Et elle me parla d'un érable, du sourire de l'eau et de l'éternité / Passion du livre

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.. Et elle me parla d'un érable, du sourire de l'eau et de l'éternité

Couverture du livre Et elle me parla d'un érable, du sourire de l'eau et de l'éternité

Auteur : Antoine Paje

Date de saisie : 23/11/2015

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fleuve éditions, Paris, France

Collection : Littérature générale

Prix : 17.90 €

ISBN : 9782265099159

GENCOD : 9782265099159

Sorti le : 12/11/2015

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  • La présentation de l'éditeur

Du point de vue des critères de la société d'aujourd'hui, Alexandre Khraunos a tout pour être heureux.
Il cumule un physique avenant, une excellente situation professionnelle, et il vient de trouver un agréable appartement à louer dans un immeuble tranquille de la capitale. Dorloté par Élise Beauregard, sa voisine qui lui mitonne des petits plats, il semble épanoui.

Mais lorsque la vieille dame douce et charmante meurt seule à l'hôpital, il commence à prendre la mesure du désert affectif qu'est en réalité sa vie, et surtout son manque évident d'attention aux autres.

Hormis son cousin avec qui il a été élevé par sa tante Catherine après le décès de sa propre mère, il n'a personne. Il décide un jour de reprendre contact avec un ancien camarade de classe, Guillaume, qu'il découvre père de famille et marié à une femme remarquable : Emma. Grâce à ce couple aussi amoureux que bienveillant, Alexandre va peu à peu se mettre à l'écoute des minutes décisives qui vont changer son existence de manière radicale...

«Un véritable remède contre la fatalité.»
Audrey Clabeck, auteur du blog Que lire ?

ANTOINE PAJE est né en septembre 1971 à Paris. Diplômé de l'ENSIA, devenue AgroParisTech, il a longtemps été gérant de société. Puis il a réalisé un jour que le temps passait, et qu'il lui manquait l'essentiel : vivre l'instant présent, chaque jour, chaque minute, lia décidé de monter dans le train de sa vie, plutôt que de le regarder défiler. Depuis, il sait que chaque seconde qui s'égrène peut dissimuler un trésor d'éternité.





  • Les premières lignes

ANTOINE

Qui était Élise Beauregard ? Une femme âgée qui m'a offert deux pénibles mais précieux cadeaux : un remords durable et ma première prise de conscience de l'importance considérable de certaines minutes. Nous connaissons tous cette blague pour enfants : «Qu'est-ce qui pèse le plus lourd, d'un kilo de plomb ou d'un kilo de plume ?» C'est l'inverse dans le cas des minutes. A la question : «Combien vaut une minute ?», nous répondrions : «60 secondes». Rien ne saurait être plus faux. Certaines minutes comptent bien 60 secondes. D'autres valent une éternité ou, du moins, une vie.
Malgré cela, on leur accorde peu d'importance. Une heure, ça impressionne. On peut en faire des choses en une heure, n'est-ce pas ? Tout peut pourtant basculer en une minute, d'autant plus facilement que 99 % du temps, on ne la voit pas passer. Dans l'immense, et parfois monotone, défilé des minutes se cachent les plus étincelantes.
Revenons-en à Élise. Voici une confidence difficile à faire. Soit on passe pour un gros prétentieux doté d'un ego surdimensionné, soit pour un irrécupérable imbécile. Bon, je me lance. A bien y réfléchir, il y a peu de choses dont j'ai eu honte au cours de ma vie. Je veux dire une véritable honte, de celles qui vous harcèlent de temps en temps, lorsqu'on s'y attend le moins. La honte est une émotion (ou un sentiment, je ne sais pas) importante. C'est un regard sur soi, un regard sans concession. On peut fanfaronner, prétendre qu'on se fiche de nos actions peu glorieuses, voire carrément nulles ; le plus souvent, c'est faux. Existe en nous une petite voix qui nous assaille parfois sur le mode : «Ben mon pote, si t'es satisfait de toi avec ce que tu as fait, tu n'es vraiment pas difficile !» Or, il n'y a pas moyen de la museler parce que, cette voix, c'est nous. Autant on pourra envoyer sur les roses quelqu'un qui nous fait remarquer qu'on ne s'est pas bien conduit, autant, il est impossible d'ordonner à la petite voix de la boucler. La meilleure solution consiste donc à ne pas la provoquer. Et la seule façon d'y parvenir, c'est de se débrouiller pour ne pas avoir honte de nos actions. Plus facile à dire qu'à faire, je sais. Je devais le découvrir avec Elise, qui ne s'appelait pas Elise.
Ces hontes confidentielles vous gâchent certains moments, parce que l'on songe qu'on n'a pas été à la hauteur et qu'on ne dispose d'aucune excuse valable pour l'expliquer, se justifier à ses propres yeux, même en cherchant bien.
R.I.P., Élise. Et pardon.


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