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Couverture du livre Nous

Auteur : Tristan Garcia

Date de saisie : 07/12/2016

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Figures

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782246858409

GENCOD : 9782246858409

Sorti le : 09/11/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Tristan Garcia propose ici un modèle original des identités politiques. Empruntant à toutes les traditions, du marxisme au fascisme, de la pensée libérale à la pensée réactionnaire, du féminisme, de l'anticolonialisme, de l'éthique animale ou de l'écologie profonde au fondamentalisme religieux, il s'intéresse également aux grands discours et aux petites phrases, il prend au sérieux les manifestes, les slogans aussi bien que les chansons qui parlent de «nous», pour tâcher d'élucider notre condition embrouillée.
Le livre donne ainsi à voir le «nous» comme une superposition de calques, de plans transparents de notre imaginaire, sur lesquels nous prétendons tous découper l'espace social en espèces, en genres, en races, en classes ou en générations, pour nous y situer. Ce qui en ressort est un modèle inédit et vivant de ce que nous sommes, une identité dynamique, qui s'étend et se replie sans cesse suivant une logique que l'auteur révèle peu à peu, au fil d'un récit historique et intellectuel construit comme une enquête palpitante.
C'est également une tentative radicale de repenser l'existence politique en trouvant dans la «guerre de nous contre nous» une forme universelle qui nous tient toujours ensemble, au moment précis où elle paraît nous déchirer.

Tristan Garcia est né en 1981 et enseigne la philosophie à l'université Lyon III. Il est l'auteur de plusieurs romans aux éditions Gallimard, de La Meilleure Part des hommes (2008) à 7 (2015), d'une somme de métaphysique (Forme et objet. Un traité des choses. PUF, 2011) et d'essais, dont, récemment, La Vie intense, aux éditions Autrement.





  • La revue de presse Juliette Cerf - Télérama du 7 décembre 2016

Dans un essai exigeant et puissant, le philosophe et romancier fait le tour de la première personne du pluriel, du nous universel au nous communautaire...
Que se passe-t-il quand nous disons «nous» ? Cette passionnante question, à l'intensité circulaire et concentrique, emporte de part en part le nouvel essai (parfois ardu) du jeune philosophe et romancier Tristan Garcia, né en 1981, et aussi à l'aise dans la totalité exigeante de la métaphysique que dans l'éclectisme de la pop culture. Nous, le titre est clair : saisie par la plume scalpel de Garcia, l'ambiguïté de ce pronom de la première personne du pluriel saute aux yeux du lecteur dès les premières pages...


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, novembre 2016

Pour Tristan Garcia, le pronom "nous" peut embrasser "tout ce qui se trouve entre moi et le reste du monde, et par quoi plusieurs sujets se situent, se limitent, négocient ce qu'ils ont d'identique et de différent."...
En outre, à travers de de nombreux exemples, Tristan Garcia revient à l'individu pour montrer que chacun n'est autre que le fruit d'une succession et d'un chevauchement d'une infinité de "nous". Et si le pluriel était la meilleure façon de déterminer le singulier ?


  • La revue de presse Mathieu Potte-Bonneville - Le Monde du 24 novembre 2016

Faut-il voir, dans cet affrontement pour le droit de dire «nous», la tragédie d'une nation en perte de repères ou la vérité précaire de la vie sociale ? Telle serait plutôt la thèse de Tristan Garcia, trentenaire dont l'oeuvre commence à marquer d'un sillon également profond la littérature et la philosophie françaises. Son livre rebrousse le chemin philosophique traditionnel : il ne s'agit pas ici de rapporter la confusion de la politique, son fracas d'opinions et d'ambitions subjectives, à l'unité du politique et de ses principes fondateurs...
De ce vertige à plusieurs, le livre propose à la fois l'anatomie et le diagnostic, dans un étrange ­dédoublement. D'un côté, Tristan Garcia adopte la froideur du logicien. Refusant de hiérarchiser a priori les identités collectives, de juger celles-ci plus dignes ou celles-là plus infréquentables, il décrit les dilemmes à l'oeuvre sitôt qu'il faut dire «nous» : comment nous devenons nécessairement partiaux, combien nous hésitons à trouver un appui dans l'entre-soi ou l'opposition aux autres, ou encore pourquoi plus nous aspirons à une communauté ouverte, plus nous nous exposons à voir proliférer schismes et groupuscules...
C'est l'une des beautés de ce livre : aux dernières pages, le romancier rejoint le philosophe, l'incertitude sur l'identité est profondément personnelle, le «nous» ­académique qui portait le propos se révèle n'être, au fond, que le «nous» incertain avec lequel, ou au bord duquel, chacun est aujourd'hui commis à vivre et à penser.



  • Les premières lignes

La première personne du pluriel

Admettons que le sujet de la politique, c'est nous.
La première personne du pluriel a ceci de particulier, par contraste avec la première du singulier, qu'elle permet une variation permanente d'amplitude, puisqu'elle peut désigner aussi bien «toi et moi» que la totalité de ce qui vit, et au-delà. Imaginons un cercle, que nous appellerons le «cercle de nous», et représentons-nous son extrême contraction autour de nos proches, de notre famille, de notre clan, de notre tribu, de notre communauté ou au contraire sa diffusion dans l'espace social, jusqu'à l'ensemble des êtres sensibles, des animaux, voire de certains végétaux. À chaque diamètre de ce cercle qui augmente ou diminue correspond un état donné de nous. Il existe donc autant de sujets politiques que d'états de nous, c'est-à-dire d'extensions possibles de ce cercle imaginaire.
«Nous», c'est cette forme ectoplasmique de la plupart des langues humaines, qui peut embrasser successivement tout ce qui se trouve entre moi et le reste du monde, et par quoi plusieurs sujets se situent, se limitent, négocient ce qu'ils ont d'identique et de différent, et font de la politique.
Quel que soit notre degré d'engagement, notre ligne et notre camp, que nous soyons militant professionnel, simple sympathisant, citoyen sceptique aux convictions fluctuantes, socialiste, social-démocrate, militant LGBTI, wahhabite takfiriste, trotskiste de l'Organisation communiste internationale, indépendantiste, pabliste, tiers-mondiste, néoconservateur, autonome, indigéniste, anticolonial, Intouchable du Bahujan Samaj Party, républicain, baasiste, national-patriote, fasciste, apolitique, chrétien-démocrate, mormon, promoteur de la troisième voie, défenseur welfariste du bien-être animal, juif sioniste, panafricaniste, deep ecologist tenant de l'écosophie-T, suffragette, bolivarien, anarchiste, néonazi, républicain, homo-nationaliste ou fémonationaliste, travailliste, décroissant, libéral-libertaire, monarchiste constitutionnel, partisan du Black Nationalism, menchevik, bouddhiste de la Soka Gakkai, abolitionniste, militant pour les droits civiques, djihadiste sunnite, réformateur, activiste pro-life, nous ne pouvons pas nous empêcher de dire «nous».
Et l'essentiel du discours politique consiste à définir ce que nous entendons par ce «nous», quels sont nos droits, nos revendications légitimes, notre conception de l'ensemble de la société, mais aussi à identifier en négatif ceux qui s'opposent à nous, les ennemis que nous désignons par «vous» ou par «eux». Faites un instant l'effort de ne pas distinguer parmi toutes les congrégations ou les confréries possibles celles dont vous vous sentez proche et celles qui vous semblent trop lointaines, presque exotiques. (...)


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