Suburra / Passion du livre

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.. Suburra

Couverture du livre Suburra

Auteur : Carlo Bonini | Giancarlo De Cataldo

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 28/04/2016

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque italienne

Prix : 23.00 €

ISBN : 9791022601481

GENCOD : 9791022601481

Sorti le : 07/01/2016

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Samouraï, ex-leader fasciste devenu gangster, est sur le point de réaliser le couronnement de sa carrière criminelle : piloter en sous-main un gigantesque projet immobilier prévoyant la bétonisation du territoire, du bord de mer jusqu'à la capitale. Pour cela, il lui faut maintenir à tout prix la paix entre les différentes mafias qu'il fédère : Calabrais, Napolitains, Gitans... Il s'appuie aussi sur les réseaux de Malgradi, politicien priapique et véreux. Mais une nuit de débauche tourne mal, et la pagaille et les règlements de comptes s'installent.
Samouraï voit se dresser contre lui un ex-disciple, Marco Malatesta, désormais à la tête d'une unité d'élite de carabiniers. À ses côtés Michelangelo, procureur pianiste de jazz, et trois femmes, Alba, collègue et ex-petite amie, Alice, son nouvel amour, blogueuse altermondialiste, et Sabrina, ex-pute, incarnation du bon sens populaire au pays de la gauche caviar médiatique. Des salons chics aux gigantesques night-clubs de la périphérie où l'on mange, se drogue, tue et se prostitue avec une monstrueuse vitalité, De Cataldo et Bonini racontent les coulisses criminelles de Rome.
Dans ce récit dont l'actualité a mis en évidence la véracité documentaire jusque dans les moindres détails, De Cataldo démontre une fois encore qu'il a su tirer le meilleur parti des influences qu'il revendique, de Balzac à Ellroy en passant par Tarantino. Ce roman a été adapté au cinéma par Stefano Sollima (Comorra et Romanzo Criminelle TV).

Carlo Bonini est journaliste d'investigation à La Repubblica, et grand connaisseur des dessous politiques et policiers italiens.
Giancarlo De Cataldo, juge au tribunal de Rome, est l'auteur entre autres de Romanzo Criminale et de Je suis le Libanais.





  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, avril 2016

Le journaliste Carlo Bonini et le magistrat écrivain Giancarlo De Cataldo ont uni leurs connaissances du milieu et de l'actualité pour imaginer une histoire terriblement réaliste...
Mais la fiction n'est pas oubliée dans ce roman ambitieux où la violence est rendue supportable grâce à l'humour. Car jamais ces tueurs aussi glaçants que ridicules ne sont idéalisés.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 6 avril 2016

La lecture en est aussi effrayante que savoureuse, le regard est tranchant, l'ironie, ravageuse. Cataldo et Bonini excellent dans les dialogues, brossent des portraits denses et formidablement vivants. Et démythifient la Mafia. Pas de code d'honneur, de parrains magnifiques ni autres fariboles ici, juste le cynisme, la rapacité, l'argent comme seule valeur qui vaille. A l'image du monde tel qu'il va. Glaçant.


  • La revue de presse Christophe Forcari - Libération du 25 février 2016

Après Romanzo criminale, le magistrat et auteur de polar Giancarlo De Cataldo poursuit son exploration de la face noire de la ville éternelle, bien loin de la Rome de la «dolce vita». Ici, il s'agit de «la bruta vita», une vie romaine mauvaise teintée de sang, empuantie par la corruption et les connivences entre truands, hommes politiques et journalistes peu scrupuleux...
Ce qui se dessine au fil des pages est une sorte d'éthique du truand. Une morale qui repose sur la loi du plus fort et bafoue les conventions en vigueur. Une éthique d'inspiration clairement fasciste...
Giancarlo De Cataldo a déclaré à plusieurs reprises avoir regardé de près le travail mené par James Ellroy sur la ville de Los Angeles pour tenter le même sur la capitale italienne. En tout cas, avec ce deuxième volet, il maintient le souffle rapide, sec, qu'il avait déployé dans Romanzo criminale.


  • La revue de presse François Lestavel - Paris-Match, janivier 2016

ans « Suburra », gangsters, politiciens et évêque font cause commune. Un polar inspiré de l'actualité...
Ces malfrats portent des surnoms cocasses, Foin, Paille, Numéro 8 ou Nitché, mais lorsqu'ils laissent parler leur nature de brutes dans les rues de Rome, fini de rire, le sang coule à flots. En pleine pax mafiosa, une étincelle a mis le feu aux poudres  : la mort d'une prostituée lituanienne dans un hôtel-lupanar où s'ébattait le député Malgradi. Dire que tout ce petit monde s'était mis d'accord autour d'un juteux projet, béni par l'évêque Tempesta  : bétonner les faubourgs de la capitale jusqu'à la mer...
Ecrit en collaboration avec son ami le journaliste d'investigation Carlo Bonini, « Suburra » de Giancarlo De Cataldo, est un roman noir passionnant puisé aux sources sulfureuses de la réalité italienne.


