Histoire réversible / Passion du livre

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.. Histoire réversible

Couverture du livre Histoire réversible

Auteur : Lydia Davis

Traducteur : Anne Rabinovitch

Date de saisie : 19/05/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-267-02954-3

GENCOD : 9782267029543

Sorti le : 07/04/2016

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  • La présentation de l'éditeur

Histoire réversible est le septième recueil de nouvelles de Lydia Davis. Fondamenalement nouveau, il s'inscrit toutefois dans le sillage de ses précédents écrits : on retrouve son amour de la langue, ses observations perspicaces, son érudition littéraire, son humour acerbe. Tout réside dans le style et l'esprit de cet auteur, dont voici quelques exemples : Souvent, elle a un ton caustique, comme dans Bloomington : " Maintenant que je suis ici depuis un petit moment, je peux affirmer avec certitude que je ne suis jamais venue avant.
" Parfois elle analyse finement les ravages causés par les bouleversements les plus terre à terre de notre quotidien : dans " Petite histoire sur une petite boîte de chocolats ", un professeur reçoit un coffret de trente-deux minuscules friandises et se voit paralysée par la multitude d'options qu'elle envisage pour les consommer. Certaines nouvelles se présentent sous la forme de lettres de réclamation, d'autres sont inspirées de la correspondance de Flaubert et donnent lieu à des improvisations spirituelles et justes sur la thématique des correspondances d'écrivains.
D'autres encore sont inspirées par les rêves de Lydia Davis elle-même, par sa famille ou ses amis.

«Par ce mélange de lucidité, de brièveté dans l'aphorisme, d'originalité dans la forme, de comédie astucieuse, de désolation métaphysique, de contrainte philosophique et de sagesse humaine, l'oeuvre de Lydia Davis est sans doute unique dans la littérature américaine.»
James Wood, The New Yorker
«Aussi puissante que Kafka, aussi subtile que Haubert et aussi représentative de son époque - à sa manière - que Proust de la sienne... Ce qui ressemble à un jeu est infiniment sérieux... Elle vous remplit de joie. Il n'existe aucun écrivain comme elle.»
Ali Smith, The Guardian
«Ce qui rend excitantes, parfois palpitantes [les nouvelles de Davis], c'est son habileté à ciseler une phrase, sa capacité à écrire avec une précision féroce, élec-trisante. Elle capture les mots tel un chasseur et utilise la ponctuation comme un piège... Un esprit original, audacieux.»
Colm Toibin, The Sunday Telegraph
«La meilleure styliste pour ce qui est de la prose américaine.»
Rick Moody

Lydia Davis est née en 1947 à Northampton (Massachusetts). Elle est l'auteur d'un roman et de six recueils de nouvelles, parmi lesquels Varieties of Disturbance, finaliste du National Book Award en 2007. Elle est aussi traductrice de Maurice Blanchot, Michel Leiris, Pierre Jean Jouve, Marcel Proust (Du côté de chez Swann) et Gustave Flaubert (Madame Bovary). Son oeuvre a été couronnée par le Guggenheim Fellowship et le Lannan Literary Prize. Lydia Davis a également reçu le Man Booker Prize en 2013 pour l'ensemble de son oeuvre. Elle a été nommée chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français.





  • La revue de presse Eric Chevillard - Le Monde du 19 mai 2016

Cent trente textes environ composent ce recueil, mais certains n'excèdent pas trois lignes. Le matériau en est extrêmement hétéroclite : courtes nouvelles, pages autobiographiques, éclats de prose et fragments poétiques. Ainsi voit-on cette belle tête pensante sous chacun de ses profils et même son ingénieux cerveau. Lydia Davis réagit en écrivain à chaque situation de la vie. Son livre fourre-tout, construit selon cette logique, obéit finalement à un principe moins arbitraire que celui du roman. Tout est lié par le style légèrement ironique de l'auteur. Sa phrase sensible ne se laisse pas abuser par les postures humaines, elle ne les décrit pas froidement comme des statues, elle explore les coulisses de notre petit théâtre public ou intime.


  • La revue de presse - Les Inrocks, avril 2016

Dans son nouveau recueil de nouvelles, l'Américaine Lydia Davis raconte de cent façons la condition humaine. Lydia Davis est un peu la Joyce Carol Oates du format court, une légende vivante qui publie beaucoup et ne déçoit jamais.



  • Les premières lignes

Une idée de pancarte

Au début d'un trajet en train, les gens cherchent une bonne place, certains examinent avec soin les passagers qui ont déjà choisi leurs sièges autour d'eux, pour juger s'ils feront d'agréables compagnons de voyage.
Dans l'intérêt général, chacun de nous pourrait arborer une petite pancarte indiquant de quelle manière nous sommes susceptibles - ou pas - de déranger nos voisins, par exemple : je n'utiliserai pas mon mobile ; je ne mangerai rien de malodorant.
Mon message serait ainsi formulé : je ne parlerai pas du tout sur mon portable, en dehors, peut-être, d'un bref appel à mon mari au début du trajet de retour, pour résumer ma visite en ville, ou plus rarement, un rapide coup de téléphone à l'aller pour prévenir une amie de mon retard ; je vais incliner mon siège au maximum pendant presque toute la durée du voyage, sauf si je grignote quelque chose ou que je prends mon déjeuner ; de temps à autre je le réglerai légèrement pour le reculer ou le redresser ; tôt ou tard je mangerai quelque chose, d'ordinaire un sandwich, parfois une salade ou une portion de riz au lait, deux portions en fait, mais congrues ; un sandwich, presque toujours au gruyère, avec très peu de fromage, juste une tranche, de la laitue et de la tomate, sans odeur particulière, du moins à mon avis ; dans la mesure du possible, je mange la salade délicatement, car avec une fourchette en plastique, c'est difficile et malcommode ; j'absorbe le riz au lait par petites bouchées, mais lorsque je retire le couvercle scellé de la boîte, retentit parfois un bruit de déchirure intense et bref ; je m'obstine à dévisser le bouchon de ma bouteille d'eau pour boire une gorgée, quand je mastique mon sandwich, puis environ une heure plus tard ; je suis plus agitée que d'autres passagers, pendant le trajet je nettoie mes mains à plusieurs reprises avec un petit flacon de désinfectant, avant de les enduire de crème à l'occasion, ce qui m'oblige à fouiller dans mon sac, à en retirer une pochette de produits de toilette, à ouvrir la fermeture Éclair, puis à la refermer et à la ranger de nouveau ; mais je suis capable de rester parfaitement tranquille quelques minutes ou plus en regardant par la fenêtre ; de me contenter de lire un livre pendant la majeure partie du voyage, avec une interruption pour aller aux toilettes, au bout de l'allée, et revenir à ma place ; un autre jour, il peut m'arriver de poser mon livre toutes les deux ou trois minutes, de prendre un petit carnet dans mon sac, de retirer l'élastique qui l'entoure, puis de prendre une note ; ou, en lisant un ancien numéro d'une revue littéraire, d'arracher des pages pour les mettre de côté, bien que je m'efforce de le faire quand le train est arrêté en gare ; enfin, après une journée en ville, je dénoue parfois mes lacets, j'enlève mes chaussures pendant une partie du trajet, surtout si elles ne sont pas très confortables, et je pose ensuite mes pieds nus dessus afin de les isoler du sol ou bien, très rarement, je me déchausse et j'enfile des mules, si j'en ai apporté une paire, je les garde jusqu'au moment où je suis presque arrivée à destination ; bien sûr, mes pieds sont très propres et mes ongles joliment vernis en bordeaux.


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