Il faut se méfier des hommes nus / Passion du livre

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.. Il faut se méfier des hommes nus

Couverture du livre Il faut se méfier des hommes nus

Auteur : Anne Akrich

Date de saisie : 01/05/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Julliard, Paris, France

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-260-02945-8

GENCOD : 9782260029458

Sorti le : 05/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Qui ne rêverait de partir pour Tahiti sur les traces de Marlon Brando ? Mêlant habilement les formes du biopic et du thriller, Anne Akrich déconstruit avec délectation le mythe du jardin d'Éden.
Chargée d'écrire un scénario sur Marlon Brando, Cheyenne (qui porte le même prénom que la fille de l'acteur) doit retourner à Tahiti où elle est née. Malgré un très gros cachet à la clef, l'idée de remettre les pieds sur cette île lui fait horreur. Elle y a laissé sa soeur jumelle, ses parents et tous ses souvenirs d'enfance, parfois très éloignés des clichés idylliques de l'office du tourisme. Dès son arrivée sur place, les fiascos s'enchaînent : la star choisie pour jouer le rôle de l'acteur mythique s'identifie un peu trop à son personnage. Il multiplie les caprices de diva, amorce un retour à la nature qui n'est pas du goût des producteurs. Ces derniers sont sans cesse tentés de réécrire le scénario de Cheyenne pour lui apporter un happy end forcément incompatible avec la vie sentimentale et familiale souvent tragiques de Brando. Sous ses allures de paradis terrestre, Tahiti n'est peut-être pas étrangère à cette succession de catastrophes. Indomptable, l'île gronde en secret et règle ses comptes avec les humains.
Il faut se méfier des hommes nus entrelace le biopic et le roman en suivant deux axes narratifs : l'un retrace les épisodes marquants de la vie de Marlon Brando à Tahiti, la rencontre avec sa femme, Tarita, son dégoût d'Hollywood, ses infidélités, sa boulimie, ses projets mirobolants, sa personnalité velléitaire, l'assassinat de son gendre et le suicide de sa fille. Le second est une intrigue à suspense, où le puzzle de l'enfance de Cheyenne se reconstitue pièce par pièce, jusqu'à former une image bien différente des souvenirs de l'héroïne. Roman cinéphile, Il faut se méfier des hommes nus s'interroge sur la vérité des faits par le recours tantôt à la fiction tantôt à la mémoire. En choisissant Tahiti comme théâtre principal de son récit, Anne Akrich trace le portrait terrifiant d'une île sauvage qui dévore ses enfants et engloutit toute forme de projet.

Née à Paris en 1986, Anne Akrich est d'origine polynésienne par sa mère et tunisienne par son père. Elle a passé toute son adolescence à Tahiti avant de poursuivre des études de littérature à la Sorbonne, a vécu quelque temps à New York où elle a travaillé comme scénariste, puis, de retour à Paris, s'est lancée pleinement dans l'écriture. Son premier roman, Un mot sur Irène, est paru chez Julliard en 2015.





  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 1er mars 2017

Il faut se méfier des hommes nus est un livre inclassable, ni biographie, ni autobiographie - à peine une fiction, un hymne au mensonge et à la puissance romanesque, qui oscille entre un humour à la Woody Allen et un sévère règlement de comptes à l'égard du cinéma-miroir aux alouettes.


  • La revue de presse Gladys Marivat - Le Monde du 16 février 2017

Il faut se méfier des hommes nus se lit comme un polar où s'entremêlent deux enquêtes. La première, la plus évidente, porte sur l'énigme Marlon Brando...
Avec brio, Anne Akrich orchestre l'enchevêtrement de la biographie tragique de Brando et du roman noir d'introspection, du récit burlesque de tournage et du retour doux-amer au pays natal.Naïvement intitulé Brando au paradis, le film raconte comment, en achetant un atoll en Polynésie, l'acteur croyait retrouver le paradis perdu et fuir Hollywood. Le roman ne cesse de montrer que ce paradis est un mensonge...
Si elle se montre à ce point obsédée par la vérité, c'est que quelque chose lui échappe dans sa propre vie. «La mémoire fonctionne comme le tournage d'un film», ­remarque-t-elle. Tournés dans le désordre, les plans sont ensuite assemblés au montage. Mais ses souvenirs ne sont peut-être qu'«autant d'erreurs venues se glisser dans la continuité des images». Des faux raccords qu'elle devra débusquer au fil de ce roman futé porté par une écriture pétillante, qui questionne notre besoin de nous raconter des histoires et de réécrire sans cesse le scénario de nos vies.


  • La revue de presse Jérôme Béglé - Le Point, janvier 2017

Lauréate en 2015 de la bourse écrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère, Anne Akriche avait séduit le jury (dont l'auteur de ces lignes était le président) par son exigence littéraire et sa détermination à mener à bien une entreprise tentaculaire. Un an plus tard, le pari est amplement réussi. Son ouvrage est inclassable. Il relève du roman naturaliste, de la biographie, du livre de voyage, et montre la grande connaissance qu'a l'auteure du milieu du cinéma.



  • Les premières lignes

1.

- Entrez !
Je suis devant la porte du bureau de Saul, où pend une pancarte minimaliste, ambiance détective privé, film noir : «Saul Rosenberg, agent».
Un nom impossible à oublier. Un peu trop beau pour être vrai. Je me suis longtemps demandé si ce n'était pas un pseudonyme.
Bonjour, Saul Rosenberg, agent artistique.
A commencé par faire carrière au bureau du livre français à New York, a poursuivi comme éditeur chez HarperCollins, a vécu quinze ans au croisement de la 79e Rue et d'Amsterdam Avenue, a pris son café chaque matin chez Zabar's entouré de vieux Juifs, avant de revenir, vieux Juif himself à Paris pour diriger une maison d'édition sur le déclin. Ça n'a pas duré longtemps. Il a pris ses cliques et ses claques et fondé une agence littéraire. Il a récupéré tous les auteurs les plus importants. Il a aussi creusé son sillon dans le milieu du cinéma. Il est devenu l'agent le plus important de Paris.
Mais, depuis, rien ne se passe exactement comme il le souhaiterait. Il est paranoïaque. Il pense être entouré d'ennemis. Qu'il sera remplacé par untel ou untel. Il craint les femmes. Il déteste les hommes. Il abhorre les éditeurs. Il se méfie des réalisateurs. Les producteurs lui donnent des sueurs froides. Il est respecté. Il est sur un siège éjectable. Il dit tout et son contraire.
Impossible de démêler le vrai du faux quand on parle de Mister Saul Rosenberg.
Franco-Américain obsédé par deux choses : le grand roman américain et sa judéité. Untel est antisémite. Untel n'aime pas les Juifs. Untel est antisioniste. Untel est révisionniste. Untel écrit de l'autofiction. Untel pourrait faire un petit effort d'imagination.
Saul affectionne le regard de ceux qui le détestent. Il s'en repaît. Combien de fois ai-je entendu : C'est parce que je suis juif qu'ils me haïssent, qu'un Juif leur prenne leur place, ils ne le supportent pas. J'ai beau tenter d'objecter qu'un tel argument n'est pas recevable, que la plupart de ses détracteurs sont aussi juifs que lui et moi, il ne m'écoute pas et finit par un définitif : Et qui peut détester plus les Juifs qu'un Juif ?
- Cheyenne ! Je vous entends respirer derrière la porte, entrez nom de Dieu ! Bravo, vous me faites jurer, j'avais pourtant promis à mon rabbin d'arrêter... Allez, on n'a pas la journée !
Comment se fait-il que j'aie si peur d'entrer ?
(...)


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