Anatomie d'un soldat / Passion du livre

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.. Anatomie d'un soldat

Couverture du livre Anatomie d'un soldat

Auteur : Harry Parker

Traducteur : Christine Laferrière

Date de saisie : 01/10/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 9782267029741

GENCOD : 9782267029741

Sorti le : 25/08/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Le jeune capitaine britannique Tom Barnes est envoyé en mission dans une zone de conflit. Au retour d'une patrouille nocturne, il marche sur un engin explosif improvisé et est immédiatement rapatrié en Angleterre. Débute alors un autre combat tant psychologique que physique durant lequel le héros va parvenir à surmonter «ce à quoi l'on ne pouvait survivre» grâce à l'aide non seulement des médecins, mais aussi de sa famille ainsi que de l'être aimé.
Raconté tour à tour par quarante-cinq objets - garrot, sac à main, gilet pare-balles, verre de bière, prothèse, miroir, sac d'engrais, vélo, pile électrique, basket blanche... - conçus pour assister, observer ou nuire, ce récit est un tour de force qui nous fait découvrir de manière inédite le destin et les pensées profondes des acteurs du conflit et de leurs proches, qu'ils soient patriotes ou fanatiques, cyniques ou manipulés, bienveillants ou éblouis par l'idéalisme de la jeunesse. Chronique singulière et néanmoins réaliste, Anatomie d'un soldat est en outre un témoignage saisissant et chargé d'émotion : celui de la reconquête de soi-même, de cette dignité et de cette force qui sont le propre de l'Humain.

Harry Parker a grandi dans le Wiltshire, en Angleterre. À 23 ans, il décide d'intégrer la British Army et se rend en Irak en 2007, puis en Afghanistan en 2009. Il est aujourd'hui écrivain. Anatomie d'un soldat est son premier roman.

«Un tour de force. [...] Si ces pages sont dangereuses, elles sont aussi empreintes de compassion et de chagrin. [...] On dirait la guerre observée dans un miroir, sauf que tout, absolument tout, est vrai.»
Nadeem Aslam
«Une lecture fascinante, évocatrice, violemment réaliste. Anatomie d'un soldat est un roman. Il est toutefois grandement inspiré de l'expérience de l'auteur au combat et de son hospitalisation. C'est une description très juste de la vie d'un soldat en Afghanistan et de la vie après avoir subi une blessure grave. Ce livre de Harry Parker va fasciner, illuminer et rester ancré dans la mémoire de ses lecteurs.»
General David Petraeus
«C'est magnifiquement écrit. Et cette idée de narration [...], faire parler les objets [...], nous captive et nous tient à distance à la fois. Je n'ai jamais rien lu de tel.»
Alan Bennett
«Ce n'est pas seulement le procédé de l'auteur de raconter son histoire par le biais d'objets inanimés qui rend l'écriture de Parker unique, ni la beauté de son style, qui contraint le lecteur, à chaque phrase, à une intimité mécanique. Quelque chose de bien plus vaste parcourt ces pages. Anatomy of a Soldier est un grand roman : bien plus qu'un travail sur le fait d'avoir survécu, il s'agit de raconter ici comment un homme gravement blessé a réussi non seulement à vivre et à s'adapter, mais aussi à apporter de la lumière du plus profond des abysses.»
Anthony Loyd (reporter de guerre pour le Times), The New Statesman





  • La revue de presse Ariane Singer - Le Monde du 1er septembre 2016

ls sont quarante-cinq. Autant de regards, portés sur le théâtre d'une guerre, quelque part au Moyen-Orient. Autant de voix qui, chacune, tour à tour, la racontent. Qui sont-ils ? Des objets. Une chaussure de combat pour le désert, un sac à main, un tapis persan, une photographie des jours heureux, mais aussi un lit de camp... Dans son premier et somptueux roman, Harry Parker donne la parole aux choses qui furent témoins d'une opération militaire dans un pays lointain. Une manière étonnante de raconter le destin d'un jeune capitaine britannique : BA5799, alias Tom Barnes, double littéraire de l'auteur, Harry Parker, gravement blessé en Afghanistan le 18 juillet 2009, à l'âge de 26 ans...
Cette forme narrative (une prosopopée, dans le langage de la rhétorique) donne toute son originalité à ce livre éblouissant de force mais aussi de pudeur. Elle permet à Harry Parker, dans un exercice de distanciation d'une grande ­élégance, de nourrir une fiction poignante inspirée de sa propre ­expérience sur le front...
A ce chaos dont il restitue si brillamment la force et le caractère imprévisible, Parker donne une forme subtile. Une image composite émouvante, dont chaque fragment dit la fragilité de l'homme, derrière son armure faussement étanche.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire,septembre 2016

