Le livre des prophéties / Passion du livre

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.. Le livre des prophéties

Couverture du livre Le livre des prophéties

Auteur : Pierre Bordage

Date de saisie : 17/11/2015

Genre : Science-fiction, Fantastique

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782846269711

GENCOD : 9782846269711

Sorti le : 15/10/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Quinze ans après, la trilogie des Prophéties réunie en une édition collector : une anticipation plus actuelle que jamais !

«Avec L'Évangile du Serpent, L'Ange de l'Abîme et Les Chemins de Damas, Bordage affiche une exigence qui le place hors de la littérature de genre pour rejoindre la littérature tout court.»
Jean-Christophe Rufin

«Une relecture contemporaine des Évangiles. Foisonnant, flamboyant, prophétique : une de ses plus belles réussites romanesques.»
Olivier Delcroix, Le Figaro

«Chapeau bas.»
Frédérique Roussel, Libération

Dans une Europe d'apocalypse enlisée dans la guerre contre le Moyen-Orient, Bordage décrit avec un réalisme saisissant les conséquences du conflit entre Occident et Moyen-Orient, la victoire des fanatismes religieux et du racisme, la chute de l'Europe et la redistribution des cartes mondiales.

Né en Vendée, auteur d'une centaine de romans et nouvelles, lauréat de nombreux prix dont le Grand prix de l'Imaginaire et le prix Paul-Féval de littérature populaire, Pierre Bordage est l'un des plus grands romanciers français contemporains.





  • Les premières lignes

L'ÉVANGILE DU SERPENT

Mathias 1

Mathias n'en avait plus pour longtemps à vivre, un pressentiment qui n'était pas seulement lié aux risques de son métier : la mort rôdait dans les ténèbres, si noires qu'elles étouffaient les halos des lampadaires et semblaient préluder à l'extinction de toute vie sur Terre. Fils et amant de la nuit, nourri à son sein d'encre, Mathias percevait ses souffles comme des chuchotements, il ressentait dans sa chair ses chagrins, ses joies, ses colères, et jamais il n'avait respiré une telle tristesse, une telle détresse, dans les entrailles moites de sa mère et maîtresse. Elle portait en son ventre un bouleversement violent qui n'emporterait pas seulement ses enfants perdus, mais l'ensemble des hommes et leurs rêves insensés.
Les paroles de Fin d'immonde, le dernier hit de Taj Ma Rage, moururent sur les lèvres de Mathias :

Terre des hommes, terre des gnomes,
Ton seul futur : néant, liquidation,
Pas de donnant mal an, pas de rédemption.
L'eau nous attend, destination le fond,
Déluge, déluge, déluge,
Les savants et les prophètes le clament,
Baby, tu m'enflammes,
Feu sur la calotte, feu dans les culottes, ouais,
Les glaces fondent, je t'inonde, bébé,
Fin d'immonde, ouais...

Il palpa instinctivement la crosse de son flingue sous son blouson de cuir. Son Glock, un modèle ultraléger en fibre de carbone, ne lui serait probablement d'aucun secours dans les jours à venir, mais, comme certains sportifs se signent ou embrassent leur médaille avant de pénétrer sur le terrain, il lui fallait d'urgence se rassurer en touchant son ange gardien. Il ralentit le pas en vue du Smalto, la boîte minable où Roman avait l'habitude de lui fixer rendez-vous. L'enseigne rouge sang était le dernier vestige de lumière dans la ruelle déserte.
Depuis la bouche de métro, il n'avait pas croisé un seul piéton ni une seule voiture dans Pantin engourdie, seulement des chats en maraude, des papiers gras, des corps enfouis sous des cartons et des couvertures.
La même odeur régnait dans toutes les villes du monde. Misère et pourriture se tendaient sur les continents avec davantage d'efficacité que la toile informatique. En vrai prédateur, Mathias se fiait à son odorat plutôt qu'aux milliards de signes échangés chaque seconde sur les réseaux. Il ne supportait pas l'idée d'être livré pieds et poings liés à des machines interconnectées, à la fois intelligentes et esclaves du plus formidable outil de surveillance jamais mis en place dans l'histoire de l'humanité. Son métier enseignait la méfiance, et les sillages informatiques lui apparaissaient comme les plus perverses, les plus durables des traces. Il laissait les portables, ordinateurs ou téléphones, aux enragés de la connexion, englués par milliards sur la Toile, gavés de mots, d'images, de bits.
Il hésita devant l'entrée du Smalto. La nuit d'automne était à ce point malade que tout lui paraissait vicié, l'air, son sang, ses pensées, le rendez-vous avec Roman. Se servant d'une vitre sale comme d'un miroir, il tenta de discipliner, du plat de la main, sa chevelure bouclée d'un blond cendré presque blanc.


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