Mademoiselle Belle : nouvelles de jeunesse / Passion du livre

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.. Mademoiselle Belle : nouvelles de jeunesse

Couverture du livre Mademoiselle Belle : nouvelles de jeunesse

Auteur : Truman Capote

Traducteur : Nicolas Richard

Date de saisie : 11/10/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 16.00 €

ISBN : 9782246859352

GENCOD : 9782246859352

Sorti le : 05/10/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Les nouvelles inédites d'un génie de la littérature américaine

Récemment découvertes dans les archives de la New York Public Library, ces quatorze nouvelles écrites par le jeune Truman entre ses quinze et dix-neuf ans forment un recueil d'une impressionnante maturité. Elles permettent d'observer son style en puissance, sa fascination pour l'intimité des gens ordinaires et la place centrale du sud des États-Unis dans son oeuvre. Truman Capote affine ses registres, il crée des univers éphémères et élabore d'intenses personnages - l'insaisissable Mademoiselle Belle vivant retirée dans son domaine de Rose Lawn, Lucy à la magnifique voix teintée de blues qui arrive à New York pour travailler au service d'une famille blanche, ou Sally, la rêveuse, qui fait défiler ses vies fantasmées pendant les cours de mathématiques...
Les nouvelles inédites regroupées dans ce recueil dessinent un parcours à travers les racines de l'oeuvre de Truman Capote, révélant les contours de son premier roman débuté à l'âge de dix-neuf ans, La Traversée de l'été, mais aussi les prémices de ses futurs grands classiques : Petit déjeuner chez Tiffany et De sang-froid.

Truman Capote, né en 1924 à la Nouvelle Orléans et mort en 1984, est l'auteur de Petit-déjeuner chez Tiffany (1958) et de De sang-froid (1966). La parution posthume de Prières exaucées, roman inachevé (Grasset, 1988, puis réédité en Cahiers Rouges avec des lettres inédites, 2006) et de La traversée de l'été (Grasset, 2006) a créé l'événement dans le monde entier.





  • Les premières lignes

La croisée des chemins

Le crépuscule descendait ; les lumières de la ville, au loin, commençaient à scintiller ; sur la route brûlante et poussiéreuse, deux silhouettes avançaient, celle d'un homme imposant et vigoureux, et l'autre jeune et délicate.
La chevelure rousse flamboyante de Jake lui encadrait le visage, ses sourcils ressemblaient à des cornes, ses muscles volumineux étaient menaçants, sa salopette usée et déchirée, et ses orteils transperçaient la toile de ses chaussures. Il se tourna vers le jeune gars qui marchait à côté de lui et dit : «Je crois bien qu'il est temps de dresser le camp pour ce soir. Tiens, gamin, prends ce ballot et pose-le donc là ; ensuite va chercher du bois - et grouille-toi. J'ai envie de préparer la graille avant la tombée de la nuit. Faut pas qu'on se fasse repérer. Allez vas-y, tarde pas.»
Tim obéit et se mit à ramasser du bois. Ses frêles épaules ployaient sous l'effort, ses traits émaciés étaient tendus sur ses os saillants. Son regard était torve mais bienveillant ; il s'activait en faisant la moue, avançant sa bouche rouge cerise.
Il rassembla un beau tas de bois pendant que Jack découpait des tranches de lard, qu'il déposa dans la gamelle enduite de graisse. Puis, comme le bois était prêt pour faire un feu, il fouilla dans sa salopette à la recherche d'allumettes.
«Bon sang, où est-ce que je les ai mises ? Elles sont où ? C'est pas toi qui les as, gamin, si ? Dingue, c'est bien ce que je pensais. Ah, les voilà.» Il sortit une pochette d'allumettes de sa poche, en alluma une, et protégea la flamme fluette de ses mains rugueuses.
Tim mit la gamelle avec le lard sur le petit feu qui prenait rapidement. Le lard resta tel quel pendant une minute environ, puis il y eut un début de grésillement et il se mit à frire. La viande dégageait une odeur franchement rance. Les vapeurs exhalées rendirent Tim encore plus livide qu'il ne l'était.
«Dis donc, Jake, je sais pas si je vais pouvoir avaler cette saleté. J'ai l'impression qu'il est plus bon, ton lard. Je crois qu'il est avarié.
- Tu mangeras ça ou rien. Tu serais pas si radin avec ton pognon, on aurait pu se dégoter un truc correct à manger. Fichtre, gamin, tu as un petit pactole de dix dollars. Me dis pas que tu vas tout dépenser, rien que pour rentrer chez toi.
- Mais si, j'ai déjà fait le calcul. Le billet de train va me coûter cinq dollars et je veux m'acheter un habit neuf, à peu près trois dollars, ensuite je veux offrir un truc chouette à m'man, environ un dollar ; et je me dis que, pour la graille, j'en aurai pour un dollar. Je veux des habits corrects. M'man et les autres savent pas que j'ai été en vadrouille dans tout le pays ces deux dernières années ; ils me croient commis voyageur - c'est ce que je leur ai écrit ; ils pensent que je reviens à la maison pour quelque temps avant de repartir faire un petit voyage quelque part.
- Je devrais te piquer ton flouze - j'ai rudement la dalle - je pourrais te la piquer, cette thune.»
(...)


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