L'un l'autre / Passion du livre

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.. L'un l'autre

Couverture du livre L'un l'autre

Auteur : Peter Stamm

Traducteur : Pierre Deshusses

Date de saisie : 06/06/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-267-02986-4

GENCOD : 9782267029864

Sorti le : 12/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«Une lecture attentive permet de voir tout le raffinement de la langue. [...] Il y a chez Stamm un véritable suspense - et quelque chose qu'il est en même temps impossible d'expliquer par le simple réalisme.»
Die Welt
«La façon dont Stamm sait rendre plausible l'insaisissable et décrire les univers affectifs de ses personnages, c'est de la grande littérature.»
Buchmarkt

C'est la fin de l'été dans une petite bourgade suisse. Une famille rentre de vacances, elle s'apprête à reprendre le cours d'une existence paisible : Astrid est une mère dévouée, Thomas est un père aimant, Ella et Konrad, élèves de collège, semblent épanouis. Rien ne semble présager la situation à laquelle ils vont se trouver confrontés. Lorsque Astrid se réveille le matin suivant, Thomas est parti.
Commence alors une longue errance à travers les montagnes, vers une nouvelle vie. Le roman de Peter Stamm, qui s'ouvre sur une vie de famille et un retour au quotidien décrit à l'unisson, alterne progressivement les points de vue de Thomas et d'Astrid, comme pour trouver un sens au départ, à la disparition - thème majeur de l'oeuvre de l'auteur - ce, jusqu'à la chute de Thomas dans une crevasse.
À la vie à la maison, avec les enfants peu compatissants et un irrépressible désir de revenir en arrière, s'oppose la vie sur les routes, la nature et la volonté de se confronter à son hostilité. Avec un style dépouillé et sobre, sans jugement de valeur ou de résolution définitive, l'écrivain suisse s'interroge encore une fois sur la notion de couple et de solitude propre à chaque être humain. Qu'est-ce qui lie deux personnes entre elles et jusqu'à quel point ? Quelles sont les limites de notre compréhension de l'autre ?

Peter Stamm est né en 1963 en Suisse. Il a étudié l'anglais, la psychologie et la psychopathologie, il a effectué des stages dans des hôpitaux psychiatriques. Il a écrit des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des livres pour enfants. Depuis 1997, il est le rédacteur en chef du magazine Entures für Literatur et il vit de sa plume. En 2013, il a figuré sur la dernière sélection du Man Booker International Prize. En 2014, il a reçu le Prix Friedrich Hölderlin, qui a récompensé l'ensemble de son oeuvre. Il vit avec sa famille à Winterthur.





  • La revue de presse Florent Georgesco - Le Monde du 20 avril 2017

Thomas ne se dit pas : j'ai fui, j'ai tout quitté, je viens d'entrer dans les statistiques des personnes qui, en permanence, disparaissent, ne laissent plus de traces. Il n'y pense même pas. Il a mieux à faire, avec tout cet inconnu soudain répandu autour de lui. Plus d'habitude, plus de paysage. Les montagnes, le lac de Zurich, les sentiers broussailleux sont des corps vivants qui bercent son corps. Il marche dans ce qui n'a plus de nom, et le sien s'estompe...
La surprise, la sidération, l'angoisse d'Astrid, sa femme, forment une ligne parallèle à la ligne de fuite de l'histoire de Thomas. Peter Stamm, dans ce livre vertigineux, toujours au bord d'une forme de poésie élégiaque qui va jusqu'à frôler le fantastique, ne renonce jamais au réalisme le plus rigoureux...
L'étrangeté magnétique de L'un l'autre ne se résorbe jamais ; elle culmine même dans les dernières pages de ce roman tendu, intense, qui atteint alors une puissance inouïe, et fait surgir, au point de rencontre des rêves ­d'Astrid et de Thomas, un paysage d'une bouleversante beauté, que personne au monde ne pourrait avoir envie de fuir.