  • La revue de presse Macha Séry - Le Monde du 7 janvier 2016

Il y a dans ce livre de la politique, du rythme et du nerf, des psychopathes et des personnages madrés et, surtout, une grande intelligence. Cataldo et Bonini démontrent que la littérature est ­doublement l'art de relier les points  : entre deux événements, pour en montrer les ressorts ­secrets, et ­entre les phrases. ­Passionnant.



  • Les premières lignes

Dans l'obscurité humide de la nuit d'été, trois hommes attendaient à bord d'un fourgon de carabiniers Fiat Ducato, garé sur le quai du Tibre. Ils portaient des uniformes mais c'étaient des criminels. Dans la Rome interlope, on les connaissait sous les noms de Botola, Lothar et Mandrake. Botola descendit du fourgon et fit face au fleuve. Il tira de sa poche un biscuit Gentilini effrité et le posa sur le parapet. Reculant de quelques pas, il se plongea dans la contemplation d'une mouette qui piquait du bec les restes du sablé.
- C'est beau, les mouettes.
Il remonta dans le fourgon. Celui qu'on appelait Lothar alluma sa énième cigarette et souffla bruyamment.
- J'en ai plein le cul. Qu'est-ce qu'on attend ?
- Je te suis ! dit avec conviction Mandrake. Botola secoua la tête, inflexible.
- Samouraï a dit à deux heures précises. Pas une minute avant, pas une minute après. Ce n'est pas encore le moment.
Les autres protestèrent. Mais de quoi on parle ? Dix minutes d'avance, qu'est-ce que c'est ? Et puis, dans la rue, jusqu'à preuve du contraire, c'est eux qui y étaient, pas Samouraï. Alors, quoi, Samouraï, il avait les yeux partout, peut-être ? C'était qui, le bon Dieu, pour pouvoir les contrôler à chaque instant ?
- Le bon Dieu, peut-être pas, concéda Botola, avec un soupir. Mais si tu me parles du diable, t'en es pas loin.
- Ouais, c'est ça, le diable ! ironisa Mandrake. C'est un homme comme nous : Samouraï par-ci, Samouraï par-là... Moi, si j'devais te dire, je l'ai jamais vu se salir les mains, c'te Samouraï... Pour parler, ça, il sait parler, y a rien à redire... mais c'est facile, quand le risque c'est les autres qui le courent.
Botola les toisa, avec un demi-sourire de commisération. Ils ne se rendaient vraiment pas compte, les pauvres couillons !
- Vous vous le rappelez, Gnon ?
A Lothar et Mandrake, ce nom ne disait rien.
Botola raconta une histoire.
Il y a ce boxeur du Mandrione, il s'appelle Sauro, dit Gnon à cause de son gauche de la mort. Une bête, aussi fort des bras que faiblard du ciboulot, pauvre Gnon. S'il avait été juste un peu plus malin, il se serait pas collé avec Samouraï dans une histoire de drogue. Oui, parce qu'à un certain moment, après une affaire de rencontres truquées, la Fédération lui retire sa licence, et Gnon se met à vendre un peu de produit pour le compte de Samouraï. L'ennui, c'est que Gnon se croit très malin. D'abord, il commence par se sucrer au passage, puis, quand il se sent plus sûr, il choure une grosse livraison, la vend pour sa poire et disparaît. Il reste caché trois, quatre mois et un beau jour reparaît. Avec le fric piqué à Samouraï, il s'est acheté une salle de sport, a recruté quatre loubards de banlieue et s'est mis à dealer à son compte. Samouraï essaie de le récupérer en douceur et va le voir à la salle. Il lui propose un accord raisonnable : cinquante pour cent de la propriété du club et de tout le réseau en échange de la paix. Gnon ne veut rien entendre. Il appelle ses loubards et attaque tête baissée. À cinq contre un, Samouraï se défend comme il peut, mais à la fin il en prend plein la tête. Ils le balancent dans une impasse à moitié mort et il lui faut pas mal de temps pour se remettre. Un soir, à la salle, se présente un type jamais vu jusque-là. Il s'inscrit, commence à soulever des poids, bavasse un peu avec les loubards du chef. Quand c'est l'heure de fermeture, et que Gnon est resté seul avec ses fidèles sous-fifres, le type jamais vu sort d'abord un pistolet-mitrailleur Skorpion, comme ceux qu'utilisent les terroristes, et les colle au mur. Cinq minutes passent. (...)


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