Sempé à New York / Passion du livre

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.. Sempé à New York

Couverture du livre Sempé à New York

Auteur : Sempé

Date de saisie : 08/12/2016

Genre : Humour

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Humour

Prix : 28.00 €

ISBN : 9782207136140

GENCOD : 9782207136140

Sorti le : 04/11/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Dès son adolescence à Bordeaux, Sempé rêvait de pouvoir intégrer la famille des dessinateurs du New Yorker, le prestigieux magazine américain dont il admirait l'esprit.
Ce rêve devenu possible, en 1978, il se rend régulièrement à New York pour travailler avec une équipe qui lui laisse une totale liberté.
Bien que Français, Sempé dessine cent neuf couvertures et autant de «cartoons» en pages intérieures, ce qui est sans précédent dans l'histoire d'un magazine américain.
Ces dessins new-yorkais, dont de nombreux inédits, sont ici rassemblés pour la première fois et accompagnés d'un entretien avec Marc Lecarpentier Ils expriment le bonheur de vivre dans une ville unique, avec ses chats insouciants et ses humains minuscules, sa frénésie, ses nuages, son gigantisme, ses jazzmen et ses jardins oubliés.





  • La revue de presse Eric Chevillard - Le Monde du 8 décembre 2016

Paraît aujourd'hui en librairie une édition augmentée de Sempé à New York (Denoël, 2009), qui rassemble les couvertures que celui-ci a dessinées pour l'hebdomadaire The New Yorker depuis 1978 et nous donne à lire aussi un entretien avec Marc Lecarpentier, consacré à cette aventure américaine. En feuilletant ces pages, nous sommes de nouveau émus par la délicatesse du trait, la subtilité et la mélancolie de cet humour, une espèce d'élégance morale aussi, discrète, sans affectation. «On est vraiment minuscules», répète Sempé, toujours surpris et amusé par l'extraordinaire et si dérisoire aplomb de ses semblables.



  • Les premières lignes

"Vous devriez regarder ce que font ces gens. "
Entretien avec Marc Lecarpentier.

Marc Lecarpentier : Vous souvenez-vous de votre premier voyage à New York ? Jean-Jacques Sempé : Oui, très bien. C'était en 1965, je crois, avec mon premier éditeur chez Denoël, Alex Grall. Philippe Rossignol, qui dirigeait la maison, m'avait invité à l'accompagner. Je savais qu'il parlait parfaitement l'anglais et qu'il connaissait bien la ville. J'étais ravi de cette proposition. Nous étions de simples touristes, de simples visiteurs.

- Dès ce premier voyage, vous avez aimé New York ?
- Oh oui, oui, beaucoup. Mais, j'étais malheureux de ne pas parler l'anglais. Je me sentais un peu minable de ne pas parler la langue, vraiment. Cette ville m'avait semblé pleine de vie. Tout le monde, là-bas, se débrouille, tout le monde cherche à se débrouiller. Ce qui m'avait le plus ébloui, c'est ce que j'ai raconté bien plus tard dans le livre Par Avion, c'est la capacité de réaction de chacun : on est dans la rue, bon, il se met à pleuvoir, aussitôt on vous propose des parapluies. Il s'arrête de pleuvoir, aussitôt ce ne sont plus des parapluies, ce sont des montres que l'on vous propose, ou des cravates ou autre chose. Tout le monde s'adapte très vite aux circonstances.
Paris me paraissait une ville très dure. Très, très dure... Une ville assez bourgeoise, très bourgeoise. New York, pas du tout... Peut-être parce que les gens savent là-bas ce que c'est de venir dans un endroit pour trouver du travail.

- Qu'est-ce qui vous a séduit, en premier lieu ?
- La couleur, je crois. C'est très coloré, New York, il y a plein de couleurs partout. Ah, oui ! Il y a des maisons rouges, vertes, jaunes. Alors que Paris est gris-bleu, New York est très, très coloré.

- Vous n'avez pas été surpris ou gêné par le gigantisme de la ville ?
- Pas du tout ! Quand j'étais venu de Bordeaux à Paris, j'avais eu ce choc. J'étais étonné de la hauteur des immeubles parisiens. Mais, à New York, ça me semblait normal. Je trouvais ça très beau.

- Pas du tout écrasant ?
- Ah, pas du tout ! Pour moi, c'est exactement le contraire. À New York, on a de la place. Et l'air est meilleur qu'à Paris ! New York, c'est un port, il ne faut pas l'oublier ! Non, ça n'écrase pas du tout. Ce n'est pas l'impression que j'ai ressentie. Ce n'est pas parce que je me sentais minuscule au milieu des gratte-ciel que je me sentais écrasé, non. Je me sentais seulement minuscule auprès de gratte-ciel immenses. C'est la vie. C'est comme dans une prairie en France, un jour où il fait soleil et qu'il y a seulement quelques nuages, et qu'on peut voir au loin. On ne se sent pas très grand non plus, hein, à ce moment-là ? Ça m'a toujours étonné ce sentiment des êtres humains qui ne se rendent pas compte combien ils sont - moi compris bien sûr - minuscules. On est vraiment minuscules.
Alors oui, à New York, c'est comme ça. Quand on sort, quand on a un rendez-vous, on sait qu'on va dans tel ou tel building, il y a comme une sorte d'aspiration. Il se dégage de ces buildings une telle force, c'est tellement grand, qu'on ressent une sorte d'énergie factice parce qu'on a l'impression d'agir ! D'être presque important alors qu'on ne l'est pas du tout. C'est ce que je trouve très amusant, à New York. Tout devient très important ! Un rendez-vous c'est important. Une rencontre avec quelqu'un, c'est important. Le mot important, revient tout le temps. Comme si chaque événement comptait. Sans ça, que deviendrait-on... Mais ce sont des impressions. Évidemment, je n'y ai pas vécu ! Il aurait fallu que j'y vive plusieurs années.

- Là, vous passiez en simple touriste, finalement ?
- Oui, je suis resté une quinzaine de jours. Je me promenais, je regardais. Je suivais Alex Grall qui allait voir des gens pour ses affaires. Ça me permettait de rentrer avec lui dans les bureaux. J'étais émerveillé. Ma seule gêne, vraiment, c'était la langue...

- Vous êtes allé dans les musées, quand même ?
(...)


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