Le Français qui possédait l'Amérique : la vie extraordinaire d'Antoine Crozat, milliardaire sous Louis XIV / Passion du livre

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.. Le Français qui possédait l'Amérique : la vie extraordinaire d'Antoine Crozat, milliardaire sous Louis XIV

Couverture du livre Le Français qui possédait l'Amérique : la vie extraordinaire d'Antoine Crozat, milliardaire sous Louis XIV

Auteur : Pierre Ménard

Préface : Emmanuel de Waresquiel

Date de saisie : 29/03/2017

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : le Cherche Midi, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 19.90 €

ISBN : 9782749148298

GENCOD : 9782749148298

Sorti le : 19/01/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Il était trois fois plus riche que Bill Gates, habitait au Ritz, logeait sa fille à l'Élysée, possédait la Louisiane, achetait des châteaux par dizaines... mais son nom a sombré dans l'oubli. Antoine Crozat est pourtant l'une des personnalités les plus fascinantes de son époque. Parti de peu, celui que l'on croit fils de cocher doit multiplier les détournements de fonds, spéculations douteuses et autres manipulations pour parvenir au sommet. Au cours de son incroyable épopée, il développe le commerce du café et du tabac, diligente des opérations corsaires, devient le plus grand négociant d'esclaves d'Europe et met en place un trafic international - aussi lucratif qu'illégal - de marchandises et de métaux précieux. En 1712, consécration suprême d'une ascension fulgurante, Louis XIV lui cède une partie de l'Amérique, d'une surface alors équivalente à celle de son propre royaume ! Avec son réseau et sa fortune, Crozat finance des guerres et des coups d'État, participe à l'annexion de l'île Maurice, fait creuser le canal de Picardie et inspire le système de Law avant de contribuer à sa chute. Saura-t-il pour autant résister aux vicissitudes de l'époque ? Par son insolente opulence en ces temps de crise, il est une proie rêvée pour ses innombrables ennemis, comme pour un État prêt à tout pour renflouer ses caisses.
L'histoire vraie, racontée pour la première fois, d'une destinée qui dépasse toutes les fictions.

Le Français qui possédait l'Amérique est le quatrième ouvrage de Pierre Ménard publié au Cherche Midi.





  • La revue de presse François-Guillaume Lorrain - Le Point, mars 2017

Comment un petit-fils de marchand de chaussettes d'Albi, de charges en trafics, devint le grand argentier du royaume... et le sauva de la famine. Les financiers, en France, ont mauvaise presse. Comment s'étonner qu'ils ne passent pas à la postérité ? Qui connaît le nom d'Antoine Crozat, grand argentier du royaume entre 1700 et 1730, maître de son commerce extérieur quand celui-ci était aux mains avides de particuliers, et vice-roi de Louisiane, qu'il tenta en vain de développer tout en l'exploitant sans vergogne ? On ne disait pas alors «riche comme Crésus», mais «riche comme Crozat». Il revient à Pierre Ménard de mettre en avant avec brio et ironie ce combinateur de génie, petit-fils d'un marchand de chaussettes d'Albi...



  • Les premières lignes

LES CROZAT : HÉRÉTIQUES, VOLEURS ET USURIERS

«Peu d'enfants sont semblables à leur père : la plupart sont pires.»

Au printemps 1655, Toulouse ne le sait pas encore, mais un de ses plus illustres enfants vient de voir le jour. Son destin frappera ses contemporains, changera à plusieurs reprises le cours de l'histoire européenne et de l'économie mondiale tout en marquant les arts de son sceau. Mais pour l'instant, qui pourrait s'en douter ? Lorsque l'on baptise le nouveau-né à l'église de la Daurade, le 24 avril, son parrain et grand-père paternel, Guillaume, un modeste marchand d'Albi, non plus que sa grand-mère maternelle, Gabrielle, ne peuvent envisager que la créature que l'on oint recevra un jour des mains du roi un morceau de cette lointaine Amérique.
Il est vrai que le jeune Antoine Crozat - car tel est son nom - ne semble pas né sous la meilleure étoile. À en croire ses contemporains, sa naissance serait même abominable. Quand Robert Challe, qui ne le porte guère dans son coeur, le dit fils «d'une malheureuse ravaudeuse, qui tenait sa petite boutique rue de Cléry, et qui ne vivait que de raccommoder des bas», le duc de Luynes lui donne pour père un bedeau, porteur de clochette et donneur d'eau bénite à Saint-Eustache. La confusion demeure de nos jours, puisque, parmi les rares ouvrages qui évoquent Crozat, nombreux sont ceux à qualifier son père ou grand-père de cocher.
Même si ces récits perfides, issus pour la plupart de la plume de petits-bourgeois envieux ou de grands seigneurs surpris d'une réussite si soudaine, sont à rejeter, force est de constater que la généalogie du baptisé suinte davantage la boue que l'or. À une époque où les princes Bagration se gargarisent de descendre du roi David, les Lévis-Mirepoix de cousiner avec la Vierge ou les Cossé-Brissac de remonter au patricien Cocceius Nerva, les Crozat n'ont guère de quoi impressionner. Leur patronyme, qui remonte au temps de la croisade contre les Albigeois, était donné aux hérétiques «qui avaient été poursuivis par les inquisiteurs, privés de leurs biens, [et] condamnés à porter des croix (cruce signati)». Quant au fondateur de la dynastie, il ne serait autre qu'un habitant de Lançon «appartenant au marquis de Vaillac, qui s'accrut en biens par vexations et excès».
N'allez toutefois pas rappeler ces mauvais souvenirs à l'heureux père du néophyte, au demeurant lui aussi prénommé Antoine. Fils, donc, d'un marchand d'Albi et marchand lui-même, cet ambitieux a décidé de tirer un trait sur son passé à la mort de sa femme, Jeanne Cardon, en 1652. Après avoir confié à sa belle-famille son fils Guillaume, encombrant présent de sa défunte épouse, le jeune veuf gagna Toulouse.
Toulouse ? La tranquille cérémonie de baptême à laquelle nous assistons nous ferait presque oublier à quel point le choix de rejoindre cette ville a pu paraître saugrenu, pour ne pas dire suicidaire. Détruite par les guerres de religions, écrasée d'impôts par les armées de Catalogne, la cité rose était aussi victime d'une effroyable épidémie de peste lorsque l'Albigeois s'y installa. Pour ne rien arranger, le commerce du pastel, qui assurait la fortune de la région, s'était effondré avec l'arrivée de l'indigo américain, plus stable, et surtout moins onéreux. Et pourtant ! Malgré tous ces désagréments, l'ingénieux marchand parvint en l'espace de quelques mois à faire prospérer ses affaires, au point de pouvoir se livrer, en plus de son commerce, à des activités bancaires.
(...)


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