Essais d'épistémologie pour la psychiatrie de demain / Passion du livre

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.. Essais d'épistémologie pour la psychiatrie de demain

Couverture du livre Essais d'épistémologie pour la psychiatrie de demain

Auteur : Abel Guillen

Postface : Steeves Demazeux

Date de saisie : 19/06/2017

Genre : Psychiatrie

Editeur : Erès, Toulouse, France

Collection : Questions de psychiatrie

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782749254012

GENCOD : 9782749254012

Sorti le : 26/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Le propre de la folie, dans ce qu'elle a de plus humain, est peut-être de ne jamais se laisser saisir. Elle échappe, met en tension toute tentative de théorisation à son égard. Et le sujet, par-delà son trouble, résiste à l'objectivation d'un discours univoque. Ainsi en témoigne l'histoire de la psychiatrie qui semble vouée à l'éclatement, aux querelles intestines, aux revirements idéologiques les plus brutaux : de l'apogée du mouvement asilaire à la sectorisation, du «traitement moral» de Pinel à la découverte des neuroleptiques, de la psychanalyse aux thérapies cognitivo-comportementales.
Dès lors, le jeune psychiatre se trouve confronté à des choix parfois difficiles et éprouve quelques difficultés à faire sienne cette histoire mouvementée. Comment peut-il se repérer dans les querelles théoriques, cliniques, épistémologiques qui animent cette discipline ? Comment concilier un goût pour les sciences humaines et la nécessité d'une rigueur propre à l'approche statistique ? Comment croiser les apports nécessaires de l'antipsychiatrie et les bienfaits des institutions de soin ? Comment entendre le sujet au-delà de ses symptômes ?
Des psychiatres, des psychanalystes et des philosophes expérimentés ont accepté de livrer leur approche des savoirs en psychiatrie et de faire ainsi oeuvre de transmission auprès des jeunes professionnels en santé mentale.

Abel Guillen est psychiatre, ancien interne en psychiatrie au chu de Toulouse, membre de l'association CNIPSY Toulouse 2015.
Avec la participation de : Bernard Baas, Pierre Bruno, Brigitte Chamak, Bruno Falissard, Jean-Louis Feys, Martine Girard, Jean Naudin, Marie-Jean Sauret, Jean Vion-Dury.





  • La revue de presse Michel Guilloux - L'Humanité du 15 juin 2017

Ce recueil est instructif pour approcher un certain « malaise dans la psychiatrie », pour paraphraser Freud, qui a toujours refusé que la psychanalyse, qui trouve ici sa place à son heure, devienne « la servante de la psychiatrie ».



  • Les premières lignes

Introduction

«Généralement toutes les professions détruisent l'harmonie des idées», écrivait Montesquieu dans son Essai sur le goût. Cela semble particulièrement vrai si l'on s'intéresse à la psychiatrie et à son histoire : de l'apogée du mouvement asilaire à la sectorisation, du «traitement moral» de Pinel à la découverte des neuroleptiques, de la psychanalyse aux thérapies cognitives et comportementales.
Le propre de la folie, dans ce qu'elle a de plus humain, est peut-être de ne jamais se laisser saisir. Elle échappe, met en tension toute tentative de théorisation à son égard. Et le sujet, par-delà son trouble, résiste à l'objectivation d'un discours univoque. En miroir de cette complexité, la science autour du sujet souffrant semble se disloquer au cours du XXe siècle, perdre son harmonie. Elle devient multiple, puis se déchire en mille conflits de chapelles et laisse tinter la dysharmonie des sons de cloches. Notre discipline semble être vouée à l'éclatement, aux querelles intestines, aux revirements idéologiques les plus brutaux.
Dans ce tumulte, comment entendre le sujet, l'écrire, le raconter ? La psychiatrie tend aujourd'hui à proposer une approche dite «a-théorique», prenant le parti d'un langage qui se voudrait consensuel. Ainsi parle-t-on de ce qui est observable et évaluable pour et par tous. C'est l'idée conductrice de la rédaction du DSM, pour l'heure dans sa cinquième édition. Grâce à cet outil, la psychiatrie a découvert un langage commun, un «terrain d'entente» peut-être, au risque de «faire silence» sur les différends qui l'ont précédé. En souhaitant lisser les conflits, l'a-théorie ne prend-elle pas le risque d'occulter les multiples lectures de la réalité humaine qui ont fait la richesse des confrontations à l'origine de notre spécialité ?
Dès lors, il est clair que le jeune psychiatre qui débute son cursus se trouve confronté à des choix parfois difficiles, et il pourra éprouver quelques difficultés à faire sienne cette histoire mouvementée : quelle approche psychothérapeutique privilégier ? Comment concilier un goût pour les sciences humaines et la nécessité d'une rigueur propre à l'approche statistique ? Comment parvenir à concilier les apports nécessaires de l'antipsychiatrie tout en continuant à croire aux bienfaits des institutions de soin ? Quel regard porter sur nos patients, partagés entre les impératifs de l'évaluation sémiologique et les «imprévus» salutaires de l'intersubjectivité ? Le terme de «dysharmonie», d'origine musicale, nous a semblé pouvoir traduire ce caractère déroutant, parfois inquiétant, de notre discipline...
Il nous est assez rapidement apparu que ce qui faisait la difficulté de l'abord de la psychiatrie pour un jeune interne était en même temps ce qui en constituait toute la richesse. Comme l'écrivait Alphonse Allais : «Ce n'est pas tout à fait exact que la musique adoucit les moeurs. Je crois même que l'harmonie, un peu en excès, amène l'homme le mieux constitué à un état d'hébétude et de gâtisme tout à fait folâtre.» Existe-t-il une dialectique potentiellement créatrice de l'antagonisme entre harmonie et dysharmonie ?
Les interventions qui ont eu lieu lors du Congrès national des internes en psychiatrie Toulouse 2015 proposaient d'explorer la question des savoirs, celle de leur dysharmonie, et leur possible appropriation par les psychiatres en formation.

Association CNiPsy Toulouse 2015


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