  • La revue de presse Patrick Kéchichian - La Croix du 16 février 2017

Dès les premières lignes, on reconnaît l'art subtil de Peter Stamm, écrivain suisse de langue allemande dont les éditions Christian Bourgois ont déjà publié, depuis 2000, une dizaine de titres, romans et nouvelles. Avec L'Un l'autre, il atteint une sorte de perfection dans cet art. Prenant pour point de départ une situation banale - bien que fort inquiétante -, l'auteur parvient au fil des pages, selon une progression minutieusement organisée, à donner une dimension quasiment universelle à l'histoire intime qu'il raconte. Non par de grandes envolées de l'imagination, non pas davantage en remplissant les marges d'une réflexion parallèle, mais au coeur même des sentiments et affects qui troublent la conscience de chacun des deux personnages. Sentiments que l'auteur décrit, fait évoluer, conférant à ce trouble une profondeur vertigineuse.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 1er février 2017

Pas de virgule entre l'un et l'autre du titre. Juste un blanc, un espace. Un sas pour lui. Une béance pour elle...
Armé de cette écriture blanche, enveloppante à force d'être résolument extérieure, l'auteur suisse allemand creuse son sillon de prédilection, devenu crevasse au fil de ses romans : la fuite...
D'une douceur trompeuse, ce roman est un conte métaphysique captivant.


  • La revue de presse Didier Jacob - L'Obs du 12 janvier 2017

On connaît l'art économe de l'auteur de «Tous les jours sont des nuits», qui touche ici à une sorte de sommet implacable et sublime. Quelle vie mérite qu'on y soit fidèle ? semble s'interroger Peter Stamm, qui se garde bien de conclure. C'est par une subtile pirouette que l'écrivain suisse invite le lecteur à formuler ses propres hypothèses.



  • Les premières lignes

Durant la journée, c'est à peine si l'on distinguait les buissons séparant le jardin de ceux des voisins, ils se fondaient dans la verdure environnante, mais quand le soleil déclinait, que les ombres s'allongeaient, on avait l'impression qu'ils formaient un mur de plus en plus infranchissable jusqu'à ce que la dernière lumière ait enfin disparu, abandonnant aux ombres ce carré de gazon, sombres oubliettes sans plus aucune échappatoire. Il faisait vite frais maintenant, mi-août, la fraîcheur, l'humidité semblaient monter du sol où elles s'étaient retirées pendant les heures ensoleillées, sans pourtant jamais y disparaître complètement.
Thomas et Astrid avaient mis les enfants au lit, ils s'étaient assis sur le banc en bois devant la maison, avec chacun un verre de vin, s'étaient partagé le journal du dimanche. Au bout d'un moment, la voix pleurnicharde de Konrad s'était fait entendre, Astrid avait posé en soupirant sa partie du journal sur le banc, avait vidé son verre, était retournée à l'intérieur sans un mot et n'était pas ressortie. Thomas entendit des murmures apaisants et, peu de temps après, il vit la lumière s'allumer dans le salon. Puis il entendit la fenêtre se fermer, claquement sec qui clôturait la journée, le week-end, les vacances. La lumière s'éteignit, Thomas imagina Astrid agenouillée dans le couloir en train de déballer la grande valise qu'ils avaient posée là quand ils étaient rentrés, en fin d'après-midi. Ici aussi la chaleur avait dû être intense pendant leur absence, il faisait très chaud dans la maison, l'air était confiné, épais, comme si la pression était plus élevée à l'intérieur. Thomas regarda le courrier que les voisins avaient posé sur la table du salon. Astrid était debout juste derrière lui ; sans la voir, il sentait sa présence attentive. Rien d'important, dit-il, en s'asseyant à la table. Astrid ouvrit les fenêtres, dit en sortant de la pièce qu'elle allait préparer le dîner. Ils avaient acheté différentes choses dans la boutique d'une station-service, du pain, du lait et du fromage ainsi qu'un sachet de salade mélangée. Les enfants avaient disparu à l'étage, Thomas les entendait se chamailler. Quand Astrid et lui les avaient mis au lit après le repas, Konrad avait failli s'endormir en se brossant les dents, Ella n'avait même pas demandé si elle avait encore le droit de lire un peu.
Thomas imaginait Astrid en train de faire deux piles de linge, le propre et le sale. Elle portait le linge sale dans la buanderie à la cave, rangeait le linge propre dans l'armoire de leur chambre avant de plier consciencieusement celui des enfants et de le poser sur les marches de l'escalier pour le monter le lendemain. Elle s'arrêtait un instant au pied de l'escalier, écoutait les légers bruits venus d'en haut, les enfants qui se tournaient et se retournaient dans leurs lits tout propres, rêvant ou imaginant qu'ils étaient encore au bord de la mer ou déjà à l'école.


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