Que faire ? Les hommes nouveaux / Passion du livre

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.. Que faire ? Les hommes nouveaux

Couverture du livre Que faire ? Les hommes nouveaux

Auteur : Nikolaï Tchernychevski

Préface : Yolène Dilas-Rocherieux

Traducteur : Dimitri Sesemann

Date de saisie : 09/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. des Syrtes, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782940523504

GENCOD : 9782940523504

Sorti le : 03/01/2017

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  • La présentation de l'éditeur

En 1890, le marxiste Georges Plekhanov notait combien fut réelle l'influence de Tchernychevski et de son Que faire ? - écrit et publié en 1863 - sur des générations de révolutionnaires russes :
«Qui n'a lu et relu ce livre fameux ? Qui n'a subi son attrait et son influence bénéfique, qui ne s'est purifié, amélioré, fortifié, enhardi ? Qui, après avoir lu ce roman, n'a réfléchi sur sa propre vie, n'a pas soumis ses propres aspirations et inclinations à un examen rigoureux ? Nous en avons tiré la force morale et la foi en un avenir meilleur.»
Rééditer Que faire ? aujourd'hui, c'est permettre de retrouver ces années 1850-1860, une période charnière où émerge en Russie l'intelligentsia, un nouveau groupe social ouvert à la pensée politique occidentale, tout en restant arc-bouté sur les refus slavophiles envers la culture libérale bourgeoise européenne. À l'évidence, ce roman politique est un marqueur dans l'histoire du bolchevisme. On connaît d'ailleurs son impact sur la structure mentale du jeune Lénine. Que faire ? témoigne d'une ébauche de rapprochement entre les trois éléments fondamentaux de l'orthodoxie communiste : la promesse de perfection contenue dans l'utopie, la violence rédemptrice et la sacralisation de la connaissance du mouvement historique et de ses lois.
Nikolaï Tchernychevski est un philosophe, critique et écrivain russe. Emprisonné en 1862 pour avoir appelé les paysans à la révolte, Tchernychevski écrit en détention son ouvrage le plus célèbre, Que faire ? Il y expose son idéal de vie et sa vision d'un socialisme qui le rend proche des utopistes. Jugé et exilé en Sibérie en 1864, Tchernychevski pourra revenir dans sa ville natale en 1889, année de sa mort.
Cette réédition est suivie de deux textes (Vassili Rozanov et Alain Besançon) qui soulignent l'influence que ce roman a eue sur l'histoire russe et mondiale.





  • La revue de presse Julie Clarini - Le Monde du 9 mars 2017

Quiconque a déjà entendu parler du roman Que Faire ?, publié en 1863, et de l'influence qu'il eut sur le jeune Lénine - au point que celui-ci en reprit le titre en 1902 -, découvre avec étonnement sa nature...
L'ardente détermination à la science et à la perfection morale dont sont dotés les personnages enflamma l'imagination de nombreux révolutionnaires russes.



  • Les premières lignes

I

L'imbécile

Dans la matinée du 11 juillet 1856, le personnel d'un de ces grands hôtels de Pétersbourg qui avoisinent la gare du chemin de fer de Moscou, était dans un état de perplexité proche de l'alarme. La veille au soir, un peu après huit heures, un monsieur nanti d'une valise s'était présenté, avait pris une chambre, donné son passeport pour l'enregistrement, commandé du thé et une côtelette et demandé qu'on ne le dérangeât pas de la soirée parce qu'il était fatigué et avait sommeil, mais qu'on eût à le réveiller le lendemain à huit heures du matin sans faute, des affaires pressantes l'attendant ; il s'enferma dans sa chambre, on entendit des bruits de couteau et de fourchette, puis un tintement de tasse à thé, après quoi le silence se fit, sans doute était-il endormi. Le lendemain matin à huit heures, le garçon d'étage heurta à la porte du client de la veille qui ne répondit pas. Il frappa plus fort, très fort - toujours rien. Il fallait qu'il fût bien fatigué. Le garçon attendit un quart d'heure, frappa de nouveau, sans résultat. Il prit conseil des autres domestiques et du préposé au buffet. «Quelque chose lui serait-il arrivé ?» «Enfonçons la porte.» «Non, pour enfoncer la porte, il faut qu'il y ait la police.» On résolut d'essayer encore une fois, aussi fort que possible, et s'il ne s'éveillait toujours pas, d'aller quérir la police. Après une dernière et infructueuse tentative on avait envoyé chercher la police, et on attendait pour savoir ce qui se découvrirait.
Un officier de police se présenta vers dix heures du matin, heurta lui-même la porte et fit frapper par les domestiques, toujours en vain. «Rien à faire, enfoncez la porte, mes amis.»
On força la porte. La chambre était vide. «Regardez un peu sous le lit.» Le client n'était pas davantage sous le lit. L'officier de police alla à la table. Il s'y trouvait une feuille de papier portant en gros caractères :
«11 heures du soir. Je pars pour ne plus revenir. On m'entendra entre 2 et 3 heures du matin sur le pont Litéïny. Que personne ne soit soupçonné.»
- À la bonne heure, maintenant on voit de quoi il en retourne ; autrement, il y avait pas moyen de comprendre, fit l'officier de police.
- De quoi s'agit-il, Ivan Afanassevitch ? demanda le préposé au buffet.
- Servez-moi du thé, et je vais vous raconter l'histoire.
Le récit de l'officier de police devait, longtemps après, être répété et passionnément commenté à l'hôtel. Voici quel genre d'histoire c'était.
A deux heures et demie du matin, le ciel étant couvert de nuages et la nuit noire, une flamme brilla et un coup de pistolet retentit au milieu du pont Liteïny. Au coup de feu, des hommes de garde se précipitèrent, de rares passants accoururent, mais à l'endroit où le coup de feu avait été tiré, il n'y avait rien ni personne. Il fallait donc que ce fiât un suicide, non un meurtre. Des volontaires s'offrirent pour plonger ; peu après on apporta des gaffes et même une espèce de filet de pêcheur, on plongea, on fouilla, on ramena une cinquantaine de bouts de bois, mais pas de cadavre. Du reste, comment l'aurait-on trouvé par une nuit aussi noire ? Deux heures avaient passé, il devait être déjà à l'embouchure, on pouvait toujours chercher. Aussi se trouva-t-il des esprits progressistes pour contester la première hypothèse : «Après tout, il n'y avait peut-être pas de cadavre ? Simplement, un ivrogne ou même un mauvais plaisant qui, son coup de pistolet tiré, s'est sauvé à toutes jambes ; encore heureux s'il n'est pas dans cette foule bourdonnante, à s'amuser du trouble par lui causé.»
(...)


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