Pristina / Passion du livre

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.. Pristina

Couverture du livre Pristina

Auteur : Toine Heijmans

Traducteur : Danielle Losman

Date de saisie : 16/02/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 18.00 €

ISBN : 978-2-267-02921-5

GENCOD : 9782267029215

Sorti le : 14/01/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Fonctionnaire du gouvernement néerlandais, Albert Drilling est chargé de s'assurer que les demandeurs d'asile retournent dans leur pays d'origine lorsque toutes les procédures légales d'accueil ont été épuisées. Ceci avec le minimum de désagréments pour son ministre de tutelle. Ayant jusqu'alors conduit toutes ses missions avec succès, il est envoyé sur une île au large de la côte nord de la Hollande, à la recherche d'une jeune femme demeurée illégalement sur le territoire.
Ne disposant que de son nom - Irin Past -comme indice, Albert Drilling mène une enquête plus ardue que les précédentes, qui l'entraînera bien au-delà des frontières insulaires...

«Ce qui fait de Pristina un grand roman tient au fait que Toine Heijmans déploie une écriture de grande qualité pour s'emparer d'une question sociopolitique de premier ordre.» de Volkskrant

Toine Heijmans est né en 1969 à Nimègue, dans l'Est des Pays-Bas. Il a suivi des études d'Histoire à l'Université de Nimègue, au cours desquelles il a travaillé pour des quotidiens locaux. En 1995, il a rejoint la rédaction du journal De Volkskrant, à Amsterdam. Il est également l'auteur de trois ouvrages de non-fiction : La Vie Vinex, dans lequel il étudie le nouveau quartier résidentiel d'Amsterdam, Die Asielmachine, qui rassemble des témoignages de demandeurs d'asile aux Pays-Bas et Respect !, qui interroge le milieu du rap en Europe.
En mer, son premier roman, est paru en 2011. Il a été récompensé par le Prix Médicis étranger 2013.





  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 14 janvier 2016

Pristina est un roman d'actualité - intime et internationale. Il se passe sur une île frisonne, au large et au nord des Pays-Bas ; au Caire, pendant la «révolution» de 2011 ; dans un camp de détention pour étrangers illégaux près de Rotterdam. Il finit à Pristina, capitale du Kosovo, autour d'une église serbe. Il a aussi, en quelque sorte, un sujet : le destin et la mémoire d'une jeune étrangère, Irin Past, en voie d'être expulsée dans un pays, la Hollande, qui semble assez protestant pour respecter ses règles avec autant de rigueur que sa mauvaise conscience le lui permet, et avec autant de cynisme que sa bonne conscience l'y autorise.



  • Les premières lignes

Tout le monde sait qui est l'homme qui descend du bateau, et ce qu'il vient faire sur l'île. Un homme en costume, un homme seul - on ne voit pas ça souvent et surtout pas en cette saison, alors que les baigneurs sont rentrés chez eux et que le bateau ne transporte plus que des îliens et des pensionnés, parfois des ouvriers du bâtiment ou une poignée d'ornithologues chiffonnés. Les solitaires, ils y sont habitués, et ils savent comment s'y prendre avec eux. Eux-mêmes sont des solitaires, eux qui habitent l'île : pilleurs d'épaves, commerçants, flibustiers. Fréteurs, gens de la pêche. Enfileurs de vers. Flemmards. Bricoleurs. Des créatures qui se sont trouvées comme une bande d'oiseaux sur la plage à marée basse.
Mais un nouveau solitaire, c'est autre chose. Ça se remarque.
On est en novembre, c'est la morte-saison, et l'île n'est plus que silhouettes dans un anneau de brume. Un dessin au crayon, fait à la va-vite et estompé à la gomme. Ainsi repose-t-elle sur la mer ondoyante - ce n'est qu'en s'approchant que l'on s'aperçoit qu'il s'agit bien d'une île.
Sitôt la passerelle abaissée, l'homme descend du bateau. Il traîne derrière lui une valise à roulettes couleur cuivre qui cahote sur les pavés. Le bruit des roulettes rebondit sur le parapet et revient par vagues, il envahit la Dorpsstraat comme un char d'assaut - l'homme fait un fameux chahut avec sa valise, mais lui-même n'entend rien. Il est le seul à ne rien entendre, sauf ses pensées dans sa propre tête.
Dans la valise se trouve tout ce dont il a besoin : le dossier, trois chemises, deux pantalons, son ordinateur portable et une fiche de prise universelle.
Durant la traversée, il n'a pas mis les pieds sur le pont. Il est allé se chercher un café dans un gobelet de carton, s'est installé au salon pour lire les ordonnances jointes au dossier par son département. Les documents ne lui semblaient pas en ordre. Ça arrivait souvent et ça l'irritait. La chronologie manquait, les adresses sur certaines lettres étaient incorrectes et le paraphage était un foutoir. Le dossier était un bouquet de feuillets A4 grappillés, glissé dans un classeur - et le tour était joué. Muni de suffisamment de cachets, ça aide, et émargé par le directeur général, le secrétaire général et le ministre en personne. Il devait se débrouiller avec ça.
Sur le premier feuillet de la pile était collé un post-it rose : Anton, ça se passe de commentaires. Je peux compter sur toi ? G.
Naturellement, qu'on pouvait compter sur lui.
L'homme retira le post-it et le mit de côté.


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