Les fous du son : d'Edison à nos jours / Passion du livre

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.. Les fous du son : d'Edison à nos jours

Couverture du livre Les fous du son : d'Edison à nos jours

Auteur : Laurent de Wilde

Date de saisie : 25/05/2016

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Essai

Prix : 22.90 €

ISBN : 978-2-246-85927-7

GENCOD : 9782246859277

Sorti le : 23/03/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Qui a pu être assez fou pour avoir eu, un jour, l'idée de faire de la musique avec de l'électricité ? Qui se cache derrière les ancêtres de nos pianos numériques actuels, ces immenses orgues criblés de fils électriques ou ces claviers surréalistes aux noms insensés - Novachord, Telharmonium, Audion Piano, Mixturtrautonium, Clavivox ou Polymoog ? Des amoureux du son, c'est sûr, mais surtout d'immenses inventeurs. Ils s'appellent Edison, Cahill, Martenot, Mathews, Moog ou encore Zinovieff et Kakehashi, ils sont américains, anglais, français, russes ou japonais, et ils ont en commun un esprit insatiablement créatif, un égal amour des circuits électriques et des notes harmoniques, ainsi qu'une vision révolutionnaire de la musique.
De 1870 à nos jours, du premier microphone aux nouveaux synthétiseurs et de l'ampoule aux écrans plats, Laurent de Wilde nous raconte les incroyables aventures des inventeurs de notre modernité et nous entraîne dans les coulisses bouillonnantes de la création où la course aux brevets s'affronte à la passion pour la musique.

Normalien, jazzman formé à New York et pianiste reconnu (prix Django-Reinhardt, Victoires de la Musique), Laurent de Wilde a été l'un des pionniers de la révolution électronique du jazz des années 2000 et continue de se produire activement. Il a publié en 1995 une biographie (Monk, Folio-Gallimard) qui a rencontré un grand succès (publié en cinq langues, prix Pelléas, prix Charles-Delaunay).





  • La revue de presse Fabrice Pliskin - L'Obs du 19 mai 2016

Ils ont su apprivoiser l'électricité pour inventer la musique du futur. Laurent de Wilde consacre un livre symphonique aux vies romanesques de ces génies méconnus. On ne naît pas Clavivox ou MixturTrautonium; on le devient. Dans «les Fous du son», ouvrage érudit et chaud bouillant, Laurent de Wilde, pianiste de jazz et normalien, chante les inventeurs de la musique électrique et de ses claviers aux noms si peu tempérés, ancêtres de notre lutherie numérique. Ces génies bidouilleurs de la Renaissance du son sont américains, français, japonais ou anglo-russes comme Peter Zinovieff, le créateur du synthétiseur VCS3, cher à Pink Floyd et à Kraftwerk.


  • La revue de presse Francis Marmande - Le Monde du 31 mars 2016

Normalien pas normal - il s'est vite fait la belle de la rue d'Ulm, en 1980, pour rejoindre Manhattan et ses clubs de jazz -, Laurent de Wilde est un pianiste et compositeur brillant. Bardé de prix, traduit en cinq langues pour son Monk (Gallimard, 1997), praticien de la joie devant la vie. On ne l'attendait pas sur ce coup-là, Les Fous du son (Grasset, 560 p., 22,90 €), une grande histoire de la musique électronique à travers les figures de ses pères fondateurs : Edison, Cahill, Miessner, Martenot, Theremin, Hammond, Schaeffer, Harold Rhodes, Bob Moog (prononcer «Mogue»), Buchla (prononcer «Boucla»), Jean-Claude Risset, Dave Smith... Un pavé jubilatoire, le roman vrai qui s'adresse à ses pairs et à ceux qui n'y pompent rien. Ça bondit, ça rayonne, ça se lit comme un chorus de Laurent de Wilde et comme un traité de la découverte.


