Le grand combat / Passion du livre

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.. Le grand combat

Couverture du livre Le grand combat

Auteur : Ta-Nehisi Coates

Traducteur : Karine Laléchère

Date de saisie : 08/02/2017

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Autrement, Paris, France

Collection : Littératures

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-7467-4459-2

GENCOD : 9782746744592

Sorti le : 11/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Je me réveillais enfin, avide de comprendre.»

À West Baltimore dans les années 1980, les gangs et le crack sont le seul horizon des gosses du quartier. Ta-Nehisi est voué lui aussi à devenir un bad boy. Mais son père Paul, ancien Black Panther passionné de littérature, lui fait découvrir Malcolm X et James Baldwin. C'est une révélation. L'adolescent rêveur, égaré dans les frasques d'une famille hors norme, se jure d'échapper à son destin.
Épopée lyrique aux accents hip-hop, portée par l'amour et l'ambition, Le Grand Combat est l'histoire magnifique d'un éveil au monde, un formidable message d'espoir.

«Puissant et nécessaire.» Time

Né en 1975 à Baltimore, Ta-Nehisi Coates est l'auteur d'Une colère noire (Autrement, 2016), couronné par le National Book Award 2015. Figure intellectuelle majeure aux États-Unis, il a été salué par Toni Morrison et Barack Obama. Il vit à New York avec sa femme et son fils.





  • La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 2 février 2017

Voici que le Grand Combat, son premier livre, paraît en France. Il y s'agit de son initiation à la conscience noire par son père. C'est aussi, dans les années 1980, la chronique d'une adolescence à Baltimore (États-Unis), où il naissait en 1975...
À côté de cela, Tah-Nehisi Coates narre une enfance baignée dans le rap et le hip-hop. Son écriture s'en imprègne. La phrase est samplée, rappée presque. Le style s'avère percussif, avec des fulgurances et des trouvailles stridentes. Chaque chapitre (véritable play-list) prend le nom d'un groupe musical de jadis. L'auteur donne ainsi à entendre la bande-son d'une décennie qui culmine avec le hip-hop de ses 16 ans. «Cela m'a sauvé la vie, écrit-il, c'était notre bateau de retour, alimenté par l'angoisse et l'aliénation de notre époque.»


  • La revue de presse Gladys Marivat - Le Monde du 26 janvier 2017

Le Grand Combat, paru aux Etats-Unis en 2008, évoque la jeunesse et l'éveil politique de Ta-Nehisi Coates, avec acuité et tendresse. «C'était la fin des années 1980, à l'ouest de Baltimore. Il y avait le crack, les gangs et le hip-hop. Et mon père qui était vraiment incroyable.» Ex-membre des Black Panthers, né dans une famille qui ne valorisait pas les études, le père, Paul, avait choisi d'élever ses enfants - sept de quatre femmes différentes - dans une maison pleine de livres et bâtie sur deux piliers : la «Conscience» et la «Connaissance»...
Pourtant, son éveil politique prend du temps. Il a une révélation le jour où, dévorant les livres de son père, il apprend que son prénom est un ancien terme égyptien désignant «le grand peuple nubien du Sud».


  • La revue de presse Véronique Radier - L'Obs du 26 janvier 2017

Dans «le Grand Combat», roman d'initiation, Ta-Nehisi Coates, l'un des inspirateurs du mouvement Black Lives Matter, retrace son éveil intellectuel et son enfance hors norme...
On ne naît pas noir, on le devient. Pour Ta-Nehisi Coates, cette prison intérieure s'édifie très tôt, en grandissant dans des quartiers et des écoles ghettos, entre peur de mourir, comme les copains, les voisins, et désarroi face au récit anesthésiant du rêve américain. Une aliénation à laquelle il faut s'arracher pour naître à soi-même. C'est cet apprentissage de la «conscience», autrement dit de la condition afro-américaine, que nous donne à ressentir le journaliste engagé dans «le Grand Combat».


