Terreur / Passion du livre

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.. Terreur

Couverture du livre Terreur

Auteur : Yann Moix

Date de saisie : 07/02/2017

Genre : Littérature, essais

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782246812302

GENCOD : 9782246812302

Sorti le : 04/01/2017

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«Le terroriste veut réussir sa mort pour n'avoir plus jamais à réussir sa vie.»
J. M.

«Ce livre, écrit au jour le jour pendant et après les attentats contre Charlie Hebdo et à l'Hypercacher, ne sort que deux ans après les événements : il fallait respecter le temps du deuil ; et me donner la faculté de suspendre celui de la réflexion. "Penser" les attentats est une gageure, parfois même un oxymore : le risque est soit de donner trop de sens à ce qui n'en a pas, soit de rater les étapes d'un processus plus complexe qu'il n'y paraît. Penser les attentats, c'est possiblement se tromper. Ce livre est un cheminement, une progression, une interrogation, un questionnement sur la radicalité, la radicalisation, la jeunesse, l'islamisation, la violence, le nihilisme. Autant de termes qu'on ressasse à longueur de journées sans jamais s'arrêter pour les creuser, les approfondir jusqu'à la nausée. Ce petit essai est obsessionnel : revenir à l'infini sur les actes, les causes, les effets, les acteurs, les conséquences, sans jamais se raturer, au risque même, çà et là, de se contredire. Les frères Kouachi, Amédy Coulibaly sont les tristes protagonistes d'un événement originel, matrice de tous les attentats qui suivirent : les notes et scolies rédigées à chaud et publiées maintenant, doivent se plaquer sur tous les attentats qui suivirent, et qui sortent tout droit, peu ou prou, de janvier 2015.Car ce qui me frappe à la relecture d'un texte rédigé il y a deux ans, c'est à quel point ce qui y était prévu est déjà advenu ou encore, hélas, à advenir. Je n'ai donc rien censuré des passages prophétiques qui me donnent aujourd'hui le sentiment d'une réflexion rattrapée par le réel, au prétexte qu'ils pourraient être lus comme ayant été rédigés rétroactivement à partir du réel : on ne s'excuse pas d'avoir eu raison trop tôt. "Nous sommes en guerre" a dit le président de la République. Les écrivains ont toujours voulu dire la guerre. Je n'échappe ni à la règle, ni à la tradition.»
Y. M.

Yann Moix est écrivain.





  • La revue de presse Albert Sebag - Le Point, février 2017

Yann Moix, "ni sociologue ni spécialiste de l'islam", est de retour avec un défi de taille brillamment réussi : penser le nouveau terrorisme.



  • Les premières lignes

1

§. - On note, dans les journaux, une débauche d'analyses sur les attentats terroristes. C'est légitime : chacun veut livrer, non pas sa version, mais son point de vue sur les causes, les effets, les raisons, les conséquences de ce qui se passe en France. Personne n'a raison ; personne n'a tort. Il s'agit, avant tout, de donner forme à «quelque chose» qui n'en a pas vraiment. Ce pays de culture, cette nation d'intellectuels (c'est touchant, c'est honorable, c'est ce qui fait la beauté de la France) tente, désespérément, à chaque fois qu'un attentat a Heu sur son territoire, de venir greffer sa part de clairvoyance, de connaissance, d'intelligence sur le chaos. On ne sait plus qui croire, qui lire, tant l'offre abonde : sociologues, historiens, théologiens, philosophes, écrivains se succèdent, s'empilent parfois, pour tenter de défricher l'indéfrichable et essayer de déchiffrer Indéchiffrable. Ce qui frappe quand on lit la presse, c'est l'écart vertigineux entre la qualité des auteurs et la médiocrité des acteurs ; entre l'intelligence des articles et la bêtise crasse des actes ; entre la profondeur des éditorialistes et l'indigence des terroristes. Le lecteur a souvent le sentiment qu'on injecte désespérément, et exagérément, du sens dans ce qui n'en a finalement aucun. Que la convocation de tant de finesse trahit notre impuissance à circonscrire une réalité qui, par quelque bout qu'on la prenne, nous échappe. Toutes les subtilités du monde, issues des meilleures plumes et des cerveaux les plus aigus, semblent vaines, interdites, presque ridicules face à ce qui a eu lieu. Comme si les idées ricochaient, perpétuellement, contre ce bloc de granit qu'est l'événement. Un événement chimiquement pur, fait de sa seule irruption, de son inaccessible originalité, de son irrémédiable évidence.

§. - L'attentat nous apprend deux choses : que l'impossible peut ne jamais le rester ; que l'incompréhensible peut le rester toujours. L'impossible n'est pas le contraire du possible, il en est la réussite. L'incompréhensible n'est pas le contraire du compréhensible, il est en l'échec.

§. - Écrivant ces lignes, je n'échappe pas à ce que je suis en train de dénoncer : l'inflation du discours sur des faits dont la nature même est de narguer, puis de neutraliser, le bien-fondé de la raison, l'acuité de ses hypothèses et la pertinence de ses conclusions. Mais la tâche d'une société civilisée, tandis que la barbarie tente de la gangrener, réside davantage dans la profusion de la pensée que dans sa restriction. Voici, puisque vient logiquement mon tour, quelques remarques inspirées de la situation dans laquelle la France est enlisée.

(...)


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