Le nuage d'obsidienne / Passion du livre

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.. Le nuage d'obsidienne

Couverture du livre Le nuage d'obsidienne

Auteur : Éric McCormack

Traducteur : Johan-Frédérik Hel-Guedj

Date de saisie : 26/04/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 24.00 €

ISBN : 9782267029574

GENCOD : 9782267029574

Sorti le : 14/04/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

«C'est à La Verdad que j'ai croisé ce livre. [...] Le bouquin dégageait une odeur de moisi. La dorure des caractères imprimés sur le dos s'était estompée, si bien que même de près je n'ai pu lire qu'une partie du titre : Le Nuage d'...dienne. La couverture était en cuir marron et les pages de si grande taille, d'un papier si épais, qu'elles étaient difficiles à séparer les unes des autres. Elles n'étaient pas nombreuses, une centaine peut-être, mouchetées de moisissures et d'humidité. Mais en insistant, j'ai réussi à l'ouvrir à la page de titre. [...] Duncairn !
Revoir ce nom ici, dans un autre hémisphère, c'était tellement inattendu que j'en ai eu le souffle coupé. Duncairn, petite localité des Uplands, en Écosse, ou j'avais séjourné durant une courte période, jeune homme. Ce qui m'était arrivé là-bas avait modifié tout le cours de mon existence.
C'était un événement que je n'avais jamais été en mesure d'oublier. Ou de comprendre.»

«Eric McCormack est l'un de nos auteurs les plus audacieusement originaux et divertissants. [...] Le Nuage d'obsidienne est indiscutablement le meilleur roman qu'il ait écrit à ce jour.» The National Post

Né dans un petit village écossais en 1938, Eric McCormack a immigré au Canada en 1966. Spécialiste de littérature du XVIIe siècle et de littérature contemporaine, il a enseigné l'anglais pendant plus de 30 ans à l'Université Saint-Jérôme à Waterloo. Désormais à la retraite, il vit à Kingston, en Ontario. Il est l'auteur de quatre romans et d'un recueil de nouvelles, tous publiés en France aux éditions Christian Bourgois.

«Un livre puissant et magique, dont les personnages, tous finement ciselés, sont projetés dans des aventures hors du commun. [...] Il est quasiment impossible de ne pas se laisser emporter par la dynamique de ce roman qui se lit d'une traite.»
The Globe and Mail

«Eric McCormack a construit son roman autour d'une grande part d'intertextualité : on trouve des livres dans les livres, des épigraphes conséquents, et même un clin d'oeil amusant à sa propre bibliographie. Mais la vraie grandeur de ce roman réside dans le portrait de Harry, ce voyageur éperdu d'amour et artiste de la mémoire. Espérons que nous n'aurons pas à attendre douze ans avant le prochain roman de McCormack !»
Publishers Weekly

«Premier roman après douze ans d'absence d'Eric McCormack - écrivain néo-gothique, maitre de l'absurde et existentialiste injustement méconnu - Nuage est selon moi son plus grand roman à ce jour.»
The Toronto Star





  • Les premières lignes

Extrait du prologue

C'est à La Verdad que j'ai croisé ce livre.
Du Canada, je m'étais envolé vers le sud pour assister à une conférence minière, et je venais de prendre part à une réunion qui s'achevait vers midi. Mon retour à pied vers l'hôtel, sur l'Avenida del Sol, n'avait rien de très agréable. Juillet est une époque étouffante de l'année, surtout dans une ville de l'intérieur des terres comme La Verdad, construite là où il n'y avait longtemps eu que la jungle. Les trottoirs étaient presque déserts, car à cette heure de la journée même les natifs de cette ville recherchaient de l'ombre. Mon organisme de Nordique n'avait guère l'habitude de cette chaleur moite, ce qui ne faisait qu'envenimer les choses.
Subitement, le ciel a viré au noir et une averse tropicale torrentielle a éclaté. Je me suis réfugié sous l'auvent d'un bouquiniste que j'avais remarqué en me rendant à ma réunion. D'après l'enseigne miteuse au pochoir, l'endroit s'appelait Bookstore de Mexico. Au vu de ce nom hybride, j'en ai déduit qu'on pourrait y trouver des livres en anglais, même si, dans la vitrine, je n'avais aperçu que des éditions de poche usagées de titres en espagnol.
Comme je ne pouvais véritablement aller nulle part tant que la pluie battante ne se calmerait pas, j'ai franchi la porte qui était ouverte, afin d'entrer jeter un coup d'oeil.
À l'intérieur, il n'y avait personne, excepté une vieille femme maya dans sa robe traditionnelle à motifs géométriques. Elle était assise près de la vitrine, à une table où était posée la caisse de son commerce, en métal bleu. Derrière elle, la boutique était exiguë, à peine plus large qu'un couloir, avec des bibliothèques en aggloméré aux rayonnages affaissés le long des murs et comblant l'espace intermédiaire. La seule source d'éclairage provenait de quelques ampoules électriques qui pendaient sans abat-jour. Plusieurs petits lézards, aussi immobiles que des gargouilles, s'agrippaient au plafond. Et, malgré tout cela, grâce à l'odeur des vieux livres, l'atmosphère de l'endroit n'était pas si désagréable.
M'avançant à pas lents, j'ai constaté que ces livres étaient presque tous des éditions de poche. J'en ai feuilleté rapidement quelques-uns, m'efforçant de saisir, avec mes rudiments d'espagnol, de quoi ils pouvaient traiter. Certains volumes étaient en mauvais état et renfermaient des nids de poissons d'argent. D'autres semblaient avoir été grignotés par diverses espèces de rongeurs.
Instruit par l'expérience, je les maniais avec précaution. Bien des années auparavant, en parcourant un vieux volume dans une librairie du nord de l'Australie, j'avais senti un objet mou remuer sous mes doigts. J'avais lâché l'ouvrage et il en était sorti un scorpion de la taille de ma main qui avait détalé dans l'obscurité.


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