Corolla contre une de ces forteresses volantes d'autrefois, à ailerons, tout droit sorties des usines de Détroit.
Ce qu'elle avait en tête, c'était une Buick 4600 Invicta de 1963 avec l'intérieur en cuir rouge tomate qu'elle et son mari Walter avaient achetée, lors de leur première année de mariage - l'Invicta avait été la première et la dernière voiture au volant de laquelle elle était sortie directement de la salle d'exposition.
Elle modifierait également la fluorescence criarde des devantures en néon de Michigan Avenue, l'adoucirait par la chaleur Technicolor de Diamants sur canapé, filtrant tout à travers l'étamine hollywoodienne qui avait défini une Amérique de bibis et de talons hauts, une manière américaine de voir la vie, la projection d'une alternative, d'un nouvel ordre, une formidable volonté de réussir, d'avancer - la mise en mouvement d'une Amérique d'après-guerre peuplée de citoyens en bonne santé, vêtus d'habits bien taillés. Autrefois les apparences comptaient.


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