La frontière du loup / Passion du livre

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.. La frontière du loup

Couverture du livre La frontière du loup

Auteur : Sarah Hall

Traducteur : Éric Chédaille

Date de saisie : 18/02/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-267-02934-5

GENCOD : 9782267029345

Sorti le : 14/01/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Rachel Caine travaille dans une réserve indienne de l'Idaho. Elle est sans nul doute le meilleur expert britannique de la biologie et du comportement des loups.
À la demande d'un riche propriétaire terrien militant de la cause environnementale, elle accepte de rentrer en Écosse pour l'aider à réintroduire le loup gris dans son domaine. Pour Rachel, ce retour en Combrie n'est pas uniquement synonyme de changement professionnel. Enceinte depuis peu, elle doit également se réconcilier avec sa famille désunie et faire face au défi que représente la réintroduction d'un animal disparu de l'île depuis plus de cinq siècles.
Sur fond de débat sur l'indépendance de l'Écosse, Sarah Hall interroge la nature fondamentale de l'homme et de l'animal, se penche sur les concepts d'écologie et de progrès.

«Quelle réussite ! C'est tellement vif, vivant, dynamique. Je pouvais voir les loups et les personnages défiler dans le paysage comme un film dans ma tête. Il m'a été difficile de me défaire de ce livre dès lors que je m'en suis emparée. Une construction magnifique.» (Val McDermid)

Sarah Hall est née en 1974 dans le comté de Cumbria, en Angleterre, à la frontière de l'Écosse, et a grandi dans la petite ville de Bampton. Son premier roman, Haweswater, paru en 2002, a obtenu le Commonwealth Writers First Novel Prize en 2003. Le Michel-Ange Électrique a été sélectionné pour le prix Orange de la meilleure oeuvre de fiction, aux côtés des romans de Toni Morrison et Margaret Atwood, et a figuré sur la dernière sélection du Man Booker Prize en 2004.
En 2007, elle a gagné le Prix John Llewellyn Rhys. Pour La belle indifférence, elle a reçu le prix Edge Hill University 2012, qui distingue le meilleur volume de nouvelles de l'année.





  • La revue de presse Macha Séry - Le Monde du 18 février 2016

Etudier les animaux ne garantit pas de comprendre les hommes...
Par où on voit que la «frontière» du titre ne désigne pas seulement l'enceinte des Canis lupus : elle est aussi sentimentale, familiale et politique. Auteure, chez Christian Bourgois, du Michel-Ange électrique (2004),de Comment peindre un homme mort (2010) et du recueil La Belle Indifférence (2013), Sarah Hall, 42 ans, l'une des écrivains britanniques les plus prometteurs de sa génération - selon la revue littéraire Granta -, brosse le portrait sensible d'une femme sortie de sa zone de confort.


  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 13 janvier 2016

La romancière anglaise mêle rapports humains et sauvagerie animale, romantisme et modernité au sein d'une nature omniprésente. C'est une histoire de loup. Comme dans les contes. Mais d'aujourd'hui. C'est-à-dire teintée d'écologie, de politique, autant que d'archaïques et sorcières relations entre les filles et les mères, et de très romantiques vertiges autour de l'amour et du sexe... Modernité et tradition mêlées...
Le long et tumultueux récit file comme un torrent, où les dialogues s'incrustent et s'emboîtent dans la nature omniprésente. C'est magnifique de profondeur et de légèreté, écrit à fleur de peau et de sensation tout en plongeant dans des abîmes de sauvagerie, de haine, de peur, de refus, de fuite, de solitude. Ceux-là même des loups, nos frères.



  • Les premières lignes

Le vieux pays

Ce n'est pas souvent qu'elle rêve d'eux. Dans la journée, ils se montrent insaisissables, se cantonnant dans les hautes herbes de la réserve, disparaissant du périmètre de la tanière. Prestes ou paresseux, ils traversent leur paysage mordoré et s'en vont dormir sous des arbres tombés, indétectables dans les deux cas. Leurs éclipses se sont perfectionnées. Ils s'en reviennent nuitamment. Les caméras les filment, yeux rouges, museau obscur, retour d'une chasse. Ou bien elle les entend hurler, longue harmonique, le long de la zone tampon. L'un d'eux en tête, puis d'autres en nombre. La nuit, nul besoin d'imaginer, nul besoin de rêver. Ils règnent hors de l'esprit.
La neige recouvre maintenant Chief Joseph, un automne précoce. Les sapins ploient patiemment, les cours d'eau voient blanc. Dans l'arrière-pays, les réserves de venaison et les tuyauteries des cabanes commencent à geler. Les ranchs des milliardaires sont désertés, thermostat réglé, portail verrouillé. Les routes sont ouvertes, mais on ne voit guère de visiteurs. Les colloques et assemblées indiennes de l'été ont pris fin depuis longtemps. Seuls les casinos fonctionnent, enterrements de vie de garçon et vieilles dames dépendantes au jeu, sur fond de réparation des néons. Bientôt, la meute sera repartie elle aussi - vers le nord sur la piste du caribou -, le centre fermera pour l'hiver et elle s'envolera vers son Angleterre natale. Sa première visite en six ans. La dernière s'est mal terminée, sur une dispute, une famille déchirée. Il est fait appel à elle pour mettre en oeuvre la lubie d'un personnage richissime, un homme qui possède près d'un cinquième du comté où elle a grandi. Et puis sa mère est en train de mourir. Aucune de ces obligations ne présente un caractère d'urgence ; les deux protagonistes peuvent attendre, avec plus ou moins de patience. D'ici là, la neige. Les loups de Chief Joseph flairent des empreintes de sabots et quittent la tanière pour de courtes excursions. Leurs rejetons ont grandi et sont prêts. Ils vont se mettre en chemin d'un jour à l'autre. Les conseils tribaux se réunissent à Lapwai pour parler bourses d'études, entretien de la voirie, quotas de chasse imposés par le gouvernement et protection des loups. La comète de Hernandez est basse et peu lumineuse dans le quadrant oriental, au-dessus des parcelles habitées par les survivalistes.

La nuit qui précède son départ de l'Idaho, Rachel rêve d'eux et de Binny. Binny est assise sur un banc de bois dans l'ancienne réserve naturelle, en face des huttes à oiseaux. Elle est vêtue d'un grand manteau de cuir et fume une cigarette roulée. Elle porte un chapeau cloche vert sur des cheveux noirs coupés court. C'est l'anniversaire de Rachel. Voici ce qu'elle a souhaité pour l'occasion : une journée à Setterah Keep, la ménagerie victorienne en ruine qui se dresse dans les bois de Lowther Valley. Elles ont fait le tour du parc aux sangliers, elles sont allées voir les loutres, les paons et les rapaces nocturnes. Binny aime bien le grand-duc. Elle aime ses oreilles inclinées, la fixité du tunnel orange de ses yeux. Elle fume, immobile et silencieuse, et observe l'oiseau qui se lisse les plumes et agite des ailes aux rémiges rognées. Elle n'est que squelette et seins sous son manteau ; un corps qui gagne à être dénudé, une plastique à ruiner les hommes. (...)


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