Discours de réception à l'Académie française et réponse d'Erik Orsenna / Passion du livre

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Couverture du livre Discours de réception à l'Académie française et réponse d'Erik Orsenna

Auteur : Marc Lambron | Erik Orsenna

Postface : Jean d' Ormesson

Date de saisie : 10/01/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 13.00 €

ISBN : 9782246812326

GENCOD : 9782246812326

Sorti le : 11/01/2017

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  • La présentation de l'éditeur

Ce volume reprend le discours de réception à l'Académie française de Marc Lambron, prononcé le 14 avril 2016, suivi de la réponse de Monsieur Erik Orsenna.
Comme le veut la tradition, ces deux textes sont suivis du discours de remise de l'épée, prononcé par Jean d'Ormesson.

Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans : 1941 (1997), Étrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004) ; de récits : Une saison sur la terre (2006), Mignonne, allons voir... (2006), Eh bien, dansez maintenant... (2008), Tu n'as pas tellement changé (2014) et des fameux Carnets de bal. Il a été élu à l'Académie française en 2014.





  • Les premières lignes

M. Marc Lambron, ayant été élu à l'Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. François Jacob, y est venu prendre séance le jeudi 14 avril 2016, et a prononcé le discours suivant :

Mesdames et Messieurs de l'Académie,

«Chacun de nous sait ce qu'est la vie, combien elle est fragile. Chacun de nous en connaît l'infini du possible et la merveilleuse diversité. Chacun de nous sait qu'il n'est pas sur la Terre de bien plus précieux que la vie, que c'est même le seul bien de ce monde. Que transmettre la vie à un enfant est l'acte le plus profond que puisse accomplir un être humain.» Ces lignes datent de janvier 2000 et sont signées François Jacob.

Sans nous y attarder pour l'instant, remontons avec lui vers le mois d'octobre 1965. Cette année-là, une élection présidentielle occupe en France tous les esprits. Churchill est mort en janvier, Albert Schweitzer en septembre. Sur les écrans, Pierrot le fou de Jean-Luc Godard côtoie Le Corniaud de Gérard Oury. Le prix Goncourt ira à Jacques Borel pour L'Adoration, le prix Renaudot à Georges Perec pour Les Choses. Tandis que des combats font rage au Vietnam, la reine Elisabeth II d'Angleterre nomme les quatre Beatles membres de l'ordre de l'Empire britannique. Chaque samedi soir, j'écoute avec mon père «La Tribune de l'Histoire» où s'illustre Alain Decaux. Le jeune ministre des Finances, Valéry Giscard d'Estaing, apparaît volontiers à la télévision pour commenter les chiffres de l'économie. On s'apprête alors à lancer de Hammaguir le premier satellite artificiel français, baptisé Astérix, une fierté de 42 kilos propulsée par une fusée Diamant A. Ce succès scientifique est de bon augure.

Le 14 octobre, la nouvelle tombe sur les téléscripteurs du monde entier : à l'unanimité, le prix Nobel de physiologie ou médecine a été décerné à une équipe de l'Institut Pasteur composée des professeurs André Lwoff, Jacques Monod et François Jacob. Les nouveaux héros de la nation reçoivent aussitôt les félicitations de M. Raymond Marcellin, ministre de la Santé publique, et de M. Christian Fouchet, ministre de l'Éducation nationale. Il est vrai que le dernier prix Nobel de médecine français avait récompensé Charles Nicolle en 1928. On dirait le début d'un album de Blake et Mortimer. J'avais alors huit ans, et j'ai vu dans Paris Match les visages des trois savants.
Les journaux français, justement, tentent de mettre des légendes dans la bulle. L'équipe de Pasteur, dont le conseil d'administration est présidé par le professeur Louis Pasteur Vallery-Radot, de l'Académie française, a été distinguée pour ses travaux sur la régulation cellulaire. Des journalistes intrépides s'attachent à expliquer que les découvertes des pasteuriens portent sur l'ARN messager, agent de transmission entre le noyau d'une cellule et son cytoplasme. Et qu'ils ont identifié des gènes opérateurs régulant la fabrication des substances nécessaires à la vie des cellules, les activant ou les inhibant à la façon d'un interrupteur électrique commandant l'arrivée de la lumière. Sans doute, mais encore ? A défaut de réponse clairement intelligible par tous, l'attention du grand public se tourne alors vers les savants eux-mêmes.
Chef du service de physiologie microbienne, André Lwoff est un enfant de l'immigration russe, né en 1902 dans une ville de l'Allier où son père dirigeait un hôpital psychiatrique. Il a soixante-trois ans.


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