Mon dîner chez les cannibales, et autres chroniques sur le monde d'aujourd'hui : journal philosophique / Passion du livre

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.. Mon dîner chez les cannibales, et autres chroniques sur le monde d'aujourd'hui : journal philosophique

Couverture du livre Mon dîner chez les cannibales, et autres chroniques sur le monde d'aujourd'hui : journal philosophique

Auteur : Ruwen Ogien

Date de saisie : 31/05/2016

Genre : Philosophie

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Essai

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782246802297

GENCOD : 9782246802297

Sorti le : 02/03/2016

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  • La présentation de l'éditeur

«C'est en compagnie de Montaigne et de son merveilleux essai sur les Cannibales que j'ai choisi d'écrire ce Journal philosophique - car c'est chez lui que j'ai trouvé un point d'appui très fiable pour mon éthique minimale. Au fil des semaines et des ans, j'ai ainsi esquissé un ensemble de réflexions sur les multiples significations du relativisme moral. Et j'y ai ajouté, entre autres, quelques considérations sur la prétendue "guerre des civilisations" ou sur la difficulté de transmettre les "valeurs de la République" dans une école infidèle à sa vocation.
On y trouvera également des observations irrespectueuses sur la tendance, chaque jour plus vive, à poser des limites à la liberté de création et sur la persistance des politiques autoritaires dans les affaires de sexe, de filiation et de procréation...
Au fond, ce que j'ai voulu montrer dans ce Journal écrit au fil de l'actualité, c'est qu'il est possible de penser notre monde en évitant les deux maux qui frappent tant de bons esprits d'aujourd'hui : l'optimisme béat et le catastrophisme dépressif.»

R. O.

Membre du CNRS, spécialiste de philosophie morale, Ruwen Ogien a déjà publié, chez Grasset, L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine, La guerre aux pauvres commence à l'école et Philosopher ou faire l'amour.





  • La revue de presse - Les Inrocks, mai 2016

Dans un recueil de ses chroniques sur l'actualité, Mon dîner chez les cannibales, le philosophe Ruwen Ogien déplace les catégories de pensée dominantes sur les débats éthiques de notre époque. Contre toutes les formes de paternalisme, l'auteur défend le cadre revigorant d'une éthique minimale pour penser le monde...
A contre-courant, à la lisière de la provocation s'il ne s'appuyait sur une lucidité admirable, Ruwen Ogien dérange les catégories figées du débat public, déplace les présupposés avec une fulgurance sensible, jamais agressive. Si certains dans le camp des conservateurs le voient comme un penseur sulfureux voire dangereux, il est pourtant frappant, en le lisant, de voir en lui un héritier d'un humanisme philosophique qui n'en revendiquerait pas même le nom puisqu'il se méfie des grands mots. La puissance d'une pensée se mesure aussi à la basse intensité des mots qui résonnent en elle. L'air de rien, les mots chuchotés de Ruwen Ogien portent loin, et sonnent juste.


  • La revue de presse Julie Clarini - Le Monde du 31 mars 2016

Sus au « délire catastrophiste », ­semble lancer Ruwen Ogien avec ce journal philosophique qui ­rassemble des chroniques écrites au fil de l'actualité...
Sous le signe de Montaigne, le chercheur au CNRS signe un ­livre percutant, et parfois hilarant - ce qui ne gâte rien


  • La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 10 mars 2016

Sexe, blasphème, souci de soi : le penseur français développe dans «Mon Dîner chez les cannibales» ses réflexions sur l'éthique sociale aux conclusions parfois radicales...
Avec ce style démonstratif emprunté à la philosophie anglo-saxonne, épuré et clair, agrémenté de pointes d'humour, Ogien pose en effet ses hypothèses, les démontre soigneusement, compare ses thèses à celles d'autres penseurs, tient toujours compte du point de vue opposé au sien et, sur les questions les plus épineuses concernant le sexe, le clonage, le traitement des animaux, l'excision, l'inceste, l'eugénisme, la tolérance, la «guerre des civilisations», l'accueil des réfugiés, arrive toujours, en douceur, à des conclusions «extrêmes», inouïes, dont le but est de «susciter la perplexité» - par où commence, il est vrai, le libre exercice de la pensée...
Placé sous l'égide d'un Montaigne «rêvé», l'ouvrage recueille les interventions (parfois très brèves) de Ruwen Ogien dans les débats sur les questions d'éthique sociale et se lit très facilement, en allant sans ordre d'un chapitre à l'autre.



  • Les premières lignes

1. LA GUERRE DES CIVILISATIONS N'AURA PAS LIEU

L'idée qu'il existe des différences profondes entre les visions du monde «occidentale», «asiatique», «musulmane», etc., a toujours été très fortement contestée.
Mais elle n'a jamais manqué non plus de soutien intellectuel.
D'innombrables travaux historiques et ethnologiques ont essayé de lui donner un certain crédit scientifique.
Dans la plupart des cas, l'intention était plutôt bienveillante : nous ouvrir à des modes de pensée supposés différents des nôtres et nous inviter à les respecter.
Il y a près de vingt ans, le politologue américain Samuel Huntington a proposé une version beaucoup moins sympathique de cette idée.
D'après lui, les divergences de visions du monde sont à l'origine de conflits implacables et interminables qui prendront des formes de plus en plus violentes.
Huntington avait résumé cette prophétie inquiétante en un slogan martial qui fit fortune : le «choc des civilisations»l.
Le simplisme, les aspects caricaturaux et les incohérences de ce slogan furent vite dénoncés.
Mais les débats publics présents autour des causes du «terrorisme» ou des conditions d'accueil en Europe de migrants et de réfugiés venant du monde entier montrent que ce slogan continue de faire des ravages.
Il n'est donc peut-être pas inutile de rappeler qu'il ne résiste pas à l'examen philosophique.

L'invention du «choc des civilisations»

Certains responsables politiques chinois font campagne contre la conception dite «universaliste» des droits de l'homme sous le prétexte qu'il s'agirait d'un produit intellectuel dérivé d'une vision du monde typiquement «occidentale». Mais cette attaque est conduite au nom d'un idéal productiviste et d'une philosophie sociale dite «matérialiste» et «scientifique», qui sont des produits typiques de la pensée «occidentale On ne peut pas dire que le raisonnement soit particulièrement cohérent.
Ce qui le rend si fragile, en réalité, c'est qu'il n'est pas facile de distinguer clairement les visions du monde «occidentale» et «non occidentale» à partir du moment où on laisse tomber les clichés et les préjugés les plus grossiers.
Cette difficulté n'a pas empêché Samuel Huntington d'affirmer l'existence d'un conflit impitoyable fondé sur leur opposition radicale.
Son idée principale est que, durant la longue période de guerre froide entre deux grands blocs dirigés par les États-Unis et l'Union soviétique, les conflits internationaux étaient alimentés par la rivalité des conceptions de l'organisation économique, de la justice sociale et des libertés individuelles défendues par chaque camp.
Pour Huntington, les conflits dont nous sommes aujourd'hui témoins sont totalement différents.
Ce qui les caractérise, affirme-t-il, c'est que leur fondement n'est pas politique ou économique mais culturel et religieux.


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