Cet ancien soldat victime d'une mine signe un roman puissant et explosif. Anatomie d'un soldat, par Harry Parker, 33 ans, britannique, une de nos découvertes de la rentrée littéraire...
Harry Parker a trouvé le bon rythme et surtout une écriture en perpétuel mouvement qui convient à ce mécanisme littéraire à haut risque. Toujours réaliste et précis, l'auteur ose également des accents plus intimes.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 21 septembre 2016

Le premier roman de l'Anglais Harry Parker est très autobiographique : son personnage principal perd ses jambes pendant la guerre d'Afghanistan, puis passe par toutes les étapes de la reconstruction. Sans pathos, habile, le récit laisse la parole aux objets qui ont été les acteurs de ces différentes phases de retour à la vie...
Le matricule BA5799 est devenu un homme, un mari, un père de famille et un écrivain, parcourant le monde avec un livre qu'il présente comme un roman. Patiemment, il explique que la douleur s'apprivoise, lui rappelant tous les jours qu'il est vivant.



  • Les premières lignes

Mon numéro de série est le 6545-01-522. J'ai été déballé d'un étui en plastique, puis ouvert, contrôlé et réassemblé. Un marqueur noir a écrit sur moi : BA5799 O POS et j'ai été mis dans la poche de la cuisse gauche du pantalon de treillis de BA5799. C'est là que je restais : cette poche était rarement ouverte.
J'ai passé huit semaines, deux jours et quatre heures dans cette poche. On n'avait pas encore besoin de moi. Je glissais contre la cuisse de BA5799, de-ci de-là, de-ci de-là, en général lentement mais parfois vite, en bondissant dans tous les sens. Et il y avait du bruit : des détonations et des craquements, des gémissements aigus, des cris d'excitation et de colère.
Un jour, j'ai été immergé dans de l'eau stagnante pendant une heure.
Je me suis déplacé dans des véhicules, à chenilles et à roues, à ailes et à rotors. J'ai été trempé dans de l'eau savonneuse, puis mis à sécher sur une corde à linge et je n'ai rien fait pendant une journée.
Le 15 août à 06 h 18, alors que je glissais le long de la cuisse de BA5799, j'ai été soulevé dans le ciel et retourné sur moi-même. Et soudain, j'étais à la lumière. Il y avait de la poussière, du désordre et des cris. J'étais par terre à côté de lui. Il était à plat ventre ; il n'était plus entier. J'étais à côté de lui tandis que de la boue et des pierres tombaient autour de nous.
J'étais dans la poussière alors qu'un liquide rouge sombre zigzaguait dans ma direction sur la boue craquelée. J'étais là quand personne ne venait, qu'il était seul et ne pouvait plus bouger. J'étais toujours là tandis que la peur et un désespoir affligeant s'emparaient de BA5799, tandis qu'on le retournait et que deux doigts s'enfonçaient dans sa bouche, tandis qu'on faisait gonfler et dégonfler son torse, et pénétrer de force de l'air dans ses poumons.
J'ai été ramassé par une main glissante, rejeté maladroitement par terre et ramassé de nouveau. J'ai été déplié par des doigts pris de panique et couverts de l'épais liquide. On m'a placé sur BA5799. On a fait tourner ma barre. Je me suis resserré. Je me suis refermé autour de sa jambe jusqu'à ce que son pouls cogne contre moi. Et il a fait la grimace et gémi entre deux crissements de dents. On m'a resserré davantage afin de comprimer sa cuisse : afin d'empêcher qu'il ne se vide de son sang dans la poussière.
Je suis resté accroché à lui pendant qu'on le soulevait pour le mettre sur une civière et qu'il mordait profondément le bras d'un homme qui le transportait, quand il n'a plus émis aucun son. Je suis resté accroché à lui tandis que nous montions à bord de l'hélicoptère. On m'a alors encore resserré et je le comprimais plus fort.
Je suis resté accroché à lui tandis que nous survolions à basse altitude les champs et les fossés d'irrigation qui scintillaient, et que le vent soufflait en rafale autour de l'hélicoptère, quand il a imploré Dieu de le sauver, qu'on a mis des plaquettes en métal sur son torse et que son corps a tressailli. Et je suis resté accroché à lui quand la machine a indiqué une absence d'activité cardiaque, quand il n'y a plus eu de pouls à cogner contre moi.
(...)


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