C'est l'histoire de la Série noire : 1945-2015 / Passion du livre

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.. C'est l'histoire de la Série noire : 1945-2015

Couverture du livre C'est l'histoire de la Série noire : 1945-2015

Auteur : Alban Cerisier | Franck Lhomeau

Préface : Antoine Gallimard

Date de saisie : 11/12/2015

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Album beaux-livres

Prix : 29.00 €

ISBN : 9782070107094

GENCOD : 9782070107094

Sorti le : 13/11/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

La Série Noire est née durant l'été 1945. Marcel Duhamel l'a dirigée pendant trente-trois ans, au sein de la maison d'édition de Gaston et Claude Gallimard. Ami de longue date de Jacques Prévert et de Raymond Queneau, féru de littérature américaine, Marcel Duhamel s'est entièrement voué à cette passionnante et frénétique entreprise éditoriale, commencée modestement avant de devenir l'une des collections phares de la NRF. Bon marché et largement diffusée, la Série Noire a été accueillie à bras ouverts par les lecteurs français de l'après-guerre fascinés par l'Amérique, scène mythique de ces romans noirs rugueux et haletants, hérités des pulps et puissamment relayés par le cinéma. «C'est Duhamel qui a créé le genre avec sa Série Noire, a pourtant écrit Manchette. Duhamel a inventé la grande littérature morale de notre époque. Il faisait semblant de ne pas le savoir.» L'homme, professionnel tenace, n'était pas dogmatique ; sa collection ne l'a pas été plus que lui, trouvant, de son vivant comme à sa suite, les moyens de se réinventer ou de se réajuster, sans piétiner l'héritage.
Jamais un album n'avait été consacré à l'histoire éditoriale, commerciale et littéraire de cette collection emblématique, riche de quelque trois mille titres. L'anniversaire de ses soixante-dix ans offre l'occasion d'y remédier, en retraçant un parcours rythmé par la succession de quatre directeurs et par les métamorphoses d'un genre, porté par plusieurs générations d'auteurs - anglo-saxons, français puis du monde entier -, tous animés par une certaine conscience de notre temps.
Trois cents documents, issus notamment des archives de la maison Gallimard, viennent ainsi illustrer des contributions inédites sur l'histoire de la Série Noire, d'hier à aujourd'hui.

Sous la direction de Franck Lhomeau et Alban Cerisier,
avec la collaboration de Benoît Tadié, Claude Mesplède, Patrick Raynal et Aurélien Masson.
Avant-propos d'Antoine Gallimard.





  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 9 décembre 2015

Des livres bon marché, deux titres par mois, des écrivains comme Chandler ou James Cain, pour commencer. Puis la Série noire a changé au fil de ses directeurs, de ses auteurs, évoluant sans cesse, se renouvelant sans fin. Son histoire éditoriale est un véritable feuilleton, ici largement illustré par des documents irrésistibles où l'humour le dispute à la nostalgie.



  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos d'Antoine Gallimard

La Série Noire est une collection vivante. Elle est présente dans toutes les librairies autant que dans les mémoires. Elle a son passé, son présent et son avenir. L'envisager autrement que dans cette durée serait malheureux ; et écrire son histoire n'est pas dire que toute sa vérité réside dans l'héritage de ce qu'elle a été et dans le souvenir que, lecteurs ou spectateurs, nous en gardons. Pour garder son âme, la Série Noire s'est métamorphosée. De sérielle et presque industrielle (ce qui n'exclut pas les chefs-d'oeuvre...), elle est devenue plus sélective ; nous y publions aujourd'hui en un an ce que Marcel Duhamel, Robert Soulat et Christian Mounier faisaient paraître en un mois dans les années 1960 et 1970. Ce n'est pas la marque d'un déclin, même si les tirages moyens de la collection ne sont plus ceux de James Hadley Chase, de Peter Cheyney ou de Carter Brown. C'est une nature qui s'exprime autrement, car on n'écrit ni ne lit plus les polars comme il y a cinquante ans. Le genre s'incarne et se pratique autrement. Et si une bienveillante nostalgie nous relie encore à une haute époque du polar, essentiellement héritée de l'Amérique urbaine de l'entre-deux-guerres puis d'une certaine mythologie d'un banditisme à la française, elle n'obture pas l'horizon, toujours ouvert et changeant, peuplé de nouveaux auteurs.
À plusieurs reprises depuis trente ans, je suis intervenu sur la ligne éditoriale de cette collection magnifique, joyau populaire de la Maison que m'ont confiée Gaston et Claude Gallimard, aux côtés de la collection Blanche ou de la «Bibliothèque de la Pléiade». D'ajustement en ajustement, j'ai cherché avec mes collaborateurs à redéfinir sa place dans l'univers du roman policier contemporain, tel qu'il se manifeste sur les tables des librairies et dans le quotidien des lecteurs. J'ai dû bouger les lignes d'une couverture mythique, convaincu qu'une «vie bien vivante» ne devrait pas se répéter. Mais surtout, pour citer Montaigne (à moins que ce ne soit David Bowie), parce que «tout mouvement nous découvre». La Série Noire l'a parfaitement montré, et à plusieurs occasions : avec l'arrivée de Manchette, par exemple, puis l'émergence d'une belle génération d'auteurs comme Didier Daeninckx, Jean-Bernard Pouy, Thierry Jonquet, Daniel Pennac ou Tonino Benacquista, qui ont tant apporté à notre Maison ; avec la découverte, plus récemment, de grands écrivains septentrionaux, ou encore d'écrivains sud-américains, africains ou russes ; enfin avec ces auteurs français que nous publions aujourd'hui et dont les oeuvres inspirent déjà, je l'espère, les écrivains de demain.
Nous avons de quoi être fiers de cette belle histoire, ici présentée pour la première fois au travers d'archives éditoriales inédites. On y comprendra notamment que la Série Noire de Marcel Duhamel, toute autonome qu'elle pût être dans son fonctionnement quotidien, n'était pas une enclave à la NRF, un État dans l'État, un corps étranger. La Série Noire était un projet, un enfant désiré. Sa naissance a été préparée par plusieurs collections et de nombreuses publications avant-guerre - je pense aux «Chefs-d'oeuvre du roman d'aventures», à «Détective» ou au «Scarabée d'or», si chers à Gaston Gallimard. Le Saint et Perry Mason ont précédé Philip Marlowe dans le bureau de mon grand-père ; sans parler des grands auteurs américains, William Faulkner, Erskine Caldwell ou Ernest Hemingway. La création de la Série Noire après-guerre, dans une France encore meurtrie et trop longtemps privée de littérature américaine, a été portée par une politique éditoriale et commerciale volontariste, mûrement réfléchie, s'appuyant sur l'inspiration et l'expertise de ce merveilleux homme qu'était Marcel Duhamel. Il était un ami de mes parents ; ma mère, Simone Gallimard, a publié sa belle autobiographie au Mercure de France en 1972.


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