Un si long chemin jusqu'à moi / Passion du livre

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.. Un si long chemin jusqu'à moi

Couverture du livre Un si long chemin jusqu'à moi

Auteur : Fabienne Périneau

Date de saisie : 07/02/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Roman français

Prix : 18.90 €

ISBN : 9782207135426

GENCOD : 9782207135426

Sorti le : 22/09/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Tout commence à Roissy, ce fameux jour de 2010 où un volcan islandais au nom imprononçable, l'Eyjafjöll, s'est brusquement réveillé, interdisant tout trafic aérien. Ce jour-là, Arielle, restauratrice de tableaux, devait s'envoler pour le Japon. Elle vit depuis des années sous la coupe de son mari, un obstétricien de renom, qui l'a isolée de ses amis, poussée à abandonner son métier et à prendre des médicaments pour la calmer, dit-il... D'autant que Daniel, son frère jumeau, son confident, est mort brutalement il y a quelques mois. Dans le chaos de l'aéroport un homme, Jack, séduisant et étonnamment généreux, propose de la ramener à Paris.
Cette rencontre est-elle l'amorce d'une renaissance pour Arielle ?
Quel chemin Arielle empruntera-t-elle pour sortir de son chagrin et de l'enfermement dans lequel son mari la maintient depuis des années ?

Fabienne Périneau est comédienne et dramaturge. Un si long chemin jusqu'à moi est son premier roman.





  • La revue de presse Christophe Barbier - L'Express, janvier 2017

Fabienne Périneau dresse le portrait d'une époque dominée par le narcissisme pervers, cette ruse du mâle contemporain pour maintenir son emprise sur les femmes...
Avec fragilité, Fabienne Périneau explore les possibilités de résistance, de la fuite à la révolte en passant par l'illusoire liberté qu'offrent les amants.



  • Les premières lignes

C'est là que tout avait recommencé.
Impossible d'atterrir ou de décoller à l'aéroport de Roissy.
Dix-huit heures.
Il ne l'a pas remarquée tout de suite.
Elle n'est pas remarquable non plus, avec son visage enfoui derrière ses longs cheveux bruns. Ses yeux bleus, rouges de trop de larmes. Son teint fané par les cigarettes et les verres d'alcool ingurgités ces dernières semaines. Son pull taché de morve et de rimmel. Ses bottes sales de tant de gadoue.
Le corps éteint dans un imperméable noir, le ventre rongé par une bande de rats qui grouillent à l'intérieur, ce ventre qui lui fait si mal.
Depuis quatre mois, Arielle grelottait de tristesse.
Elle est assise sur un de ces bancs en fer gris, international, froid, sans géographie précise.
Dans le hall, des voyageurs, arrêtés dans leur envol. Un jeune couple s'engueule, leur voyage de noces au Mexique est remis à plus tard. Un guitariste en jean sort sa guitare. Un homme, polo et pull cachemire, s'excuse au téléphone, il ne rentrera pas chez lui ce soir, soulagé, il raccroche et respire. Un groupe de touristes marseillais parle anglais à un groupe de touristes libanais. Un homme d'affaires, en transit, desserre sa cravate. Une jeune fille blonde regrette son short enfilé trop vite, Bangkok ce n'est pas pour demain. Un Asiatique éteint son portable, sa femme remonte ses chaussettes. Un Zimbabwéen, en tongs et Ray Ban, explique à une journaliste que son visa français expirera dans deux heures, et qu'il sera donc officiellement clandestin. Le guitariste gratte deux accords. Un couple de vieux, qui en a vu d'autres, se donne la main. Deux petites filles, longues en jambes, jouent à maison magique sous le regard émerveillé de leurs parents qui n'en reviennent pas de tant de grâce. Dans un coin, une femme en fauteuil roulant patiente le temps que la vie s'écoule.
Qu'on soit d'ici ou là, peu importe, on est tous en transit.
Arielle attend.
À côté d'elle, Mathieu, son mari, concentré sur ses derbys en cuir marron clair, Anilou Mélèze, c'est la dénomination exacte dans le catalogue. Il ne regrettait vraiment pas son choix d'investir deux fois par an dans une belle paire de chaussures, hors de prix certes, mais indémodable et inusable. Elles sont vraiment impeccables, comme neuves. Le vendeur avait insisté, ne pas mégoter sur le cirage, faire un roulement, ne pas les porter deux jours de suite. Peut-être qu'il devrait les faire ressemeler, au bout de huit ans peut-être que... ? Oui, huit ans. Quelques semaines après avoir rencontré Arielle. Elle l'avait accompagné, et ils avaient choisi le modèle et la couleur ensemble. Il allait toujours dans la même boutique, boulevard des Capucines, le vendeur le reconnaissait ou peut-être faisait-il semblant, mais depuis deux ans il allait acheter ses chaussures seul.


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