  • La revue de presse Frédérique Briard - Marianne, janvier 2017

L'écrivain y déroule son enfance et son adolescence passées à Baltimore dans les années 80, au coeur d'un quartier noir condamné à la violence. Traverser une rue, aller à l'école ou jouer avec les copains relève d'une mise en danger permanente. Gangs, drogue, désoeuvrement et castagne cadencent le quotidien du petit Ta-Nehisi, beaucoup plus enclin au rêve qu'à la confrontation fiévreuse de la rue...
Une colère noire analysait froidement l'innocence morale de l'Amérique blanche. Le Grand Combat, lui, exprime l'histoire de cette imposture de manière concrète et intangible. A l'heure où Donald Trump, nouveau président des Etats-Unis, fait de cette ignorance calculée son fonds de commerce, l'implacable démonstration de Ta-Nehisi Coates paraît plus que jamais fondamentale.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 11 janvier 2017

Ta-Nehisi Coates (...) centre son récit familial sur la très belle figure de son père, ancien militant du Black Panther Party, devenu l'archiviste improvisé du «grand combat» contre l'oppression. Passionnant.



  • Les premières lignes

There lived a little boy who was misled

Ici vivait un petit garçon qui a mal tourné
(«Children's Story», Slick Rick, 1988)

Quand ils nous coincèrent dans Charles Street, ils étaient tels qu'on me les avait décrits. Ils ne brandissaient pas d'étendard, n'exhibaient ni amulette ni signe secret. Pourtant, je voyais leur nom terrifiant avancer vers nous, auréolé de légende. Ils étaient prodigieux. Ils arboraient les Stetson de Hollis, sans l'or. Ils étaient longilignes, des ombres capables de vous mettre au tapis en trois coups - direct, uppercut, direct - à cent mètres de distance. Ils n'avaient pas d'yeux. Ils glapissaient et huaient, s'exhortaient mutuellement, dansaient frénétiquement, psalmodiaient «Rock'n roll is here to stay». Lorsque les mecs de Murphy Homes nous encerclèrent, la lune se drapa dans son grand manteau noir et les bouffons de Fell's Point se figèrent.
C'est leur nombre qui me mit la puce à l'oreille : personne ne se déplaçait ainsi, en meute. Ils n'étaient que six ou huit autour de nous, mais les autres étaient postés aux quatre coins de la rue. J'étais ailleurs, comme d'habitude, perdu dans les cavernes de Donjons et Dragons ou fasciné par la disparition de la remorque d'Optimus Prime. Il me fallait toujours du temps pour atterrir. Big Bill, qui les avait aussitôt repérés, s'était figé. Moi, je planais tellement que, lorsqu'ils lui portèrent un coup de poing maladroit, je crus d'abord à une salutation.
Ce n'est qu'en voyant ses bras fendre l'air que je compris : mon grand frère se taillait. Murphy Homes se rabattit sur moi.
A cette époque, Baltimore était la proie des factions, divisée en gangs qui prenaient le nom de leur quartier. Ceux de Walbrook Junction régnaient en maître, jusqu'à ce qu'ils se heurtent à North et Pulaski, une bande de lâches sans vergogne, le genre à te mettre la honte devant ta meuf.
Mais tout en haut trônait Murphy Homes. L'ampleur de leur scélératesse leur conférait une dimension mythique. Partout où ils passaient - la vieille ville, Shake and Bake, le port -, ils brisaient des genoux et pétaient des tronches. Jusqu'aux confins les plus reculés, on entendait résonner leur nom : Murphy Homes cassait du négro à coups de pistolet de pompe à essence. Murphy Homes lacérait les dos et versait du sel dans les plaies. Murphy Homes se téléportait en un clin d'oeil, volait à dos de chauve-souris, accomplissait des rites macabres au sommet de Druid Hill.
Je tentai de suivre Bill, mais ils me barrèrent la route. Un gobelin se détacha de la troupe :
- Tu vas où, petit pédé ?
(...)


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