Un singulier garçon : le mystère d'un enfant matricide à l'époque victorienne / Passion du livre

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.. Un singulier garçon : le mystère d'un enfant matricide à l'époque victorienne

Couverture du livre Un singulier garçon : le mystère d'un enfant matricide à l'époque victorienne

Auteur : Kate Summerscale

Traducteur : Éric Chédaille

Date de saisie : 29/11/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-267-03228-4

GENCOD : 9782267032284

Sorti le : 08/09/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Juillet 1895. Nathaniel et Robert Coombes, deux frères âgés de douze et treize ans, se retrouvent seuls pendant dix jours. Leur père, marin, vient d'appareiller pour New York. Quant à leur mère, ils assurent à tout le monde qu'elle est partie à Liverpool. Rapidement, la famille, les voisins, s'inquiètent de ne pas la voir revenir. La police arrive sur les lieux alors qu'une odeur pestilentielle envahit la rue. À l'étage, ils découvrent le corps de la mère en état de décomposition avancé. Interpellé, Robert admet avoir tué sa mère à coups de couteau.
Libéré pour bonne conduite après la mort de la reine Victoria, Robert fait partie des contingents d'anciens prisonniers allant peupler les terres nouvelles d'Australie. Sa vie change alors radicalement. Sans que jamais rien ne filtre de son passé.

«Absolument captivant.»
Sarah Waters, The Guardian

Kate Summerscale est née en 1965. Elle est l'auteur de The Queen of Whale Quay, pour lequel elle a reçu le prix Somerset Maugham. Ce livre a connu un grand succès public et critique et a figuré sur la dernière sélection du prix Whitbread dans la section biographies. Par ailleurs, elle a été membre de jurys de nombreux prix littéraires, parmi lesquels le Booker Prize. Paru en 2008, L'affaire de Road Hill House a connu un grand succès public et critique : pour cet ouvrage, elle a gagné le prix Samuel Johnson dans la catégorie non-fiction, la Galaxy British Book Award et figuré en tête de la liste des best-sellers pendant plusieurs mois. Elle vit à Londres avec son fils.





  • La revue de presse - La Croix du 3 novembre 2016

Le captivant récit de l'épatante Kate Summerscale est à nouveau un tableau politique, social, historique et même émotionnel de l'Angleterre victorienne...
Le travail de l'historienne prend tout son sens dans cette profondeur. À son habitude, s'appuyant sur des sources documentaires multiples (presse, entretiens, oeuvres littéraires), elle dresse un tableau historique, social, politique et émotionnel de l'Angleterre victorienne. Y est particulièrement intéressant le regard de la société sur l'enfance, comme l'était celui porté sur la femme mariée et les débuts de la psychologie dans La Déchéance de Mrs Robinson.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 7 septembre 2016

A travers un fait divers -- le meurtre d'une mère par son fils -- qui a secoué l'Angleterre du xixe siècle, l'auteure sonde les angoisses de l'ère victorienne...
Alimenté par des archives nombreuses, minutieusement épluchées, notamment les minutes du procès de Robert et Nattie, le récit des faits que déroule Kate Summerscale est saisissant en soi. On demeurera longtemps troublé par la mystérieuse personnalité de Robert Coombes, son intelligence hors du commun, son destin romanesque et si subtilement émouvant - qui s'achèvera aux antipodes de l'Angleterre, en Australie, en 1949. De plus, la reconstitution est fermement inscrite dans le contexte historique...
Tout ceci est érudit, perspicace, passionnant, mais aussi formidablement vivant et incarné - c'est dans cet alliage que réside le talent fou de Kate Summerscale.



  • Les premières lignes

Nous trois

De bonne heure ce lundi 8 juillet 1895, Robert et Nathaniel Coombes s'habillèrent, prirent le carnet de quittances de loyer dans une pièce du rez-de-chaussée et sortirent dans l'arrière-cour. Il était un peu plus de six heures et il faisait déjà grand jour et très doux.
Robert avait treize ans et Nattie douze. Leur père, chef steward à bord d'un vapeur, avait appareillé le vendredi précédent à destination de New York, laissant à la maison les deux frères avec Emily, leur mère. La famille habitait au 35 Cave Road une petite maison mitoyenne en brique jaune, de construction récente, à Plaistow, quartier ouvrier, pauvre mais respectable, du vaste arrondissement des docks d'East London.
Afin d'attirer l'attention du voisin, Robert ramassa une poignée de cailloux qu'il lança sur le toit de la buanderie du numéro 37.
À six heures et quart, James Robertson sortit lorsqu'il entendit les gravillons crépiter sur sa toiture. Il vit les deux fils Coombes dans la cour voisine : Robert, le cheveu brun, les yeux bleus, les sourcils fournis, le teint hâlé, et Nattie, plus pâle et plus petit. Il les tenait pour deux garçons à l'esprit vif. Montrant un souverain d'or (valant vingt shillings, soit une livre), Robert demanda à Robertson s'il pouvait lui faire la monnaie. Le voisin répondit qu'il n'avait pas de pièces d'argent, mais proposa d'échanger cette pièce contre deux demi-souverains et alla les chercher chez lui. Robert lui demanda ensuite s'il voulait bien remettre à la propriétaire le règlement du loyer du 35 Cave Road, car il n'y aurait personne à la maison plus tard dans la matinée, au moment où elle passerait. Mr Robertson ayant accepté, Robert lui rendit un des demi-souverains accompagné du carnet de quittances. Il expliqua que Nattie et lui allaient voir le cricket au Lords, au nord de Londres. Mr Robertson demanda si leur mère y allait avec eux.
«Non, lui répondit Robert. On a reçu un télégramme de Liverpool tard hier soir, et elle doit s'y rendre. On a un riche oncle qui est mort en Afrique, et Tata veut voir Maman.» Emily Coombes allait de temps à autre dans le nord-ouest de l'Angleterre pour rendre visite à sa soeur aînée, personne nantie, et à leur mère.
Mr Robertson demanda si elle était déjà partie.
«Non, dit Robert. Elle part tout de suite. Elle s'est trouvée mal.» (Ou bien : «Elle a eu un évanouissement» - interrogé plus tard sur cet échange, Robertson ne put se prononcer avec certitude.)
«Quand est-ce que c'est arrivé ?»
Robert tira de sa poche une montre en or. «Il y a à peu près une heure et demie.»
Mr Robertson demanda qui tenait compagnie à leur mère. Le garçon leva le pouce pour indiquer la maison, derrière lui. «Mrs...
- Mrs England ?» proposa le voisin. Amelia England était la voisine des Coombes de l'autre côté et une amie proche d'Emily Coombes.
«Non, répondit Robert sans plus d'explication avant d'ajouter : Maman passera peut-être voir Mrs Robertson avant de partir.»
Les deux garçons se mirent en route pour le Lords.


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