Trop de lumière / Passion du livre

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.. Trop de lumière

Couverture du livre Trop de lumière

Auteur : Marinette Lévy

Date de saisie : 20/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Plon roman

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-259-24353-7

GENCOD : 9782259243537

Sorti le : 12/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Léo Rivière a une carrière de rêve, beaucoup d'argent, quelques amis, peu de scrupules, pas d'enfant. Elle sait être drôle, elle peut être belle. Chacun de ses concerts affiche complet.
Mais alors qu'elle entame sa nouvelle tournée à travers la France, elle se sent oppressée. Tout l'englue, tout la secoue. Elle a beau essayer de mettre les choses à distance, rien n'apaise l'écoeurement qui la gagne.
Quand on a tout, a-t-on le droit de ne plus avoir envie de rien ?
Dans la violence de cette crise personnelle, Léo se cogne aux limites de son propre système. Hantée et si fragile face à son public, elle se confronte à l'inconnu, ce mystère qui prend ses racines en elle-même.

Marinette Lévy est auteure et scénariste. Trop de lumière est son premier roman.





  • La revue de presse Virginia Bart - Le Monde du 26 janvier 2017

Pour son premier roman, Marinette Lévy, journaliste et auteure pour l'audiovisuel et le théâtre, parvient, en fine dialoguiste et observatrice, à livrer sur un sujet très «people» un texte étonnamment littéraire, crédible et moderne.



  • Les premières lignes

Brigitte conduit. C'est toujours Brigitte qui conduit. Nous traversons avec difficulté le sud de Paris, en direction du studio d'enregistrement de l'émission «Passez pour le café».
De grosses gouttes de pluie tombent sur le toit de la voiture avant de glisser sur les vitres, sans discontinuer, aussi nombreuses et aussi vaines que le flot des véhicules qui nous suivent et nous précèdent. J'ai beau être au sec, le trajet est pénible. Nous sommes coincées dans les embouteillages. À l'arrêt, le ronron du moteur a laissé place à un silence feutré qui donne trop d'espace à mon désordre intérieur. Le début de ma tournée marathon de quatre-vingts dates approche, il me faut de l'énergie et je m'en sens vidée avant même d'avoir entamé la course. Sans doute à cause de mes insomnies.
J'ai vaguement la nausée. J'essaie, pour la combattre, de me concentrer sur l'horizon bouché, au-delà du pare-brise. Je fixe le magma de nuages gris, scintillant de pluie, teinté par endroits du rouge des feux stop des voitures. Les doigts de Brigitte refermés sur le cuir mat du volant pianotent d'une légère impatience. Miracle, une brèche s'ouvre devant notre véhicule. Brigitte resserre ses mains sur le volant, elle peut redémarrer. Son pied enfonce la pédale, sa main droite lâche un instant la direction pour enclencher la première. Le moteur repart dans un élan. Brigitte passe la seconde. Nous avançons enfin de plusieurs précieux mètres. Mais à peine quelques tours de roues plus tard, le trafic est de nouveau ralenti. Brigitte freine brutalement et la voiture s'immobilise une fois de plus sous le crachin. Les à-coups me donnent de plus en plus mal au coeur.
J'ouvre la fenêtre. L'air me fait du bien, mais la pluie m'oblige à refermer le carreau, je ne veux pas finir trempée.
Je me répète la chanson que je vais interpréter. En me récitant les paroles dans ma tête, comme on débite un chapelet de prières, je lutte intérieurement contre cette pluie, contre le monde extérieur intrusif et malveillant, derrière les vitres fumées qui m'en protègent. Ma conductrice attend une nouvelle opportunité pour repartir, ses mouvements de tête vers les rétroviseurs, sur les côtés et au centre du pare-brise, polluent mes efforts. Je perçois maintenant jusqu'à la respiration de Brigitte dont le rythme, pourtant régulier, trouble le mien. Rien ne m'échappera donc ? Malgré le prétexte de ma chanson à réviser, je ne parviens pas à rester à l'intérieur de moi. Mon acuité est dirigée vers tout le reste, ce qui bouge, ce qui rôde dehors.
Quand Brigitte allume la radio, j'ai un sursaut. Pour d'autres raisons que les miennes, ce silence depuis notre départ doit aussi décontenancer mon assistante. Quand nous sommes en voiture, nous avons toutes les deux l'habitude que je lui parle. Beaucoup. J'égraine des consignes qu'elle doit retenir en conduisant. Selon la longueur du trajet, histoire de ne pas perdre de temps entre deux rendez-vous, je l'abreuve d'ordres, de contrordres, d'informations plus ou moins capitales et d'exigences suffisamment impérieuses pour qu'elle n'ait ni l'occasion de les commenter ni l'audace de les contredire. Ou alors, je suis au téléphone et la litanie de mes conversations berce sa conduite.


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