Au plaisir + 1 CD audio / Passion du livre

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.. Au plaisir + 1 CD audio

Couverture du livre Au plaisir + 1 CD audio

Auteur : Roé

Préface : Yves Bigot

Date de saisie : 06/05/2016

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 9791030700435

GENCOD : 9791030700435

Sorti le : 11/05/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Roé est un chanteur littéraire et rare, entre rock, flamenco, Sud et chaleur humaine. Ses textes, intégralement rassemblés ici pour la première fois, offrent la (re)découverte d'un artiste dont l'écriture inspirée déborde le sud qu'il revendique pour se faire universelle. Son dernier disque, Au plaisir, mêle à ses mots, rythmiques et harmonies ciselées, son timbre sensuellement voilé qui fait frissonner les épidermes et chalouper les coeurs...

Après avoir connu le succès international dans les années 90 avec le tube Soledad et des centaines de concerts à travers le monde, il compte des fans sur tous les continents. Mixant inspirations et aventures humaines, il a travaillé avec Iggy Pop, David Gilmour, Tony Allen, Tomatito, Ismaël Lô, Charlelie Couture, Laurent Voulzy, Stéphane Eicher... Les plus grands du rock, de la world music et de la chanson française.
Il est aujourd'hui installé à Nîmes.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

Que reste-t-il de mes paroles sans leurs mélodies ?
Je viens de les relire. Elles ne sont pas si nombreuses, je n'aime pas accumuler, me répéter, l'écriture est pour moi une quête de concision. Seule une phrase de ce livre est commune à plusieurs textes, entendue d'un vieux monsieur à qui je demandais l'heure à Cadix. «Il est 15h10 et vive ce qui est bon !» répondit-il. Merci Señor. Vive ce qui est bon, que l'on soit à Séville, Nîmes, Rio ou Paris. Vive quand on se sent léger et drôle avec des «âmes complices» et plaise au ciel que ce soir je m'autorise encore quelques nouveaux petits excès puis annonce en rentrant... «Demain j'arrête».

La plupart de mes heures, je les passe dans cette même pièce, mon studio. C'est d'ici que mon stylo lève l'encre. Destination vous. Jour après jour je saute dans le vide de l'inconnu, en perpétuelle impatience. Partout ailleurs sont les coulisses. Un étage plus bas Madame travaille non-stop devant son écran. Elle aussi connaît la quotidienne guerre entre les lois du marché et celles de l'art, elle qui cuisine souvent pour les artistes, parfois attend solitaire devant le repas qui refroidit. Madame a des talents pour tout mais préfère le mien, c'est fou. Se perd-elle pour que je me trouve ?

À soixante ans passés, ce recueil m'offre l'occasion d'une vue panoramique sur mon travail. Quelle lucidité peut-on avoir sur l'oeuvre d'une vie, de sa vie ? D'autant que je ne suis pas certain d'avoir jamais eu vraiment l'intention dans une chanson de me montrer sans rentrer le ventre. Dans toute cette peinture sur soi, toutes ces paroles, j'ai surtout cherché à dépasser l'enveloppe et dans mon miroir sont nées plus de réflexions que de reflets. J'ai vérifié que ce n'est que longtemps après la sortie d'un disque que je commence à le comprendre.
Pour mon premier single Hombre, l'étincelle de la création est née d'un défi artistique, celui d'écrire une chanson pour une photo, cette célèbre image d'un homme qui, la cigarette aux lèvres, regarde en face le peloton d'exécution avec une attitude goguenarde. Du moins je le croyais. Des années plus tard j'ai réalisé lors d'une interview que l'inspiration venait de ma propre vie, du déni familial de vérité fait à mon père pour lui cacher le diagnostic qui le condamnait. Nous l'avons privé de pouvoir regarder la mort en face, comme l'Hombre à la cigarette.
Dans mon dernier disque, je lui lance «un baiser au ciel, là-bas, où le temps s'en vas». Pourquoi au ciel ? Je ne sais pas pourquoi. Je suis agnostique. La plupart des mots s'imposent à moi. Je revois le moment de la séance d'enregistrement de Calipiga. À la toute fin de la chanson, j'ai chanté «Donne-moi envie d'avoir un fils». Ça m'a échappé. Je ne voulais pas le dire à voix haute.

A chaque vers, un peu de mon passé défile. Comment ai-je bien pu vous raconter tout ça ? Je vois bien que je ne suis pas à une impudeur près...
Depuis quelques jours je tente de trier mes titres par thèmes. Au détour des chansons, je retrouve de nombreux personnages, sans doute tous sont moi : l'auteur, le père, l'amant, le mari, le français, la mère, le fils, Calipiga, Madame, Quinquillera, Copita de Nieve, Chiclana, Fortuno Sarrano, Clara, Angel, Sultanita...
J'écris des chansons d'en bas ? Avec des personnages d'en bas ? Peut-être parce que je suis né pauvre, je sais combien il est amer de voir la femme que l'on aime, son amour «Cinq étoiles», coincée «dans l'injustice de la 2e classe».
Cependant, mon père avait raison quand il disait «Tu as toujours de la chance». Madame en est la confirmation. Depuis notre rencontre, c'est toujours elle que je chante. D'ailleurs, je ne chante que ce qui me chante, comme je l'entends ! Oui, j'ai de la chance. Bien sûr, l'amour, ça devient parfois hard rock'n'roll, les grincements du couple, les «étincelles» quand on s'électrocute à la jalousie ou à «l'alcool qui dé-camisole la bestiole qui vitriole»... quand on n'est plus que «cendre amoureuse». Tout est si fragile.

(...)

ROÉ


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