  • La revue de presse François Gorin - Télérama du 23 mars 2016

D'Edison à Kakehashi, le jazzman Laurent de Wilde retrace la saga de la musique électronique et de ses inventeurs. Passionné et érudit...
Ne pas se laisser impressionner par son épaisseur : Les Fous du son se lit à bonne cadence tant son auteur est à l'aise en conteur et contagieux dans son enthousiasme. Pianiste de jazz émérite, une douzaine d'albums depuis 1987, de Wilde s'est révélé dix ans plus tard écrivain, avec Monk, une des meilleures monographies publiées en français sur un musicien. D'un clavier à l'autre, cet ancien normalien parvenait à garder un swing, une allégresse dans le tempo, une fluidité dans l'expression. Ces qualités s'appliquent ici à une forme plus ambitieuse : Les Fous du son est à la fois une suite de portraits, riches en anecdotes, et une histoire savante de la musique électronique entre la fin du xixe siècle et celle du xxe.



  • Les premières lignes

INTRO

Au début était le son. Au tout début, avant tout le reste. Le son, c'est de l'air qui vibre avec un peu de vivant pour le faire vibrer - il n'y a pas plus primitif que cela. La vie silencieuse n'existe pas, nous faisons tous du bruit, chacun notre petite musique, pou, thon, liane, python, crabe, gazelle, tilleul, amibe, humain, tous nous vibrons. Les bouddhistes comme les hindouistes ne s'y sont pas trompés, eux qui font naître notre monde avec le Ôm primordial, syllabe magique qui structure l'Univers dont il est la source, la somme et la substance. Le Nouveau Testament ne dit pas autre chose : au commencement était le Verbe, c'est-à-dire la voix de Dieu, autrement dit un son. Les scientifiques aussi d'ailleurs, qui théorisent l'explosion qui engendra nos galaxies, à laquelle ils ont donné le doux nom de Big Bang... À sa naissance, chaque petit de l'Homme revit cette histoire, il ne voit rien mais entend tout, plongé dès les premières secondes de son existence dans un immense chaos vibratoire dont il apprendra progressivement à décoder le sens.
Le son est partout, dans le noir, sous l'eau, dans le ciel, au centre de la terre. C'est la matrice qui nous unit, c'est le bain de notre vie. Il court dans nos os, et Pythagore, il y a plus de vingt-cinq siècles, disait déjà entendre la musique des planètes gravitant au-dessus de nous. Disons-le tout de suite : il n'y a pas que par les oreilles qu'on entend le son. Il passe en nous comme l'eau dans un buvard, par les pieds, le dos, le ventre, la tête... Son affaire c'est de vibrer, de continuer sa course, nous ne sommes que des obstacles passagers sur sa route, les témoins auditifs de sa propagation. Nous le sentons autant que nous l'entendons. Amusez-vous, allongé à plat ventre sur votre lit, à chanter la note grave et continue qui va faire résonner à l'unisson les ressorts de votre sommier et vous vous administrerez un massage phonique des plus agréables. On peut non seulement le sentir mais le voir aussi, quand il fait trembler de l'eau dans un verre...
Mais plus encore, le son parle à notre âme, il connaît l'accès direct et instantané aux replis les plus obscurs de notre être, là où sommeillent les bouffées d'éternité que sont le plaisir, les craintes, les espoirs, les tristesses, les désirs. C'est ce chemin qu'emprunte la musique qui, en apprivoisant le son, en l'ordonnant soigneusement selon ses envies et ses ambitions, tutoie l'inexplicable. C'est le mystère du chant : celui des sirènes qui attire Ulysse contre son gré vers une mort certaine, celui du chamane qui se connecte par la voix aux énergies primitives de l'univers, celui qui exhorte par ses hymnes le révolutionnaire à faire couler un sang honni, celui de la berceuse qui endort l'enfant en quête de sommeil... Maîtriser ce pouvoir magique du son est un enjeu qui fascine l'humanité depuis toujours et qu'elle n'a cessé d'explorer. Ses premiers instruments : la percussion dont les vibrations s'enfoncent dans le sol, la flûte qui fait chanter le souffle du vent, et la voix de l'homme coincé entre ciel et terre avec lesquels il rêve de se fondre. Puis viendront les cordes, les anches, les cuivres, chacun avec la couleur, l'intonation et le charme qui le fondra au mieux dans l'orchestre.
(...)


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