Drama queen palace / Passion du livre

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.. Drama queen palace

Couverture du livre Drama queen palace

Auteur : Stéphane Corvisier

Date de saisie : 17/05/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Roman

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782246861591

GENCOD : 9782246861591

Sorti le : 11/05/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Un palace de la Riviera, un alcoolique mondain, une diva sur le retour et des voyous qui rôdent... Armand boit pour oublier que ses amours sont vouées à l'échec. Fabiola exaspère dans l'hystérie la peur d'avoir perdu sa voix. Lequel des deux déraille le plus ? Quand Armand croit enfin retrouver son amie, il découvre qu'elle s'est absentée pour quelques heures. Quelques heures de trop... Livré à lui-même, cuvant le vin mauvais d'une solitude qu'il ne supporte plus, Armand part à la dérive d'une nuit où le désir devient saccage. Pour mieux sceller son destin.

Un roman conçu comme un triptyque, tels les trois actes d'un opéra intime aussi trash que lyrique.

Stéphane Corvisier est né à Paris où il enseigne la littérature. Publié en 2011 chez Grasset, son premier roman, Reine de nuit, a reçu le prix Mottart de l'Académie française.





  • Les premières lignes

Trop lourds, ces rideaux tirés devant la porte-fenêtre, qui estompaient les rires des dîneurs sur la terrasse, et retenaient l'air vif venu du large.
Oppressantes, ces tentures brochées d'or et d'argent, où sans doute s'étaient incrustées toutes les poussières de ce jour finissant, mais celles aussi des jours passés, ainsi que des saisons révolues, saisons de vacances et d'ennui dont le souvenir se consumait désormais dans la pourpre des murs.
Et puis clinquantes, et de mauvais goût, ces embrasses de cuivre, et ces passementeries de soie dont les fils multicolores pendaient à chaque poignée de porte et de fenêtre, à chaque clé de tiroir - et ces appliques dorées, et ce secrétaire en bois de rose, et ce baldaquin pompeusement drapé !

Ce décorum, il l'avait aussitôt transformé en mouroir. Sur une méridienne il gisait, lamentable, cependant qu'à ses pieds roulait déjà un cadavre de bouteille. Un whisky hors d'âge qu'il avait commandé au bar à peine ses quartiers pris, presque une pièce de collection, tant la production en était rare et subtile la saveur de tourbe, une de ces bouteilles auxquelles les amateurs qu'il avait un temps fréquentés consacraient un rituel pour ainsi dire alchimique, dans ces salons devenus temples où l'ivresse jamais n'est de mise, laissant à chaque goutte de ce cordial le temps de prodiguer son miracle -déploiement de brumes sur les Highlands d'automne, fraîcheur des premières mousses aux abords des Lochs, salinité marine que dépose sur les roches la caresse des vents du nord... -, une de ces bouteilles dont les effluves devaient suffire à l'émerveillement, puisque exaltant à eux seuls le génie du malt et la noblesse de la distillation, une de ces bouteilles qu'il est convenu d'adorer avec la parcimonie de ceux qui savent l'art des délectations électives, et qu'il avait sifflée sans même y prendre plaisir en moins d'une demi-heure.

Mais par quel autre moyen neutraliser le désarroi qui l'avait saisi, et aurait pu se formuler en cette question, simple entre toutes, mais que dans son état il n'était plus capable de seulement ânonner : «Qu'est-ce que je fous là ?»

Ces sempiternelles cuites dont il ne savait plus s'abstenir... Et la foutaise des repentances, dans l'hébétude des petits matins, lorsqu'il se promettait de ne jamais plus. Et chaque soir s'acharnait à se trahir...

(...)


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