Vintage / Passion du livre

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Couverture du livre Vintage

Auteur : Grégoire Hervier

Date de saisie : 12/10/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 18.50 €

ISBN : 979-10-307-0074-9

GENCOD : 9791030700749

Sorti le : 22/09/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Comment un jeune journaliste à la recherche de la mythique Moderne de Gibson, Saint Graal des guitares vintage, découvre le passé mystérieux d'un pionnier maudit du rock'n'roll...
De Pigalle aux rives du loch Ness, de Sydney à la route du blues, un road trip palpitant et plein d'humour qui, de meurtres en courses-poursuites, remonte aux origines culturelles, artistiques et techniques du rock.

Né en 1977, Grégoire Hervier a publié Scream Test en 2006 (Prix Méditerranée des lycéens, Prix Polar derrière les murs, Prix Jacaranda) et Zen City en 2009 (Prix PACA des lycéens).





  • La revue de presse Yann Plougastel - Le Monde du 22 septembre 2016

Est-ce à cause de sa forme étrange et de sa tête de manche triangulaire, toujours est-il que la Moderne jouit d'une réputation de guitare au son diabolique et envoûtant. Jimi Hendrix et Jimmy Page, le guitariste de Led Zeppelin, l'auraient utilisée secrètement sur bon nombre de leurs morceaux. À partir de cette rumeur un peu folle, Grégoire Hervier a conçu avec le bien nommé «Vintage» un des polars les plus passionnants du moment.



  • Les premières lignes

Paris, Pigalle.

- Mais le rock est mort, c'est un truc de dinosaures, réveille-toi ! Le rock'n'roll, c'est pour ceux qui aiment fumer, boire, baiser sans capote et rouler à fond la caisse : c'est plus du tout tendance ! Tu crois qu'Elvis bouffait cinq fruits et légumes par jour ? Ce mec se faisait livrer des sandwichs au beurre de cacahuète par avion !
- Bonjour le bilan carbone...
L'individu qui vitupérait derrière son comptoir, cheveux gris, sourcils épais et yeux bleus, un peu bedonnant, c'était Alain de Chévigné, soixante-deux ans, auteur de Les Guitares des yéyés et autres ouvrages de référence, ami d'Eddy Mitchell et propriétaire de Prestige Guitars, rue de Douai. Le type en face, cheveux bruns mi-longs, mince et élégant dans un blouson en cuir parfaitement cintré, c'était moi, Thomas Dupré, vingt-cinq ans, musicien, ex-guitariste d'Agathe the Blues and the Impostors, pigiste pour d'obscures revues musicales et propriétaire de rien du tout. Je remplaçais momentanément le vendeur principal du magasin, qui avait tenté une figure acrobatique en skate par-dessus un chariot de supermarché. Deux mois d'arrêt maladie. Chouette vidéo, cela dit. Bref, grâce à la témérité de mon camarade, je vivais depuis six semaines entouré de splendides et pour la plupart inaccessibles guitares vintage, l'une de mes grandes passions.
La contrepartie, c'étaient les accès de mauvaise humeur d'Alain, amplifiés par son récent sevrage du tabac et la faible fréquentation de son commerce en ces temps de crise. Je connaissais le personnage depuis longtemps, pour lui avoir acheté une guitare et loué des modèles haut de gamme pour mes concerts, quand je ne squattais pas sa boutique tout simplement, et nous nous entendions très bien. Mais, au quotidien, j'avais le droit au meilleur comme au moins flamboyant.
Le téléphone sonna et j'en profitai pour retourner à l'atelier, notant avant de m'éclipser, et ce grâce au savoureux broken english d'André, que l'interlocuteur devait être, sinon Anglais, tout du moins étranger.
Prestige Guitars est à mon sens le plus beau magasin de guitares de Paris. Je dirais même le plus beau magasin de Paris tout court. Un havre de paix au milieu de Pigalle, une sorte de faille spatiotemporelle, une invitation salvatrice et éventuellement gratuite au pays du rock à son âge d'or. Les guitares accrochées aux murs n'étaient pas les reliques intouchables d'une époque révolue, mais les armes encore maculées de sang d'une révolution culturelle majeure, violente et malgré tout joyeuse. Des rescapées en quelque sorte, non pas contrites mais désireuses de livrer leurs épiques ou douloureux secrets, pour peu que vous leur prêtiez l'attention nécessaire. Certaines arrivaient resplendissantes, d'autres légèrement marquées par le temps, d'autres encore carrément outragées. J'éprouvais une empathie particulière pour ces dernières. Je prenais un immense plaisir à dénicher de par le monde des pièces d'origine pour les restaurer et, grâce à des réglages subtils et des nettoyages attentionnés, les faire revenir à la vie. Le temps filait sans que je m'en aperçoive quand j'étais seul avec elles, et ce n'était que lorsque la sonnette de la porte tintait pour annoncer l'arrivée d'un chaland que je sortais de mes rêveries.
Cette fois-ci, ce fut un cri, un énorme «Yessss !» braillé à l'autre bout du magasin par un Alain de Chévigné manifestement satisfait. Quelques instants plus tard, il se présenta à moi, un grand sourire aux lèvres.
- Devine qui a gagné un week-end gratos en Écosse ?
(...)


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