Tant qu'on rêve encore... / Passion du livre

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.. Tant qu'on rêve encore...

Couverture du livre Tant qu'on rêve encore...

Auteur : Chris Killen

Traducteur : Amélie de Maupéou

Date de saisie : 07/05/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fleuve éditions, Paris, France

Prix : 19.90 €

ISBN : 9782265099432

GENCOD : 9782265099432

Sorti le : 14/04/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

À vingt ans, on largue son copain parce qu'il n'a pas bonne haleine, on transforme un chagrin d'amour en succès littéraire, on se rêve musicien célèbre et on prend le large sur un coup de tête.
Lauren, Paul et lan n'ont pas dérogé à la règle. Une décennie plus tard, le temps a fait son oeuvre et les espoirs les plus fous ont laissé place à la vraie vie. Aujourd'hui, Paul cherche désespérément l'inspiration pour un deuxième roman dans les bras d'une de ses étudiantes pendant que lan, désabusé par une carrière qui ne décolle pas, prend ses quartiers dans le cagibi de sa jumelle.
Quant à Lauren, après une virée de l'autre côté du globe, la voici de retour dans sa ville natale, où elle partage son temps entre un boulot sans intérêt et des soirées en solo.
Jusqu'au jour où la découverte d'une vieille correspondance la met face à cette question : que sont donc devenus mes rêves et ces gens qui jadis étaient mes amis ?

Chris Killen est né en 1981 et vit à Manchester. Il a obtenu un master en Création littéraire à l'université de Manchester et son premier roman, The Bird Room, lui a valu l'enthousiasme des critiques.
Tant qu'on rêve encore... est son deuxième roman et le premier publié chez Fleuve Éditions.

«[Chris Killen] capture parfaitement à la fois la douceur et l'embarras de ces anciennes versions de nous.»
The Guardian

«Un livre drôle, touchant et parfois douloureux sur la différence entre qui nous sommes vraiment et qui nous prétendons être.»
Independent on Sunday





  • Les premières lignes

LAUREN
2004

Un soir, alors que Paul était au travail, Lauren ouvrit son carnet de notes sur une page blanche et traça une ligne au milieu. POUR, écrivit-elle sur le côté gauche de la page, et CONTRE sur le côté droit. Elle regarda longuement la colonne vide des POUR, la pointe de son stylo en suspens au-dessus du papier. Au bout de quelques minutes, elle reporta son attention sur les CONTRE.
Angoissé/Paranoïaque, inscrivit-elle presque aussitôt.
Mauvaise haleine
Ne planifie jamais rien
Prétentieux
Dépourvu d'imagination
Travaille dans un bar
Ne m'a jamais procuré d'orgasme
Puis elle s'arrêta, submergée par une culpabilité soudaine, comme si Paul se tenait juste derrière elle, dans la pièce, en train de regarder par-dessus son épaule. Elle revint à la colonne POUR et considéra le rectangle vide. Elle tapota le bout mordillé de son stylo contre ses dents de devant et regarda le minuscule salon de leur deux pièces-terrasse en location pour trouver de l'inspiration : le poster encadré d'À bout de souffle choisi par Paul, le tapis Ikea rouge inaspirable, et un peu plus bas cette énorme bougie couleur crème, qui n'avait encore jamais été allumée.
Ne me tromperait jamais, finit-elle par écrire.

Quelques heures plus tard, Lauren se réveilla en entendant la porte de la chambre claquer contre le mur. Le plafonnier s'alluma et la silhouette de Paul s'encadra dans l'embrasure de la porte, sa bouche tordue en un rictus amer et ses joues écarlates, comme si quelqu'un venait de le gifler.
- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ! hurla-t-il en brandissant quelque chose sous son nez.
Le truc qu'il brandissait, réalisa soudain Lauren, était son carnet de notes.
(Au cours des semaines suivantes, elle se demanderait de temps à autre si, inconsciemment, elle n'avait pas fait exprès de le laisser ouvert sur la table basse pour que Paul le découvre quand il rentrerait du boulot, à trois heures du matin.)
- Oh, merde. Je suis désolée... commença-t-elle.
- Angoissé, l'interrompit Paul d'une voix tremblotante, récitant ce qu'il lisait. Paranoïaque... Mauvaise haleine. Mauvaise haleine ? Putain, t'aurais pas pu me le dire, non ? Me demander de bouffer des bonbons à la menthe, je ne sais pas, moi ?
- Je suis désolée, chuchota-t-elle entre ses mains qui dégageaient une odeur de crème raffinée (un cadeau d'anniversaire de ses beaux-parents), trop effrayée désormais pour lever les yeux sur le visage meurtri et pitoyable de Paul.
- Bordel de merde, cracha-t-il.


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