33 révolutions / Passion du livre

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.. 33 révolutions

Couverture du livre 33 révolutions

Auteur : Canek Sánchez Guevara

Traducteur : René Solis

Date de saisie : 16/11/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque hispano-américaine

Prix : 9.00 €

ISBN : 9791022604550

GENCOD : 9791022604550

Sorti le : 25/08/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Un trentenaire désabusé traîne son spleen à La Havane, entre son bureau et le Malecón... L'espoir se fait rare, la vie est un disque rayé. Rhum, salsa, tabac, et parfois un détour chez la Russe du neuvième étage. Il fait une chaleur criminelle et la révolution semble s'être oubliée au milieu du gué.
Seule la mer, au loin, promet encore quelque chose...
Canek Sánchez Guevara, petit-fils du Che, fait vibrer Cuba comme jamais : le désenchantement s'écrit dans une langue intense, hypnotique, et la crise des balsas est prétexte à un formidable hymne à la liberté.

Canek Sánchez Guevara est né à La Havane en 1974. Fils de militants d'extrême gauche, il les a suivis dans leurs pérégrinations intercontinentales, de Mexico à Barcelone en passant par l'Italie. Écrivain, musicien, photographe, graphiste, anarchiste et fan de rock, il a publié des articles dans des revues mexicaines comme Letras Libres, Proceso et Milenio Semanal, ainsi que des chroniques de ses voyages sur les traces du Che dans Le Nouvel Observateur, sous le titre "Journal sans motocyclette". Il a écrit avec Jorge Masetti Les Héritiers du Che (Presses de la Cité), un témoignage sur leur enfance à Cuba et leur désillusion croissante. Canek Sánchez Guevara est mort à Mexico en janvier 2015 des suites d'une opération du coeur. 33 révolutions est son premier et unique roman.





  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 16 novembre 2016

Né à La Havane en 1974 et décédé l'an dernier, Canek Sánchez Guevara était le petit-fils du Che. Artiste libertaire, il a écrit 33 révolutions, son unique roman, comme trente-trois photographies ou trente-trois pages de journal : de petits textes sur la vie quotidienne, l'apathie d'un peuple qui n'a plus d'espoir. Cuba est comme «un disque rayé», on y entend toujours les mêmes paroles officielles et les mêmes silences.


  • La revue de presse Ariane Singer - Le Monde du 27 octobre 2016

De ce pays hors normes où le rhum, le sexe et la musique semblent les seuls dérivatifs à une partition écrite par le régime, Canek Sánchez Guevara traque les craquèlements, les lignes de faille. Derrière l'unité de façade, l'individualisme fait rage, le racisme et l'homophobie s'expriment sans honte. La foi en la révolution envolée, «l'épopée épuisée», le rêve d'un ailleurs, se fait jour, dans une violence soudaine...
Complainte triste et mélodieuse, 33 révolutions esquissent la possibilité d'une nouvelle odyssée, non moins dangereuse que les voies déjà tracées.


  • La revue de presse Valérie Marin La Meslée - Le Point, octobre 2016

Il s'appelait Canek Sanchez Guevara, et son unique roman, "33 révolutions", suinte la désespérance cubaine et démonte La Havane de Castro.



  • Les premières lignes

1

Tout bouge de l'autre côté de la fenêtre : arbres en papier, machines jouets, maisons de brindilles, chiens de paille. Une tache d'écume envahit les rues, laissant au passage de l'eau, des algues, des objets cassés, jusqu'à la vague suivante qui balaye tout. La marée arrache ce que le vent ne parvient pas à abattre. L'immeuble résiste à l'assaut de la mer. Al' intérieur, les coursives sont remplies de visages effrayés et de gens qui récitent des instructions et des évidences ("restez calmes, camarades, ça ne va pas durer"). Tous s'expriment à la fois (vingt disques rayés tournant en même temps) : tous disent la même chose avec des mots différents, comme dans la file d'attente ou au meeting - manie de parler : douze millions de disques rayés qui piaillent sans cesse. Le pays entier est un disque rayé (tout se répète : chaque jour est la répétition du précédent, chaque semaine, chaque mois, chaque année ; et, de répétition en répétition, le son se dégrade jusqu'à n'être plus qu'une vague évocation méconnaissable de l'enregistrement original - la musique disparaît, remplacée par un incompréhensible murmure sableux). Un transformateur explose au loin et la ville est plongée dans l'obscurité. L'immeuble est un trou noir au milieu de cet univers qui n'en finit pas de s'effondrer avec fracas. Plus rien ne fonctionne, mais on s'en fiche. On s'en fiche toujours. Comme un disque rayé, qui se répète sans cesse...

2

Le vent s'infiltre à travers les fentes, les tuyauteries sifflent, l'immeuble est un organe commun aux familles qui l'habitent. Rien ne ressemble à la musique d'un cyclone : elle est unique, reconnaissable entre toutes, d'une qualité sans égale. Dans le petit appartement, les murs peints d'une couleur indéfinissable, sans ornements ni images, s'accordent avec les quelques meubles, le téléviseur en bois, le tourne-disque russe, la vieille radio, l'appareil photo pendu à un clou. Le téléphone décroché et les livres par terre. L'eau se glisse par les fenêtres, les murs dégoulinent et des flaques d'eau se forment sur le plancher. De la boue. De la crasse, encore de la crasse. Un disque rayé et crasseux. Des millions de disques rayés et crasseux. La vie tout entière n'est qu'un disque rayé et crasseux. Répétition sur répétition du disque rayé du temps et de la crasse.
Dans la cuisine, deux boîtes de lait concentré, de la semoule de maïs, un paquet de biscuits. (...)


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