Haut domaine / Passion du livre

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Couverture du livre Haut domaine

Auteur : Dan O'Brien

Traducteur : Walter Gripp

Date de saisie : 13/10/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 979-10-307-0072-5

GENCOD : 9791030700725

Sorti le : 08/09/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Un enfant, un serviteur noir, un vieil excentrique et sa femme, deux déracinés...
Par la voix singulière de personnages bouleversés face à une nature qui les dépasse ou une existence qui les met au défi, dix nouvelles, lauréates de l'lowa Short Fiction, comme autant d'hymnes discrets à la persévérance et au pouvoir rédempteur de l'amour pour les grands espaces et les hommes.

Éleveur, fauconnier et grand écrivain emblématique de l'Ouest américain, Dan O'Brien est l'auteur de plusieurs classiques du nature writing, Les Bisons de Broken Heart, Rites d'automne, Wild Idea. Spécialiste des espèces en voie de disparition, il a fondé dans le Dakota du Sud la Wild Idea Buffalo Company, entreprise familiale d'élevage de bisons dans le respect de l'éthique indienne. Il enseigne aussi la littérature et l'écologie des Grandes Plaines.





  • La revue de presse Emilie Grangeray - Le Monde du 1er septembre 2016

Ecrivain de nature writing, Dan O'Brien est emblématique du Grand Ouest américain. Le recueil de nouvelles Haut domaine fait songer à la grande Annie Proulx. Ou, parfois, à la prose acide et lucide de Iain Levison, l'auteur d'Un petit boulot (Liana Levi, 2003 ; au cinéma depuis le 31 août).



  • Les premières lignes

L'hiver du chat

Je vivais seul avec mon père. Ma mère, je ne l'avais jamais vraiment connue. Pour moi c'était juste une dame aux cheveux bruns qui venait parfois se pencher au-dessus de mon lit tard le soir. Quelquefois, je l'entendais rire dans la pièce d'à côté. D'autres fois, je l'entendais élever la voix ou pleurer. Je n'en ai jamais su assez sur elle pour m'en faire une idée juste. La seule vraie information dont je disposais, c'était qu'elle habitait le Dakota du Nord. Un jour, peu de temps après son départ, j'ai trouvé une carte et j'ai localisé le Dakota du Nord. J'étais très jeune et mon imagination s'est emparée de la ville de Fargo, un point sur la carte, loin de notre maison.
On habitait aux abords d'Hector, dans le Minnesota. Mes copains de l'école se demandaient à quoi ça ressemblait de ne pas avoir de mère. Ils étaient persuadés que ça devait être très dur. Mais ça ne l'était pas. On ne manquait de rien, mon père et moi. Nous avions une maison blanche avec deux hectares de terre. Entre les arbres on avait construit des abris, et dans ces abris on élevait des oiseaux. On se passionnait tous les deux pour les oiseaux et, depuis toujours, on rêvait de faire de nos deux petits hectares un élevage de gibier à plumes. Mon père disait que de toutes les créations de la nature les oiseaux étaient la plus parfaite. Nous voulions avoir le meilleur élevage de gibier à plumes au monde.
Nos premiers oiseaux ont été un couple de faisans. On a recueilli leurs oeufs afin de les incuber et, en un rien de temps, on a eu une centaine de faisans. Après sont arrivés des colins de Virginie et des perdrix. On en a élevé des tas aussi. On travaillait ensemble, mon père et moi, et on avait le coup. Avant que j'entre en cinquième, il y avait déjà des gens qui nous écrivaient ou nous téléphonaient pour nous demander des conseils. Notre secret était simple. On se souciait sincèrement des oiseaux. Ils le sentaient et en retour ils se multipliaient. Mon père et moi, on était les meilleurs. Ensemble, on a fait des choses que personne n'avait jamais accomplies avec des oiseaux sauvages. La plus grande de toutes a été d'élever des tétras à queue fine en captivité.
Il faut savoir que les tétras à queue fine sont des oiseaux délicats, sensibles, et qu'il est dur de les garder en vie. Papa disait qu'ils étaient fragiles. C'était son mot préféré pour parler d'eux : fragiles. Il le prononçait comme une parole d'église, ou le nom d'un fragment de verre extrêmement rare. Fragile, comme si l'emploi d'un autre mot aurait pu tuer les tétras ou les faire disparaître. D'après lui, ces oiseaux étaient plus nobles que les colins et les faisans, ils n'acceptaient pas si facilement de changer leurs moeurs et c'était pour cette raison que personne n'avait jamais réussi à en élever en captivité. Je me souviens du premier tétra que nous avons eu, c'était une femelle. Un ami l'avait trouvée dans la pairie. Elle avait reçu une balle dans l'aile et passé trois jours sans eau et sans nourriture dans un sac en toile de jute. La pauvre était presque morte, la plaie avait verdi et tout son corps sentait l'herbe coupée laissée au soleil. Malgré cela, elle était aussi agitée qu'un écureuil qui vient d'être capturé. Elle est sortie du sac, les (...)


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