Les Républicains / Passion du livre

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.. Les Républicains

Couverture du livre Les Républicains

Auteur : Cécile Guilbert

Date de saisie : 22/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782246852995

GENCOD : 9782246852995

Sorti le : 01/02/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Les Républicains Novembre 2016. Trente ans après s'être perdus de vue, deux anciens camarades d'études se retrouvent à l'occasion d'une émission de télévision. La fille en noir est écrivain, Guillaume Fronsac un marquis de l'aristocratie d'État devenu banquier d'affaires.
De 17 heures à minuit, au coeur d'un Paris hanté par le terrorisme mais où la beauté de l'histoire française se révèle à chaque pas, ils vont se juger, se jauger, se confier, se séduire peut-être. A travers la confrontation de leurs existences, de leurs désirs, de leurs illusions perdues, se dessine le tableau d'un pays abîmé par l'oubli de sa grandeur littéraire, enkysté dans la décomposition politique et le cynisme de son oligarchie. Comment échapper au déclinisme et aux ruines mentales de la République des Lettres ? En allant jusqu'au bout de la nuit.
Écrit d'une plume allègre et brillante qui n'épargne ni les importants du jour croqués dans des portraits assassins, ni ses propres personnages traités avec une ironie grinçante, ce roman d'amour et de pouvoir est la pièce du théâtre de notre époque, dont le rideau final tombe comme une guillotine.

Cécile Guilbert est l'auteur d'une oeuvre littéraire importante composée d'essais (Saint-Simon ou l'encre de la subversion, Pour Guy Debord, L'Écrivain le plus libre, Warhol Spirit), de romans et récits (Le Musée national, Réanimation), de préfaces et d'anthologies.





  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 22 mars 2017

«Au temps où j'ai écrit, surtout vers la fin, tout tournait à la décadence, à la confusion, au chaos, qui depuis n'a fait que croître», écrit Saint-Simon au terme de ses Mémoires, et la description sied à l'atmosphère de ce roman crépusculaire et ironique de Cécile Guilbert...
Cécile Guilbert brosse un portrait d'époque aussi ténébreux qu'altier, et d'une saisissante lucidité - sous-tendu par une réflexion mélancolique sur la démocratie et le spectacle, la folie du pouvoir et ses armes, «à savoir la passion de l'ambition, le vice de l'hypocrisie et l'entier clavier de leurs stratagèmes».


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 19 février 2017

Cécile Guilbert, page 40 d'un roman intitulé Les Républicains : "Quand on écrit bien, on a contre soi deux ennemis : le public, parce que le style le contraint à penser, l'oblige à faire un effort, et les gens de pouvoir parce qu'ils sentent en vous une force qui rivalise avec la leur." Voilà qui est évidemment de l'observé, du ressenti, Cécile Guilbert ayant une écriture étincelante, fulgurante, d'une redoutable efficacité. Comme, en plus, sa culture littéraire est immense (livres ou textes sur Saint-Simon, Guy Debord, Nabokov, Bret Easton Ellis, etc.), qu'elle se passionne pour l'actualité et ses acteurs, enfin qu'elle a un goût marqué pour l'insolence, cela nous vaut un roman politique d'une réjouissante méchanceté ou, si on préfère, d'un coruscant pessimisme.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 23 février 2017

L'auteur de "Réanimation" raconte la politique aujourd'hui. On se croirait à Versailles...
Ces propos acérés et désabusés, on les doit à Cécile Guilbert, qui signe un roman - ou plutôt, une sortie - dont elle n'imaginait pas que le titre serait, à la veille de la présidentielle et en pleine affaire Fillon, d'une telle actualité : «les Républicains»...
C'est accablant pour les puissants, triomphal pour les subversifs et réconfortant pour les derniers amoureux des belles-lettres. Mon conseil : votez Guilbert !


