Rome brûle / Passion du livre

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.. Rome brûle

Couverture du livre Rome brûle

Auteur : Carlo Bonini | Giancarlo De Cataldo

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 01/10/2016

Genre : Policiers

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque italienne

Prix : 18.00 €

ISBN : 9791022605137

GENCOD : 9791022605137

Sorti le : 08/09/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo poursuivent le bouillonnant feuilleton sur les dessous de Rome : Samouraï, le chef des mafias de la capitale, est en prison, peut-être pour toujours. Sebastiano, son représentant, tente de maintenir son emprise sur les différentes bandes, Siciliens, Calabrais, Napolitains et Gitans, qui mettent la ville en coupe réglée. L'annonce par le pape François d'un nouveau Jubilé qui va attirer des millions de pèlerins et relancer des travaux publics aiguise les appétits et Fabio, l'étoile montante du trafic de drogue, commence à remettre en cause la suprématie des chefs du moment.
Martin Giardino, le nouveau maire de Rome, veut quant à lui nettoyer les écuries d'Augias. Les coups bas et les violences des truands sont peu de choses à côté des manigances à l'oeuvre dans les coulisses du Capitole, où sévissent les vieux ripoux représentant les intérêts des constructeurs.
Coincé entre des politiciens honnêtes et des mafieux turbulents, Sebastiano déclenche une opération d'obstruction apocalyptique, et bientôt Rome brûle !
Un récit qui opère aujourd'hui quasiment en temps réel (quiconque suit l'actualité de la capitale italienne reconnaîtra sans mal la plupart des protagonistes), et que les auteurs réussissent par leur talent à transformer en oeuvre d'art.

«Une fable noire sans pitié dont on voudrait se réveiller comme d'un cauchemar. Mais, souvent, la réalité dépasse la fiction.»
M. Serri, La Stampa

Carlo Bonini est journaliste d'investigation à La Repubblica, et grand connaisseur des dessous politiques et policiers italiens.
Giancarlo De Cataldo, magistrat à la cour de Rome, est l'un des écrivains de roman noir les plus importants d'Italie. Il est l'auteur, entre autres, de Romanzo criminale et Je suis le Libanais.





  • La revue de presse Abel Mestre - Le Monde du 8 septembre 2016

C'est un nouveau chapitre du «roman criminel» romain. Rome brûle, de Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo, est la suite de leur précédent roman, Suburra, paru en janvier également chez Métaillé...
Comme Suburra, Rome brûle, roman à clés, plonge le lecteur au coeur d'événements ayant réellement existé, ceux de «Mafia capitale» - vaste affaire de corruption de fonctionnaires et d'élus, dont le procès s'est ouvert le 5 novembre 2015 en Italie...
Rome brûle raconte une société en crise, à la fois morale et politique. Une ville qui tarde à mettre fin à l'ancien monde - celui de la ville corrompue et de la mafia omnipotente et l'attente du renouveau, avec de nouvelles pratiques politiques, plus éthiques. Une situation que le penseur communiste italien Antonio Gramsci avait résumée dans ses Cahiers de prison (Gallimard, 1978-1996) : «La crise consiste justement dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés». Rome brûle en apporte la démonstration.



  • Les premières lignes

Jeudi 12 mars 2015
Saint Grégoire I

VIA SANNTO, BASILIQUE SAINT-JEAN-DE-LATRAN. 6H.

Le panneau annonçait : "Gare en construction maître d'oeuvre Société Roma Metropolitane. Entreprise adjudicataire Mariani costruzioni s.p.a. du Consortium Métro C. Travaux pour la réalisation de la ligne C. Lot T3. Section Saint Jean-Forums Impériaux."
L'homme tira le bonnet de laine sur ses oreilles, se serra dans son bombers noir brillant et observa impatiemment les feux clignotants qui illuminaient le désert de la place Saint-Jean. A côté de lui, son acolyte, une montagne de muscles au cou enfoncé entre les épaules, secoua la tête. Il tira son smartphone de sa parka, regarda l'heure. 6h. Ce connard ne s'était pas encore pointé. Au moins la pluie avait cessé.
L'arrivée de la Panda rouge du géomètre Lucio Manetti fut couverte par le ferraillement d'un tram vide. Manetti se gara à sa place habituelle. Et, comme chaque matin, il ne quitta pas la voiture sans avoir exécuté une curieuse danse névrotique. Portes fermées, oui. Feux éteints, oui. Lumière intérieure éteinte, oui. Alors, d'une légère pression de l'index, il remonta sur l'arête de son nez la monture de ses épaisses lunettes de myope, vérifia la chemise porte-documents et accrocha le grand parapluie à pointe à son avant-bras. Il était en retard. Il n'eut pas besoin de regarder sa montre pour le comprendre. Il lui suffit de remarquer les premières fentes de lumière de cette aube blême qui se levait sur la basilique Saint-Jean et sur la perspective qu'il avait appris à détester durant ces années de chantier. La vue de la coupole était bloquée par la gigantesque structure de soutien de la foreuse posée à trente mètres de profondeur depuis Dieu sait quand. Des mois ? Non, des années. Il avait perdu le compte. D'abord les ruines d'une villa romaine. Puis des poches d'eau, pire que s'ils étaient sur le Carso. Puis l'argent qui n'arrivait plus. Les pelleteuses s'étaient arrêtées. Les ouvriers calabrais et napolitains des entreprises sous-traitantes avaient disparu. Pour garder le Grand Trou, il n'était plus resté que lui. Directeur d'un chantier fantôme. Du coup, pensa-t-il, ça ne poserait pas de problème de se faire un bon café avant de commencer à ne rien faire. Au diable le retard. Cinq minutes, qu'est-ce que c'était, à côté de l'éternité de l'Inachevé ? Il entra dans le bar.
Cinq minutes plus tard, appuyés au panneau du chantier, les deux hommes le virent enfin apparaître.
Calmos, putain, de toute façon, où tu vas comme ça ?
Le géomètre traversa la rue d'un pas rapide en cherchant dans la poche de son imperméable les clés du chantier. La matinée était remplie de trucs à faire. Pour commencer, téléphoner à la préfecture. Il fallait renouveler les certificats antimafia des deux nouvelles entreprises sous-traitantes. Le dottor Danilo Mariani avait insisté pour les faire entrer dans les travaux d'excavation. Eh oui, les certificats antimafia. Un bien beau mot. Ces types, ils l'avaient écrit sur le front, "Camorra". Mais le "dottore" ne voulait rien entendre. Il avait même été un peu brusque, en vérité.
- Mêlez-vous de vos oignons, géomètre. Je vous paie pour faire ce que je vous dis. Le chef d'entreprise, c'est moi. Et si ça ne vous va pas, des géomètres c'est pas ça qui manque, ils font la queue devant ma porte. Donc, vous prenez votre téléphone et vous demandez Mme Giada à la préfecture. Elle est déjà au courant.
Il ouvrit le portail du chantier. Et n'eut même pas le temps de les entendre arriver.
Ils se jetèrent sur lui avec une fureur de chiens enragés.
Le premier coup l'atteignit à la tempe, faisant voler ses lunettes.


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