L'Egypte des pharaons : de Narmer, 3150 av. J.-C., à Dioclétien, 284 apr. J.-C. / Passion du livre

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Couverture du livre L'Egypte des pharaons : de Narmer, 3150 av. J.-C., à Dioclétien, 284 apr. J.-C.

Auteur : Damien Agut-Labordère | Juan Carlos Moreno-Garcia

Date de saisie : 02/11/2016

Genre : Histoire

Editeur : Belin, Paris, France

Collection : Mondes anciens

Prix : 49.00 €

ISBN : 9782701164915

GENCOD : 9782701164915

Sorti le : 11/10/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Depuis une trentaine d'années, les découvertes archéologiques mais aussi le réexamen des données anciennes ont profondément renouvelé notre connaissance de l'Égypte ancienne. Ces avancées permettent aujourd'hui de proposer un récit neuf, dégagé de la routine de l'histoire cyclique où, entre les «empires» forcément fastueux, viennent s'intercaler de sombres «périodes intermédiaires» marquées du sceau de la décadence.
Les seize chapitres qui composent ce volume évoquent autant de moments de cette longue histoire qui commence à la fin du IVe millénaire av. J.-C. et s'achève avec la conversion des empereurs romains au christianisme. Malgré les transformations écologiques, géostratégiques, sociales et économiques que connut l'Égypte durant ces trois millénaires, ses rois, même ceux qui venaient de Perse, de Macédoine ou de la lointaine Rome, se glissèrent dans un costume politique taillé à la fin du IVe millénaire av. J.-C.
Le pouvoir pharaonique en fut-il, pour autant, immuable ? Il faut, pour répondre, ne pas se laisser aveugler par les textes et les monuments suscités par les pharaons eux-mêmes : pyramides écrasantes, temples gigantesques, somptueux masques d'or donnent en effet une image pour le moins erronée d'omnipotence. Illusion qui vole en éclats si l'on abandonne le mythe de l'exception égyptienne et que l'on envisage l'histoire politique des monarchies comme participant à celle, plus générale, des mondes anciens.
Près de trois cents documents iconographiques, une trentaine de cartes illustrent cette histoire de l'Égypte des Pharaons.

Damien AGUT, docteur en égyptologie, épigraphiste, spécialiste de l'écriture démotique et de l'histoire du Ier millénaire av. J-C. ; chargé de recherches au CNRS, membre de l'UMR Arscan-HAROC (Nanterre), membre du programme Achemenet.
Juan Carlos MORENO-GARCIA, docteur en égyptologie, spécialiste d'histoire économique et sociale des IIIe et IIe millénaires avant av. J-C, directeur de recherches au CNRS, membre de l'URM 8167- Orient et Méditerranée, université Paris-IV.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

POUR UNE HISTOIRE PRAGMATIQUE DE L'ÉGYPTE PHARAONIQUE

«Tâchons de voir dans les hommes autre chose que des curiosités de musée.»
Georges Bernanos, janvier 1908.
Lettre à son ami Yves de Coleville.
Correspondance, tome III, Lettres retrouvées, Plon, 1983, Lettre n° 1.

«Sa figure lisse, imberbe, aux grands traits purs, qu'il ne semblait au pouvoir d'aucune émotion humaine de déranger et que le sang de la vie vulgaire ne colorait pas, avec sa pâleur morte, ses lèvres scellées, ses yeux énormes, agrandis de lignes noires, dont les paupières ne s'abaissaient non plus que celles de l'épervier sacré, inspirait par son immobilité même une respectueuse épouvante.» Tel apparaît le pharaon du Roman de la momie de Théophile Gautier. Cette figure à l'autorité presque inhumaine, on la retrouve, à l'écran, dans le Ramsès II incarné par Yul Brynner dans Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1956). Voici donc le maître d'une histoire qui ne saurait être écrite qu'en recourant à l'hyperbole. Dans les ouvrages de vulgarisation, comme dans une partie de l'historiographie, la monarchie pharaonique est ainsi spontanément associée aux notions d'«empire», de «grandeur» ou encore de «gloire». Mis bout à bout, les titres des ouvrages et des catalogues d'exposition traitant des rois de l'Égypte ancienne épuisent le champ sémantique de la puissance.
Si l'égyptophile y trouve son content de faits et d'émotions, l'historien et l'amateur d'histoire demeurent le plus souvent perplexes devant de telles évocations. À quoi tient ce sentiment d'étrangeté ? D'abord au fait que, si l'historien est un ogre qui fait ventre de tout, il est cependant une chose qu'il ne pourra jamais digérer : l'éternité. Scrutant les inflexions, cherchant les ruptures, il se tient à l'affût des traces laissées par le passage du temps. Ainsi, s'il est tout à son aise dans les «sociétés chaudes», soumises à des processus de transformation continue, il peine en revanche avec les mondes «froids» : traditionalistes, conservateurs, où le temps semble, si ce n'est figé, tout du moins ralenti. De ce point de vue, cette Egypte, que l'on dit précisément «éternelle», ne saurait faire entièrement partie de son domaine. Comment en effet raconter l'histoire d'une forme politique qui perdura durant près de trois millénaires et demi ?
Au milieu du XIXe siècle, le savant allemand Karl Richard Lepsius (1810-1884) proposa une solution qui emporta d'emblée l'adhésion générale. Lepsius découpa cette immense plage de temps en cycles. Selon cette périodisation, trois empires (Reichen) se seraient ainsi succédé en Égypte aux IIIe et IIe millénaires. Entre chacun de ces apogées, il inséra des «périodes intermédiaires» (Zwischenzeit), marquées, selon lui, par un affaissement généralisé des formes politiques mais aussi esthétiques. Repris par l'égyptologie française (qui conserva le terme d'«Empire») et anglaise (qui, moins emphatique, retint celui de «Kingdom»), ce mille-feuilles constitue, aujourd'hui encore, la base de l'histoire de l'Égypte ancienne telle que nous nous la racontons. Parachevant son oeuvre, Lepsius prit soin d'intégrer au découpage qu'il proposait les trente et une dynasties définies par Manéthon, un historiographe d'origine égyptienne qui vécut au IIIe siècle av. J.-C. Chaque «empire» et chaque «période intermédiaire» se vit ainsi assignées un certain nombre de dynasties, donnant à l'histoire de l'Égypte pharaonique l'aspect rassurant d'un parterre parfaitement ordonné. Avec le temps, le découpage de Lepsius acquit le statut d'une réalité scientifique, au point que l'ensemble des données philologiques et archéologiques sont, aujourd'hui encore, organisées selon ce modèle.


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