  • La revue de presse Joseph Macé-Scaron - Marianne, février 2017

Dans son dernier roman, «les Républicains», Cécile Guilbert, à travers les retrouvailles d'un écrivain et d'un banquier affairé, tire le portrait d'un pays épuisé...
Unité de temps. Un soir de novembre 2016. Unité de lieu. Paris, rive droite. Unité d'action, oscillant entre la joute amoureuse et le combat de deux insectes caparaçonnés de leurs certitudes et bardés de leurs désillusions. La pièce qui se joue dans les Républicains, de Cécile Guilbert, est une comédie, celle des vanités contemporaines.


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 23 février 2017

Sans doute le titre appelle-t-il une précision liminaire. Alors que la campagne présidentielle semble avoir été prise en main par un ­romancier inventif, Les Républicains, de Cécile Guilbert, n'est pas un document écrit ces derniers jours pour raconter les développements haletants de la campagne à droite. Pas plus qu'il n'est un pamphlet dirigé contre François Fillon. C'est toute la classe politique française qui en prend pour son grade dans ce roman vif, écrit entre février et juillet 2016, et retravaillé fin décembre pour être en cohérence (autant que possible) avec les événements récents, comme les résultats de la primaire de droite. Son titre a été choisi «par contre-provocation», indique Cécile Guilbert, encore «scandalisée qu'un parti usurpe ce nom commun», deux ans après que l'UMP est devenu LR. Et si le candidat de ce parti y est évoqué, Cécile Guilbert offre un caméo à un grand nombre de figures politiques françaises...
D'autant plus que l'auteure, alternant entre leurs points de vue respectifs et celui d'un narrateur omniscient, donne à ses personnages de l'épaisseur et, à son texte, une force allant au-delà du seul pamphlet dirigé contre la classe politique.



  • Les premières lignes

Longtemps, mon existence a été si romanesque que j'ai préféré la vivre au lieu de l'écrire. Jusqu'au jour où, sortant de l'appartement de Thierry Ardisson, alors que je venais de souffrir mille morts en une heure et de trébucher sur un câble électrique qui serpentait sur la moquette prune, étourdie par la lumière trop crue des spots et les piapias de bonne humeur aussi énervants que les rires préenregistrés d'une sitcom, tout m'est revenu, juste à l'oreille.
- Non, je n'y crois pas, la fille en noir !
Depuis combien de temps n'avais-je pas entendu cette expression ? Et sonner cette voix sourde qui n'avait jamais eu l'énergie de son corps ? Je me retournai pour envisager le regard clair sous les paupières remontées au bistouri. Le ravinement à peine perceptible du front. Les rides estompées du lion. La légère voussure de l'ancien jeune homme pressé, précis, pressant. Il en avait conservé le pas hardi, la sveltesse. Et par miracle presque tous les cheveux. Mais aussi cette allure volontaire qui jadis pompait l'air partout où il passait.
Il venait de grimper les quatre étages, à peine essoufflé, et réajustait d'un geste sec le noeud Windsor de sa cravate de soie puce. Je ne sus quoi répondre, me rétractant dans une coque de silence, ce que, dans l'embarras, je savais encore faire le mieux. Le temps de laisser venir.
Et de compter.
Trente ans avaient passé.

Au mitan fatidique de la cinquantaine, un notable de la IVe République aurait affiché silhouette replète, pansue, trahissant ses ripailles aux banquets de sous-préfectures et autres chefs-lieux de cantons qui avaient mieux façonné la carte électorale du pays que tous les tripatouillages des Fouché s'étant succédé à Beauvau. Mais pas l'alerte Guillaume Fronsac, car c'était bien lui, pour qui une silhouette de mannequin valait toutes les décorations. Souples et minces, ne faisant plus leur âge du moment que l'aisance faisait le reste, jamais les corps n'avaient autant muté qu'en ce grand moment de décomposition générale. Les visages retouchés masquaient le travail de la mort, pas d'inquiétude, les futurs cadavres porteraient beau dans leurs costards Slimane.

«Eh oui, c'est bien moi... enfin presque», finis-je par répondre. Car de «fille», j'étais devenue femme et avais changé de visage, sinon de corpulence, depuis le temps. Raccord avec mon sobriquet d'antan, je portais une robe de lainage noir, des collants opaques et des bottes noires.

(...)


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