Avoir vingt ans à Dachau : l'histoire de mon père / Passion du livre

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.. Avoir vingt ans à Dachau : l'histoire de mon père

Couverture du livre Avoir vingt ans à Dachau : l'histoire de mon père

Auteur : Joëlle Delpech-Boursier

Préface : Barbara Distel

Date de saisie : 05/11/2015

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Tirésias, Paris, France

Collection : Ces oubliés de l'histoire

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782915293890

GENCOD : 9782915293890

Sorti le : 01/08/2015

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

C'est le récit poignant «sur la captivité de mon père» écrit Joëlle. Son papa André Delpech est un résistant quercinois, arrêté par la Gestapo à Cahors le 17 mai 1944, suite à une dénonciation, puis déporté, dans le «fameux» train de la mort du 2 juillet 1944, au camp de la mort lente de Dachau, dans un des kommandos les plus durs de la vallée du Neckar en Allemagne.
L'historienne Barbara Distel, spécialiste du camp de concentration de Dachau, notera dans sa préface : «André Delpech était un homme réservé qui parlait rarement de lui-même... Il raconta le suicide d'un ami qui avait soudain abandonné tout espoir et s'était fait abattre par un garde 55, l'assassinat d'un détenu... J'ai moi-même eu la chance d'être témoin de ces moments-là et ces récits brefs mais impressionnants se sont profondément ancrés dans ma mémoire.» Sa fille Joëlle Delpech-Boursier nous permet de découvrir le parcours de son papa, pour le lecteur elle fait revivre avec force et détails l'enfer et l'humiliation que ce jeune résistant a vécus et subis dans ce camp de la mort lente aux côtés de ses compagnons d'infortune. Car les Stocks qu'ils étaient devenus devaient disparaître en ne laissant nulle trace. Pour André Delpech ses vingt ans seront fêtés sous les coups et l'ignominie de la barbarie du nazisme sur l'AppelpIatz de l'horreur, il y répondra en restant un homme debout.
Ce témoignage est un remarquable travail, un hommage au verbe résister, un devoir de mémoire. Ce livre magistral est porté par une enfant d'un déporté résistant qui certes n'a pas connu la guerre mais qui a hérité de cette tragédie la grandeur de résister et à rester homme. Ces valeurs à transmettre nous aident pour que nos enfants se réalisent citoyens.
L'ouvrage se termine sur une série de dessins réalisés au camp de Dachau par l'artiste Jacques Barrau, une oeuvre d'une humaine et saisissante émotion qui donne une force et une pulsion à ce chant si doux d'une enfant pour son père.
Michel Reynaud

Joëlle Delpech-Boursier est née à Cahors en 1958. À la fin de ses études médicales, elle choisit comme spécialité la médecine du travail. Elle exerce dans une grande entreprise française EDF. En 1998, elle rejoint son père alors président de l'Amicale du camp de concentration de Dachau et devient membre du conseil d'administration et du bureau. À partir de 2002, elle est membre de l'assemblée générale du Comité international de Dachau alors présidé par son père. Elle est mariée et mère de trois enfants.





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos

Au dernier étage de la maison de mes parents, à Vitrac, en Dordogne, il y avait un grand grenier. J'ai toujours été très intéressée par les greniers. Alors que j'avais une quinzaine d'années, je découvris, dans un des cartons rapportés de la maison de mes grands-parents paternels à Pont-de-Rhodes, une veste rayée bleue et grise, informe, d'un tissu rude et râpeux. Je descendis aussitôt demander à ma mère ce que c'était. Elle était la première personne que je rencontrais. Sa réaction fut vive. Elle me demanda de remettre rapidement cette veste où je l'avais trouvée. C'était la veste de déportation de mon père et il ne fallait pas qu'il la voie ! Je me demandai alors pourquoi garder une veste que l'on ne voulait pas voir. Je compris ce jour-là que certains sujets de discussion seraient difficilement abordables.
Je me souviens aussi qu'à l'occasion de courses pour nous habiller ma mère refusait systématiquement, malgré l'insistance de la vendeuse qui en vantait la coupe ou la qualité du tissu, tout vêtement rayé. Il ne fallait pas que ces habits rappellent certains souvenirs... même s'ils étaient en soie !
Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours vu mon père manger avec des couverts en métal argenté. Lorsque, enfants, nous devions mettre le couvert ou dresser la table, nous ne devions pas nous tromper sur le choix des couverts. Ceux en aluminium servaient à la cuisine, ceux en métal argenté pour manger. À l'adolescence, j'avais du mal à comprendre ce que je croyais être du snobisme et qui ne ressemblait pas du tout à mon père. Je l'ai compris par la suite lorsque j'ai vu ces gamelles et ces couverts en fer, ceux des déportés... Manger à une table joliment dressée avec une jolie nappe, de belles assiettes, de beaux verres et de beaux couverts était pour Papa le symbole d'une vie dans une société civilisée.
Le jour des vingt ans de mon frère, Papa évoqua pour la première fois sa déportation et sa libération. Un récit poignant, une réalité inimaginable pour nous. C'était pourtant son histoire...
Quand je décidai de me lancer dans l'écriture pour raconter les dix mois de captivité de mon père André Delpech, celui-ci était encore en vie. Au départ, je voulais juste retranscrire quelques anecdotes qu'il m'avait confiées, souvent au cours de nos déplacements dans le cadre de l'Amicale de Dachau. Après les avoir couchées sur le papier, je les lui avais soumises pour en vérifier la véracité. Puis, je me suis plongée dans des lectures sur cette époque de la guerre, j'ai assisté à des réunions d'anciens déportés. Après les avoir longuement entendus partager leurs souvenirs, je me suis rendu compte que si je voulais que mes enfants saisissent ce qu'avait pu être l'univers concentrationnaire dans lequel leur grand-père avait passé dix mois, il fallait que j'aille plus loin, que je replace cette histoire un peu plus dans le contexte de l'époque. Ma rédaction connut des temps morts, le temps s'écoulait... Papa nous quitta le 18 juillet 2012. Il rejoignait son épouse, ma mère, Marie-Thérèse, décédée 18 jours avant lui.
Si, durant une bonne partie de sa vie, il évoqua peu les souffrances endurées au camp de Dachau, il éprouva d'avantage le besoin d'en parler à la fin de son existence. J'avais même parfois l'impression que sa vie se concentrait sur ces 10 mois d'esclavage et que sa carrière militaire, les honneurs dont il avait bénéficié en tant que général de Corps d'Armée étaient passés au second plan.


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