Albergo Italia / Passion du livre

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.. Albergo Italia

Couverture du livre Albergo Italia

Auteur : Carlo Lucarelli

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 28/11/2016

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque italienne

Prix : 17.00 €

ISBN : 9791022605236

GENCOD : 9791022605236

Sorti le : 06/10/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«À Massaoua quand il fait chaud - et il fait toujours chaud -on peut entendre les rêves des autres.»
Dans l'air brûlant du soir, au coeur de la colonie italienne d'Érythrée, une fille des rues, mi-sorcière mi-putain, séduit un soldat de garde. Un peu plus tard, dans le palace Albergo Italia, un homme est retrouvé pendu : suicide ou meurtre ?
On retrouve ici l'atmosphère étouffante et hallucinée de La Huitième Vibration, avec un très pittoresque duo d'enquêteurs aux prises avec un classique problème de chambre close : Colaprico, le carabinier qui n'aime pas monter à cheval, et Ogbà, son adjoint abyssin, Sherlock Holmes qui s'ignore. Colaprico aura bien besoin d'Ogbà pour échapper aux pièges de Margherita, l'aventurière rousse, d'une horde d'assassins terrifiants, d'un faux géologue et vrai agent secret.
Avec l'habileté consommée du styliste et la maîtrise du grand raconteur d'histoires, Lucareili entrelace les scènes burlesques et les moments magiques et parfumés, pour nous offrir à la fois un très plaisant polar digne des grands ancêtres et un tableau historique aux couleurs puissantes.

«Il circule dans ce court roman une légèreté exceptionnelle, une joie de raconter, une sorte de malice heureuse.» IBS

Chroniqueur, scénariste et dramaturge né à Parme en 1960, Carlo Lucarelu a publié de nombreux romans, romans policiers, thrillers et livres d'enquêtes. Il écrit également des scénarios de BD et anime une célèbre émission de télévision sur des affaires non résolues.





  • La revue de presse Sophie Joubert - L'Humanité du 24 novembre 2016

Une enquête policière en Érythrée au temps de la colonisation italienne, menée par un carabinier et son adjoint abyssin. Un roman d'atmosphère, hommage à Conan Doyle...
S'il a les atours d'un roman à énigme, Albergo Italia est d'abord un livre d'atmosphère, une plongée dans une Afrique fantôme où viennent se faire oublier petits escrocs et aventurières de cinéma impliqués dans un scandale politico-financier italien. En campant un attelage de limiers a priori mal assortis, Carlo Lucarelli provoque la rencontre de deux mondes, de deux cultures, qui inventent une langue commune pour résoudre l'énigme. «Ce qui semble impossible, quand il n'y a pas d'autre explication, doit être vrai», répète Ogbà, paraphrasant à son insu le Sherlock Holmes du Signe des quatre.



  • Les premières lignes

Extrait du prologue

L'affaire

Oualla, en tigrigna, veut dire "polissonne".
Comme les gamines de la rue qui courent nues, crasseuses et sans rien aux pieds, en criant après les ânes qui portent l'eau et les t'liàn à ombrelles, jusqu'à ce qu'un vieux sorte avec un bâton pour les faire cesser, kit ! kit ! bakà !, allez-vous-en, allez-vous-en, ça suffit.
Ça veut dire aussi autre chose, ça veut dire "fille facile", mais pas au sens de prostituée : au sens de celle qui joue, qui fait la coquette, qui couche, mais pas spécialement pour l'argent ou par métier.
Attribué à un garçon, c'est plus fréquent, comme avertissement aux filles : attention à ce ferengi, il dit qu'il va t'épouser, qu'il te traitera comme une reine, qu'il va t'emmener en Italie, et puis en fait il te prend et t'abandonne pour passer à une autre - oualla !-, et ça vaut aussi pour les Abyssins - oualla ! - coureurs, et pour presque tous, blancs et noirs, en tout cas les hommes, ce n'est pas non plus une injure, au contraire.
Mais ça ne veut pas dire prostituée. En tigrigna, on dit galemotà et à Massaoua, où on parle beaucoup l'arabe, on dit aussi sharmutta, putain.
Elle, au contraire, c'est Oualla, et si elle va avec les hommes, c'est surtout pour jouer, même si, ensuite, elle garde l'argent et les cadeaux qu'ils lui font.
Cachée au coin d'une maison, elle tire sur l'étoffe de la fouta qui couvre son sein nu, non par pudeur, mais parce qu'elle sait que ce qui plaît au soldat maigre - elle l'appelle qourub, grenouille -, ce sont ses jambes et son makor, son cul.
Puis, elle tousse fort, pour se faire entendre, et, de fait, le soldat se relève de la caisse sur laquelle il était assis et prend le fusil, mais sans le pointer, parce qu'il a compris que c'est un bruit volontaire et qu'il l'a même reconnue, Oualla, qui sort de son recoin et s'appuie contre le mur encore chaud de la journée, les mains croisées derrière la nuque, les jambes qui sortent droites de l'étoffe claire, les pieds nus plantés dans la poussière et ce regard indécent, qu'il imagine mais ne voit pas, parce qu'elle, si noire dans l'obscurité, au-delà de l'esplanade de l'entrepôt, elle est trop loin.
Alors, Oualla se détache du mur et s'approche, lente, les dents blanches serrées sur un bâtonnet de bois dans un sourire indécent comme son regard, et elle sait déjà qu'elle a gagné cette fois encore, parce que même si le qourub est revenu s'asseoir sur la caisse et secoue la tête, il garde les yeux sur elle.
- Non, Oualla. Pas ce soir. Il fait trop chaud.
Ce n'est pas vrai. L'air a recommencé à bouger, une haleine tiède qui sèche la sueur, la fait briller sur la peau noire de Oualla qui, très lentement, soulève l'étoffe fine sur la rondeur de son makor.
- Non, Oualla, allez. Je ne peux pas. Si l'officier de piquet passe par ici, il me fout au trou.


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