Le peuple invisible : sur la piste des Arméniens de Turquie / Passion du livre

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Couverture du livre Le peuple invisible : sur la piste des Arméniens de Turquie

Auteur : Milène Sinem Karatas

Préface : Ahmet Insel

Date de saisie : 10/06/2016

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Thaddée, Paris, France

Collection : Témoignages

Prix : 12.00 €

ISBN : 9782919131310

GENCOD : 9782919131310

Sorti le : 02/06/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Le «peuple invisible», étrange et troublante expression pour désigner les Arméniens de Turquie. Ces Arméniens qui se cachent encore un siècle après le génocide de 1915, sont révélés ici à travers seize entretiens. Fethiye Çetin, avocate célèbre, raconte : «C'est à un âge avancé que ma grand-mère m'a transmis son secret. J'avais alors environ vingt-quatre ans. J'ai appris qu'elle était arménienne et tout le poids qu'elle a porté».
Le cas d'Ahmet Abakay, journaliste turc renommé, est tout aussi éclairant. Sa mère lui confie à la fin de sa vie qu'elle n'est pas une Turque alévie mais une Arménienne. Il ose rendre publique l'histoire de sa famille. Certains de ses membres, scandalisés, l'ont menacé.
Les vérités ne sont pas toutes bonnes à entendre. Certains Turcs qui découvrent leurs origines arméniennes, refusent de l'assumer. On mesure le choc de se retrouver brutalement de l'autre côté du miroir, parmi une population persécutée et méprisée. Mais les langues se délient et la société civile turque, courageusement, commence son travail de mémoire. Cependant, l'État turc reste farouchement négationniste.

Milène Sinem KARATAS, née à Ankara en 1984, est journaliste pour la télévision et la presse écrite. Elle travaille en Turquie et en France, où elle vit actuellement.





  • Les premières lignes

QUI SONT CES ARMÉNIENS ?

Le génocide a été perpétré en 1915, par l'Empire ottoman, contre les Arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie. Tout fut organisé par le Comité Union et Progrès (CPU), le parti au pouvoir à l'époque. On estime le nombre des victimes à près d'un million et demi.
Cette histoire est un tabou absolu. Il a longtemps été hors de question d'en parler. Cent ans après, dans les livres d'Histoire turcs, une autre version, à des années-lumière de la première, nous est présentée. Ainsi, dans l'ouvrage République Turque, histoire des réformes et kémalisme, les Arméniens sont accusés d'avoir massacré des centaines de milliers de Turcs, ce qui aurait justifié des représailles politiques, juridiques et matérielles de la part des Ottomans :

LES ÉVÉNEMENTS ARMÉNIENS DE 1915
Suite à l'entrée de l'armée russe en territoire ottoman, à l'est, sous le commandement des unités d'Arméniens volontaires de l'Empire ottoman et de la Russie, les Arméniens se trouvant dans l'armée ottomane ont pris la fuite en possession de leurs armes et ont rejoint les forces russes. Malgré l'appel à la mobilisation générale, les Arméniens qui refusèrent de s'engager dans l'armée, ont fui vers les montagnes et y ont formé des bandes. L'armée russe qui continuait d'avancer, occupa d'abord les villes de Van, Mus, Bitlis, puis par la suite Erzurum, Erzincan et Trabzon à partir du milieu des années 1915. L'entrée en guerre (Première Guerre mondiale) de l'Empire ottoman avait en réalité été perçue comme une occasion pour les Arméniens. Sous le commandement des comités de Hinçak et Tasnak [Les deux principaux partis nationalistes et révolutionnaires arméniens], ils fomentèrent des révoltes dans plusieurs endroits d'Anatolie et commencèrent à massacrer le peuple innocent dans les régions occupées par les Russes. Ils n'hésitèrent pas non plus à tuer les Arméniens qui refusèrent de se joindre à eux. Suite à l'ordre des comités arméniens : «si tu veux te sauver, commence par éliminer ton voisin», les Arméniens révoltés attaquèrent les villages turcs restés sans défense après le départ des hommes au front. Ils massacrèrent le peuple, femmes et enfants, dans plusieurs villages tout comme ils l'avaient fait dans le village de Zeve à Van. Ils commirent de nombreux massacres dans les villes de Kayseri, Maraş, Muş, Bitlis, Diyarbaktr, Elaziğ et Van. Les Arméniens qui trahirent les forces ottomanes, contrecarrèrent également leurs opérations militaires en détruisant ponts et routes, espionnèrent pour la Russie et encouragèrent son occupation en provoquant de nombreuses révoltes en ville.
Alors qu'un combat à mort était mené sur le front de Çanakkale où la Première Guerre mondiale continuait de faire rage, l'Empire ottoman dut prendre certaines mesures afin d'annihiler toute collaboration russo-arménienne. Le 24 avril 1915, une circulaire fut envoyée à tous les commissariats afin de «fermer les centres de comité arménien, réquisitionner leurs documents [et] arrêter les directeurs des comités». Suite à cette circulaire, les bureaux des comités de Hinçak et Taçnak furent dissous et leurs membres arrêtés. Le 24 avril, que les Arméniens commémorent aujourd'hui comme l'anniversaire des événements atroces de 1915, est en réalité, le jour où cette circulaire fut publiée.
(...)


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