Les Emaux Art déco de l'Atelier Fauré / Passion du livre

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.. Les Emaux Art déco de l'Atelier Fauré

Couverture du livre Les Emaux Art déco de l'Atelier Fauré

Date de saisie : 12/12/2016

Genre : Arts

Editeur : Culture et patrimoine en Limousin, Limoges, France

Prix : 29.00 €

ISBN : 9782911167902

GENCOD : 9782911167902

Sorti le : 12/12/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Dans un Limoges en pleine croissance, celui de l'internationale des Années Folles - des années Art déco -, un entrepreneur en peinture ouvre un atelier d'«émaux artistiques sur cuivre». Pour cela il recrute une équipe d'émailleurs d'exception, transfuges de la porcelaine. Ces «mains» demeurées jusqu'à présent anonymes vont écrire en quelques années, avec un talent fou, l'une des plus belles pages de l'histoire millénaire de l'Email à Limoges, et l'une des plus étonnantes de la période Art déco européenne. Qui peut aujourd'hui regarder ces vases sans en être ébloui ?
C'est cette histoire extraordinaire que nous conte avec verve et rigueur Michel C. Kiener. Argumenté, précis, documents à l'appui, riche de près de deux cents images, voici un livre appelé à faire date. Les collectionneurs autant que le grand public y trouveront leur compte. De l'atelier Fauré-Marty (1919-1924) jusqu'aux années Fauré proprement dites (1924-1985), le récit embarque le lecteur aux côtés des grands noms de l'émail limousin, les Marty père et fille, Bonnaud, Sarlandie, Issanchou... et surtout des «mains» de l'Atelier. Elles retrouvent ici plus qu'un nom : une identité.

Michel C. Kiener, ancien président de la Biennale internationale L'Art de l'Email, est agrégé d'histoire. Il fut en 2012, à la demande de la Ville de Limoges, le commissaire artistique de la première exposition jamais consacrée aux Vases Art déco de l'Atelier Camille Fauré. Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages consacrés à Limoges, à l'émail et au Limousin moderne et contemporain.





  • Les premières lignes

CHAPITRE 1

Limoges en art déco

Le «miracle Fauré» ne sort pas de nulle part : il est intimement lié à l'histoire de Limoges, ville des arts du feu. Imaginée en 1919 dans le climat de reprise économique qui suit la fin du premier conflit mondial, l'idée d'un - atelier d'«émaux artistiques» entend exploiter l'étonnante résurgence de l'émaillerie dans l'une des maisons mères européennes de cet art si particulier. En 1920, l'émail n'y représentait pas grand'chose en termes d'emplois - préoccupation d'aujourd'hui - mais il avait retrouvé, en une vingtaine d'années, une place éminente dans l'identité de la ville ; en quelques années, les émailleurs de l'École de Limoges étaient parvenus à se hisser au niveau d'excellence de leurs confrères parisiens.

Pour comprendre Fauré et le moment Art déco de l'Atelier, il faut commencer par se replonger dans le climat des Années folles. Pôle industriel isolé au centre de la France paysanne, Limoges, métropole de plus de 90 000 habitants - une grande ville pour l'époque -, s'offrait le luxe d'être à la fois, dans les années 1920, la capitale française de la porcelaine (avec la moitié des fours du pays), de la chaussure et celle d'un grand producteur de liqueurs vendues dans le monde entier. Dans cette affaire, la matière première avait sa part : le kaolin et le quartz pour la céramique, les peaux et le tanin de châtaignier pour la chaussure et la ganterie. Mais ce sont ses chefs d'entreprise, ses négociants, ses artisans et sa main d'oeuvre qui ont joué les premiers rôles dans la dynamique de la ville, avec un savant mélange de professionnels, d'artistes et d'investisseurs venus d'ailleurs, tels les Haviland, les Ahrenfeldt, les Legrand etc., et d'hommes d'initiative autochtones, les Bernardaud, Raynaud et tant d'autres de branches diverses. Camille Fauré a toute sa place dans cette histoire. Cet homme issu d'une famille de peintres en voitures originaires du Midi toulousain est arrivé très jeune à Limoges vers 1885 avec père, oncles et cousins, tous peintres en lettres et en bâtiment, tous venus chercher fortune dans une ville en pleine croissance, après une quarantaine d'années passées à Périgueux, dans le chef-lieu de la Dordogne d'alors. Peintres en lettres spécialistes des travaux délicats, à eux les vitrines des boutiques modernisées, les réclames murales qui envahissent les façades, le faux marbre et les lambris tout-venant des maisons bourgeoises et des châteaux qui se multiplient aux portes de la cité, sans parler des intérieurs d'églises à réhabiliter et des chapelles nobiliaires !

Limoges ville internationale

Plus important encore pour notre histoire, les deux industries phares de la ville, la porcelaine et la chaussure, étaient par nature étroitement dépendantes des effets de mode, du goût des consommateurs et de l'export. Deux activités qui obligeaient industriels et créateurs de décors à adhérer aux attentes de la clientèle et à fréquenter les lieux et les salons où les choses se passent. Bien qu'à quatre cents kilomètres de Paris, nul ici ne pouvait se permettre de se laisser distancer. Les relations Paris-Limoges s'étaient banalisées, comme entrées dans les moeurs ; le chemin de fer aidant, la distance n'était plus un problème, et l'on voit les jeunes loups de l'émaillerie, tout juste sortis de l'École Nationale d'Art décoratif de Limoges (ENAD devenue ENSA aujourd'hui), partir en 1902 exposer leurs pièces dans les Salons de la capitale et d'Europe, forts de leurs vingt-cinq ans et de la référence «Limoges» : Salon des Indépendants, Salon des Artistes français ; ce sera même, en 1911, le Musée Galliera pour Jules Sarlandie. Au-delà, ce sont, outre celle de Paris 1900, les Expositions internationales de Liège, Barcelone, Milan... Pour la seule année 1902, Jules Sarlandie, qui n'a pas encore trente ans mais s'est déjà fait un nom, s'offre l'Exposition de Lille, avec un envoi important ; il reçoit un Grand prix à celle de Nice, participe au jury de la Foire de Lyon et se fait remarquer aux Salons de Paris et de Bordeaux. Cette ouverture sur les marchés extérieurs à la ville se retrouve chez les peintres chambrelans (indépendants) regroupés pour l'occasion et qui ont créé une «Collectivité des Peintres Chambrelans» : en 1902 toujours, ils vont eux aussi présenter leur travail à Lille, ainsi qu'à Cognac à l'invitation de la Société des Amis des Arts. Invitation qui doit peut-être quelque chose à Adrien Dubouché, l'homme qui dota Limoges d'un musée national consacré à la céramique : il était marié à une riche héritière du Cognac !

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