Je regarde passer les chauves / Passion du livre

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.. Je regarde passer les chauves

Couverture du livre Je regarde passer les chauves

Auteur : Sandrine Senes

Préface : Chantal Lauby

Date de saisie : 03/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Quadrature, Louvain-la-Neuve, Belgique

Prix : 10.00 €

ISBN : 9782930538662

GENCOD : 9782930538662

Sorti le : 10/11/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Qu'elle croise un bellâtre qui admire son reflet dans une vitre, un gros caïd qui lit Babar à son bébé, une femme qui se prend pour un contrôleur de train ou un vieux chauve qui lui rappelle un chauve plus jeune, l'auteure met en lumière des anonymes croisés dans le métro. Drôles, tendres ou acides, ses portraits, qui nous dévoilent aussi un peu d'elle, nous donnent envie de relever la tête pour regarder les autres.

Sandrine Senes est auteur et scénariste pour la télévision. Elle a écrit et joué également des «Seule en scène» à Paris et ailleurs.

Recueil préfacé par Chantal Lauby

L'objectif des Éditions Quadrature est à la fois modeste et ambitieux : se dédier complètement à la nouvelle de langue française.





  • La revue de presse Baudouin Eschapasse - Le Point, mars 2017

À la faveur de courts textes, souvent irrésistibles, parfois involontairement philosophiques, elle décrit des scénettes vécues par l'auteur dans les transports en commun de la capitale. On y rencontre des chauves donc, dont le crâne lustré rappelle à Sandrine un ancien amour, des préadolescentes qui se la racontent, des mamies à chien-chien, des dragueurs narcissiques et des mendiants bouleversants. Toute une population que l'on regarde, sans la voir, le temps d'une poignée de stations et que Sandrine Senes nous amène à envisager comme un kaléidoscope, présentant à chaque page une facette toujours renouvelée d'une même humanité...
Ses talents d'observation, où coexistent naïveté et acidité, alimentent l'ouvrage très personnel qu'elle publie aujourd'hui. Un livre où les réalités du quotidien sont métamorphosées en éclats de rire. Où ses descriptions empruntant tantôt au style lapidaire de Philippe Delerm ou à l'humour absurde de Sylvie Joly... trahissent surtout la formidable empathie de l'auteur...
En attendant, son livre qui transforme en voyage joyeux le moindre trajet dans une rame bondée fait son chemin en toute discrétion. Il en est aujourd'hui à sa troisième réimpression.



  • Les premières lignes

Chauves

Et voilà, ce matin, je compte encore les chauves.
Dans mon wagon il y en a six. Trois avec des lunettes dont un qui a gardé les bosquets touffus sur les côtés, un qui a le crâne très lustré, passé à la cire, comme s'il partait faire un concours de chauves et un qui ne sait pas qu'il est chauve, avec sa main il a l'air de se repeigner.
Il y en a un autre très branché, très rasé, très libre dans sa tête, plus fou sans ses cheveux. Un qui ressemble à Potiron, l'ami de Oui Oui (pour les plus cultivés), sa barbe et ses cheveux ne font qu'un, s'entremêlent pour brouiller les pistes. Et encore un autre qui a fait de sa dernière mèche un joli rideau ajouré, son dernier rempart...
J'ai aimé un chauve. Pour certains il aurait été trop chauve, pour moi il était parfait. Je ne l'aime plus. Il m'a juste laissé le gout des chauves.
Je ne les trouve plus moches et, quelquefois, j'ai même envie de leur caresser un peu le crâne. Juste pour me souvenir.

Petit oiseau

Un homme, t-shirt jaune canari, baisse pour moi le siège d'un strapontin. C'est drôlement gentil ça. C'est si rare.
Je m'assois mais il ne veut pas lâcher le siège. Il veut pas. Non, non, non. Du coup je suis un peu assise sur sa main.
C'est plus embêtant.
Il entame la conversation et me demande de quelle région je viens. Au sourire de la femme assise en face de moi, je comprends qu'elle aussi a dû avoir affaire à lui. Je lui dis que je viens d'une contrée lointaine, le XVe arrondissement. Il ne parle plus. Il est tétanisé. Il ne doit vraiment pas aimer les gens de cet endroit. Je lui ai cloué le bec au petit oiseau.
Ce n'était pas volontaire mais l'avantage c'est qu'il vient de retirer sa main qui m'obligeait à rester un peu courbée. Du coup, j'ose m'installer plus confortablement.
Maintenant, il se tape la tête avec son poing comme pour se punir et il se fait une crête avec sa main.
Ce n'est pas évident à porter mais à lui, ça lui va bien !


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